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Interview de Brieuc Izenic et Michel de Vasselot, repreneurs des oreillers de voyage Le Petit Dormeur

Brieuc Izenic et Michel de Vasselot de Régné, promouvant leur coussin de cou voyage

Au cœur de l’aventure entrepreneuriale, Michel de Vasselot et Brieuc Izenic redéfinissent le confort des voyageurs avec Le Petit Dormeur. De leur passion pour l’innovation au dévouement pour le Made in France, leur histoire est un beau périple. Découvrez leur quête pour un repos nomade réinventé, où chaque coussin de voyage éco-responsable est une promesse d’évasion. Considérant que l’avenir de la planète est essentiel, Pierre-Antoine Tsady, fondateur d’Ecostylia, a tenu à leur donner la parole.

Pierre-Antoine Tsady : Bonjour à vous deux, nos lecteurs aimeraient en savoir plus sur vous. Parlez-nous de votre parcours d’études et de ce qui vous a mené à l’entrepreneuriat.

Michel de Vasselot : Depuis l’âge de 14 ans, j’ai envie d’entreprendre. Je m’intéresse à tout et trouve tous les métiers passionnants. Je m’oriente d’abord vers une licence en biologie, domaine qui me passionne. En parallèle, en octobre 2018, je co-fonde Movinov, une entreprise de création de contenu audiovisuel pour les entreprises à Nantes. Fort de cette expérience, je décide de me tourner vers un Master en management de la communication et du marketing. Suite à cette formation, je suis recruté en tant que responsable communication chez Aquila Data Enabler, société spécialisée dans la R&D en Intelligence Artificielle. Ayant toujours l’envie d’entreprendre, je discute très régulièrement de ce souhait avec Brieuc. Étant dans cette dynamique, le jour où Aymeric [de Raguenel, fondateur du Petit Dormeur, ndlr.] fait part de sa volonté de trouver des repreneurs pour le projet le Petit Dormeur sur LinkedIn, je suis particulièrement interpellé par son offre.

Brieuc Izenic : N’ayant pas d’idée précise de ce que je souhaitais faire après le bac, je me suis dirigé vers une Licence économie et gestion de l’entreprise. Toujours dans cette optique de me laisser le plus de liberté possible, j’ai intégré l’école de commerce Audencia à Nantes. Puis, je me suis spécialisé dans les métiers de la finance d’entreprise en ayant une certitude en moi « Un jour, je vais créer ma boite ». En connaissant Michel depuis longtemps et fort de notre grande complémentarité, c’était pour moi une évidence de saisir l’opportunité de reprendre le Petit Dormeur ensemble.

P.-A.T. : Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre Le Petit Dormeur ? Pourquoi pensez-vous que l’oreiller de voyage représente un marché d’avenir ?

M.d.V. et B.I. : Nos expériences personnelles nous ont rendu, l’un comme l’autre, sensibles à la problématique du confort dans les transports. C’est pourquoi il nous a paru évident que Le Petit Dormeur répondait à un vrai problème. Aymeric avait développé un très bon produit qu’il avait à peine eu le temps de faire connaître. Nous avons donc souhaité reprendre le concept avec la volonté de le développer et de le professionnaliser. Il était important pour nous de nous investir dans un projet qui portait nos valeurs. Or, Le Petit Dormeur tel que l’avait créé Aymeric, était compatible avec notre volonté de développer des produits Made in France, durables et écoresponsables.

Le marché du coussin de voyage et plus largement des accessoires de voyage représente un marché d’avenir pour plusieurs raisons : d’abord, nous sommes dans une époque où les déplacements de longue durée se multiplient — hors période COVID. Logiquement, le marché des accessoires de voyage se développe en parallèle. Ceci dit, la mentalité liée à la mobilité évolue. Il est de plus en plus important pour les voyageurs de se déplacer en limitant leur impact carbone. C’est ainsi que dans plusieurs pays européens, nous pouvons observer le retour du train de nuit et l’augmentation du trafic ferroviaire en général, pour une plus grande offre de mobilité écoresponsable. La plupart des lignes réouvertes sont des voies moins rapides. Ces nouvelles offres amènent donc les voyageurs à acheter des accessoires leur permettant un meilleur confort dans un train de nuit ou sur un trajet de train de longue durée.

