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Un sapeur-pompier volontaire de Fontainebleau, né en 2007, a reconnu avoir mis le feu à des brindilles. Il a déclaré avoir utilisé un briquet et de l’essence lundi 13 juillet à Arbonne-la-Forêt. Suspendu par le SDIS de Seine-et-Marne, il reste au cœur de l’enquête. Celle-ci doit encore déterminer à quel foyer ce geste se rattache. Les incendies ont parcouru près de 2 000 hectares.
Un geste reconnu, une responsabilité encore à établir
Le fait le plus précisément établi concerne un départ de feu à Arbonne-la-Forêt, au sud-ouest de Fontainebleau. Le jeune volontaire a reconnu avoir enflammé des brindilles à l’aide d’un briquet et d’essence. La procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, l’a indiqué mardi. Interpellé lundi, il n’avait pas d’antécédent judiciaire connu. Sa garde à vue avait été prolongée au moment du dernier point détaillé du parquet.
Cette reconnaissance ne permet pas, à elle seule, de lui attribuer l’ensemble de l’incendie de Fontainebleau. Elle ne suffit pas davantage à lui imputer les quelque 2 000 hectares parcourus par les flammes. Le parquet a fait état de plusieurs départs, survenus à des dates et dans des secteurs différents. Aucun lien technique n’a été rendu public entre le geste reconnu à Arbonne-la-Forêt, un foyer précis et les surfaces finalement touchées.
Cette distinction est centrale pour répondre à la question de savoir qui a mis le feu à la forêt de Fontainebleau. Une personne peut reconnaître un acte sans que sa responsabilité dans la propagation d’un sinistre soit déjà démontrée. Les enquêteurs doivent localiser le point d’origine et analyser les traces laissées sur place. Ils doivent ensuite reconstituer la progression des flammes avant d’établir un lien causal.
Une chronologie à plusieurs branches
Le principal foyer a commencé dimanche 12 juillet près de l’autoroute A6. Il a parcouru environ 1 500 à 1 600 hectares. Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi dans ce volet. La procureure a évoqué l’hypothèse d’un départ accidentel lié à des travaux près de l’autoroute. Elle a précisé que des vérifications étaient en cours, sans confirmer cette piste. L’enquête examine encore des causes accidentelles comme volontaires.
Un autre incendie s’est déclaré lundi après-midi près de Fontainebleau, dans le secteur de la Faisanderie et du Grand Parquet. Il a parcouru environ 450 hectares. Un homme, lui aussi né en 2007, a reconnu avoir jeté une cigarette et provoqué accidentellement un départ de feu. Le parquet a précisé qu’aucun lien n’était établi entre cet homme et le pompier volontaire soupçonné du départ d’Arbonne-la-Forêt.
Deux autres gardes à vue ont été levées mardi après-midi, faute d’éléments suffisants à ce stade. Il restait alors quatre personnes retenues dans les différents volets. Mercredi, une procédure distincte s’est ajoutée : un homme de 46 ans a été interpellé sur un parking fermé au public près du massif. Des papiers froissés et un briquet auraient été découverts dans son véhicule, selon une source policière citée dans une dépêche de l’AFP. Il est soupçonné de tentative de destruction par incendie, sans lien publiquement établi avec les foyers précédents.
Les investigations sont confiées à la section de recherches de Paris. Des techniciens en identification criminelle et des spécialistes des causes d’incendie lui prêtent main-forte. Certaines constatations ont été retardées par l’inaccessibilité des zones brûlées. Une fois les secteurs sécurisés, les experts peuvent rechercher des résidus et confronter les points de départ possibles. Ils vérifient aussi si un feu en a rejoint un autre.
Des feux fixés, mais pas encore éteints
Les deux grands feux ont été déclarés fixés mardi 14 juillet en fin d’après-midi. Ce terme signifie que les flammes ne progressent plus au-delà du périmètre contenu par les secours. Il ne signifie pas que toute combustion a cessé. Mercredi, la préfecture de Seine-et-Marne publiait un point de situation consacré aux incendies. Elle prévenait que l’extinction complète pourrait encore demander plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Les équipes de secours restaient nombreuses sur les deux secteurs. Le dernier bilan officiel comptait 504 sapeurs-pompiers à Noisy-sur-École et 165 autour de la Faisanderie. Trois Canadair, un Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau complétaient le dispositif. Des reprises modérées ont encore été observées au Grand Parquet mercredi matin.

Le sol tourbeux du massif complique les opérations. La chaleur peut rester enfouie dans la terre, les souches ou les branches tombées, puis faire réapparaître des flammes à distance du front initial. Les pompiers procèdent donc au noyage des zones incandescentes. Les habitants évacués du Vaudoué ont pu commencer à rentrer chez eux. La réouverture de l’A6 devait se faire progressivement et sous restrictions.
Le SDIS suspend le volontaire et réagit avec prudence
Après l’annonce de sa garde à vue, le SDIS de Seine-et-Marne a suspendu le pompier volontaire. L’institution a exprimé sa « plus vive consternation », tout en conditionnant son jugement à la confirmation définitive des faits par la justice. Elle a évoqué une possible « trahison » envers la population et les valeurs du secours si les faits venaient à être établis.
Paul-Édouard Laurain, porte-parole du SDIS 77, a décrit l’atmosphère dans les rangs. Il a confié à l’AFP ressentir « un sentiment de rejet et un peu de honte ». Cette réaction tient au contraste entre le geste soupçonné et l’engagement des centaines de professionnels et de volontaires mobilisés dans des conditions éprouvantes. Elle ne permet pas de conclure sur la culpabilité pénale du jeune homme. Elle ne permet pas davantage de généraliser ce cas aux quelque 200 000 sapeurs-pompiers volontaires du pays.
Le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France a lui aussi exprimé sa désolation, en employant le conditionnel. Aucune information publique ne permet de dire si le suspect a participé aux opérations contre ces feux. Sa situation disciplinaire au-delà de la suspension n’a pas davantage été précisée.
Ce que la justice doit encore trancher
La qualification pénale définitive et les suites de la garde à vue n’étaient pas connues dans les dernières informations vérifiées mercredi. Il en allait de même pour un éventuel déferrement et la position de la défense. Aucun mobile n’a été rendu public. Le terme « pyromane », souvent employé à propos de l’affaire, ne correspond donc ni à un diagnostic établi ni à une qualification judiciaire annoncée.
L’enjeu de l’enquête est désormais de séparer les responsabilités entre plusieurs gestes et plusieurs foyers. Il faut déterminer à quel incendie se rattache le départ reconnu à Arbonne-la-Forêt. Les enquêteurs doivent aussi établir si la cigarette mentionnée en garde à vue a causé le feu de la Faisanderie. L’origine du feu majeur parti près de l’A6 reste également à établir. À ce stade, le geste du pompier volontaire est reconnu ; sa responsabilité dans l’ampleur totale du sinistre ne l’est pas.
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