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Interview exclusive de Stéphanie des Horts qui publie Carolyn et John, un couple de légende au destin tragique

Stéphanie des Horts, romancière française à succès dans les rues de Paris. Auteure de Jackie et Lee ou encore des Sœurs Livanos, elle nous présente aujourd'hui son dernier ouvrage Carolyn et John.

Ecostylia a rencontré la romancière Stéphanie des Horts à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, lequel retrace l’histoire de John Kennedy Junior et de son épouse Carolyn Bessette. Ayant personnellement connu une intime de "John-John", l’auteure de La Panthère et Pamela nous plonge dans le secret d’un couple mythique qui était promis à un grand destin. Ce roman s’annonce déjà comme l’un des plus immersifs de ce début d’année.

Interview

Pierre-Antoine Tsady : Qu’est-ce qui vous a amené à écrire Carolyn et John, et comment avez-vous mené vos recherches pour restituer leur histoire avec précision ?

Stéphanie des Horts : Je suis fascinée par les Kennedy. Depuis toujours. Par le père, qui est la figure la plus énigmatique qui soit. Par la mère qui est terriblement antipathique. Et par la plupart de leurs enfants aux destins brisés. J’ai écrit un livre sur Jackie Kennedy et sa sœur Lee Radziwill, Jackie et Lee. Je me suis penchée sur différents membres de la famille et à chaque fois c’était toujours aussi fascinant et intense. Carolyn et John, c’est ma génération, je me souviens exactement de l’endroit où j’étais quand j’ai appris leur mort. Cela m’a bouleversé à un point que vous n’imaginez pas. Je pense que toute ma génération s’est identifiée à Carolyn et John.

Couverture du livre Jackie et Lee, par Stéphanie des Horts
Couverture du livre Jackie et Lee, par Stéphanie des Horts

P.-A.T. : Pouvez-vous décrire le processus de passage de l’idée initiale à la publication du livre ? Avez-vous des rituels d’écriture particuliers ?

S.d.H. : Je dois tout d’abord trouver le sujet, c’est essentiel le sujet. J’en parle avec mon éditrice et quand nous sommes d’accord sur l’angle à prendre, je commence à rassembler mes sources. Des livres, des journaux, internet. En l’occurrence pour Carolyn et John, les archives de Paris Match ont été essentielles. Il y avait aussi beaucoup de choses sur internet. C’est assez formidable Google pour les recherches. Et puis j’ai un libraire extraordinaire, Kogan au 17 rue du Bac, qui cherche les livres introuvables pour moi. Mon rituel d’écriture, c’est 5 heures le matin après le café.

Couverture du livre Carolyn et John, par Stéphanie des Horts
Couverture du livre Carolyn et John, par Stéphanie des Horts

P.-A.T. : Qui sont vos principales influences littéraires ou artistiques, et comment ont-elles impacté l’écriture de vos livres et particulièrement celle de Carolyn et John ?

S.d.H. : Nancy Mitford et Evelyn Waugh, deux Anglais au sens de la repartie incroyable, à l’humour et au cynisme essentiels à mes yeux, à l’écriture si fluide et rapide. Vita Sackville West aussi. C’est d’elle que j’ai appris comment commencer un livre au milieu d’une scène. Vous n’avez rien à expliquer, le lecteur est déjà dans la scène, il a l’impression d’être au cœur l’histoire alors qu’il n’a pas commencé à lire. Les Américains que je vénère plus que tout sont Scott Fitzgerald et Ernst Hemingway. J’ai prénommé mon fils Scott comme mon auteur favori. Et j’ai écrit ce livre qui donne un éclairage sur sa vie, Les Heureux du Monde. Cela raconte l’histoire des Murphy qui ont inspiré à Scott son plus bel ouvrage, Tendre est la Nuit.

Couverture du livre Les Heureux du Monde, par Stéphanie des Horts
Couverture du livre Les Heureux du Monde, par Stéphanie des Horts

P.-A.T. : Avez-vous eu l’occasion d’échanger directement avec des personnalités françaises, voire américaines, citées dans le livre, qui ont travaillé avec John Kennedy Jr. ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

S.d.H. : J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui ont très bien connu Carolyn et John. Une de mes amies a eu une liaison avec John Jr. Elle m’a raconté sa douceur, sa gentillesse, sa tendresse. Un de mes amis chez Cartier a rencontré le couple plus tard, juste avant leur mort et a évoqué leurs disputes multiples. Cela m’a fait beaucoup de peine. C’est toujours difficile de rencontrer les gens qui ont connu vos personnages car cela peut fausser votre propre appréciation et la distance que vous pouvez mettre dans l’appréhension des personnages.

P.-A.T. : L’écriture de leur histoire a dû être émouvante. Comment avez-vous géré les moments particulièrement touchants ?

S.d.H. : C’est vrai il y a des moments qui sont difficiles dans un récit mais étonnement ce ne sont pas des scènes de mort ou de tragédie. Ce qui est très compliqué, ce sont les scènes d’amour, il faut être juste dans le sentiment et la chose n’est pas aisée. Dans Carolyn et John, je voulais faire monter la tension, donc l’écriture va très vite et juste avant la fin, tout s’arrête. Brutalement. Et l’on passe au ralenti pour évoquer le dernier jour, la dernière nuit, le dernier vol.

P.-A.T. : Quels défis avez-vous rencontrés en écrivant sur des personnalités aussi publiques et scrutées que Carolyn Bessette et John Kennedy Jr. ?

S.d.H. : Quand j’ai écrit Les Sœurs Livanos, je mettais en cause Stavros Niarchos dans la mort de ses deux épouses. Je n’ai rien affirmé, j’ai repris ce que j’ai pu trouver dans les journaux. Oui c’est très dangereux, j’aurais pu être attaquée par les avocats de la famille Niarchos et ils sont terriblement puissants. C’est pour cela que je n’écrirai jamais sur les Grimaldi car ils attaquent systématiquement.

Couverture du livre Les Soeurs Livanos, par Stéphanie des Horts
Couverture du livre Les Soeurs Livanos, par Stéphanie des Horts

P.-A.T. : Y a-t-il eu une découverte durant vos recherches qui vous a particulièrement étonnée ?

S.d.H. : Je ne pensais pas que John était aussi sympathique. C’est l’homme idéal pour une femme, celui que vous croisez dans les films anglais, il est doux, tendre, fidèle, il ne se met jamais en colère, il ne fume pas, il aime le sport. Il est présent pour une femme, il la respecte. On rêve toutes d’un John Kennedy Jr. Je pense qu’il a été particulièrement bien élevée par sa mère. Elle avait tellement souffert de la conduite épouvantable de JFK avec les femmes.

P.-A.T. : Dans la narration de Carolyn et John, quels mythes concernant ce couple légendaire vous importait-il de déconstruire ?

S.d.H. : Je ne sais pas déconstruire, je ne sais que construire ; je déteste les idées reçues, j’aime la vérité. Je restitue ce que je sais, ce que j’apprends. À l’époque, on ne savait rien ou si peu du mariage de Carolyn et John. Aujourd’hui, il y a des livres écrits par les meilleurs amis de John, ils ont attendu une dizaine d’années avant d’oser donner leur version du couple. Ces livres américains sont les sources qui me permettent d’offrir un récit où tout est vrai à mes lecteurs français.

P.-A.T. : Que pensez-vous des théories complotistes entourant la disparition tragique de Carolyn et John, notamment celles qui évoquent un assassinat ?

S.d.H. : C’est ridicule. Les complotistes sont partout aujourd’hui mais à l’époque, les réseaux sociaux n’existaient pas et j’avoue ne pas avoir entendu de choses trop idiotes au sujet de l’accident. Rien n’a été remis en cause. On a su tout de suite qu’il s’agissait d’une erreur de pilotage. Je me souviens d’une peine immense qui a traversé l’Atlantique et s’est abattue sur l’Europe. Comme un immense voile noir, la malédiction ! Mais c’est vrai qu’aujourd’hui avec les réseaux sociaux tout est remis en cause.

P.-A.T. : Depuis la publication de vos ouvrages, quelles ont été les réactions qui vous ont le plus marquée, tant de la part des critiques que des lecteurs ?

S.d.H. : Les réactions qui me marquent sont assez heureuses. Dans les salons, je rencontre des lecteurs qui me parlent de bonheur, de plaisir des lectures, qui me disent apprendre des choses. Et puis on me dit souvent que l’on aime mon univers qui mêle glamour, histoire et esthétisme. C’est un véritable compliment.

P.-A.T. : Après avoir consacré tant de temps à Carolyn et John, avez-vous déjà une idée de prochain sujet ou personnage historique à explorer ?

S.d.H. : Non, je n’ai aucune idée, je ne me presse pas. J’ai besoin de vivre avec mes personnages le temps de la promotion. L’année dernière j’ai sorti un roman qui s’intitulait Cynthia. Et j’avais déjà bien avancé dans l’écriture de Carolyn et John quand Cynthia est sorti. Cela a gâché un peu ma promotion. Je ne savais plus où j’en étais, j’ai été obligée de relire Cynthia car j’étais en fait dans deux ouvrages à la fois et c’est perturbant. Aujourd’hui je suis totalement dédiée à Carolyn et John.

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