De plus en plus de personnes dorment en voiture avec un coussin de voyage, à l'instar de cette jeune femme
De plus en plus de personnes dorment en voiture avec un coussin de voyage, à l’instar de cette jeune femme

P.-A.T. : Comment s’est déroulé le processus de reprise de l’entreprise ? De quoi êtes-vous les plus fiers depuis que vous êtes aux commandes ?

M.d.V. et B.I. : Lorsque nous sommes rentrés en contact avec Aymeric en septembre 2022, nous n’étions pas les seuls à vouloir reprendre Le Petit Dormeur — plus d’une dizaine de projets. Avant de nous engager, nous avons souhaité travailler sur une étude de marché et une étude prévisionnelle pour avoir une idée plus claire du potentiel de l’entreprise. Cela nous a amené à faire une proposition financière et à présenter une stratégie de développement à Aymeric. Suite à la présentation de nos travaux, il a choisi de nous faire confiance. Après plusieurs semaines dédiées à la rédaction du contrat de cession de la marque, du brevet et de la société, nous l’avons officiellement reprise le 7 décembre 2022.

De décembre 2022 à septembre 2023, nous n’étions pas à plein temps dans le projet. C’est en septembre 2023 que nous quittons nos CDI pour nous dédier à 100 % au développement du projet. Depuis ce moment, la croissance est très forte. Notre plus grande fierté est le succès que nous avons rencontré au salon du Made in France. En 4 jours, nous avons vendu l’intégralité des stocks prévus pour les mois de novembre et décembre.

De gauche à droite : Brieuc Izenic et Michel de Vasselot fêtant le premier anniversaire de la reprise du Petit Dormeur
De gauche à droite : Brieuc Izenic et Michel de Vasselot fêtant le premier anniversaire de la reprise du Petit Dormeur

P.-A.T. : Comment avez-vous collaboré avec Aymeric de Raguenel pendant la phase de transition ?

M.d.V. et B.I. : Durant la phase de transition, il était important pour nous de garder un lien avec Aymeric pour comprendre pourquoi il avait fait les choses d’une manière plutôt qu’une autre. Le secret d’une passation réussie : beaucoup de communication, de la confiance et de la transparence.

P.-A.T. : Pourquoi avez-vous choisi le Made in France, ainsi que le label Oeko-Tex ? Dites-nous en plus.

M.d.V. et B.I. : Nous souhaitions que nos produits s’inscrivent dans une démarche et des valeurs qui nous sont chères. Nous avons fait le choix du Made in France pour plusieurs raisons : soutenir l’industrie française, valoriser les savoir-faire français et les circuits courts. Quant au label OEKO-TEX, il s’inscrit dans notre volonté de faire des produits respectueux de l’environnement et de la santé de nos consommateurs. Nous avons développé une gamme de produit — couleurs unies — fabriquée à partir de tissus upcyclés. Il s’agit de chutes de tissus de grandes marques. Au lieu d’être jetées, nous les récupérons pour fabriquer nos coussins.

Le kit Petit Dormeur est probablement le meilleur oreiller de voyage du marché
Le kit Petit Dormeur est probablement le meilleur oreiller de voyage du marché

P.-A.T. : Vous avez récemment fait la transition d’un autre emploi vers un engagement à temps plein avec Le Petit Dormeur. Pouvez-vous nous parler de cette décision et de son impact sur votre parcours professionnel ainsi que sur l’entreprise ?

M.d.V. et B.I. : Nous avons tous les deux fait ce choix en septembre 2023. Un projet entrepreneurial ne peut se développer correctement sans y mettre beaucoup d’énergie. Si nous avons choisi de nous lancer dans cette aventure, c’est pour nous y impliquer à 100 %, car nous croyons beaucoup dans le potentiel de ce projet. Cette implication a tout changé pour l’entreprise. C’est cette énergie qui nous a permis de faire une excellente fin d’année 2023, en dépassant largement l’objectif de chiffre d’affaires fixé. Concernant la carrière, il est certain qu’il n’est pas facile de passer de la sécurité du salariat à l’incertitude de l’entrepreneuriat. En revanche, l’aventure est vraiment passionnante et stimulante. Les journées de travail passent à 1000 à l’heure et s’y mettre chaque matin est un vrai bonheur !

P.-A.T. : Vous êtes très réactifs avec votre communauté sur les réseaux sociaux. Auriez-vous des astuces à partager avec nos lecteurs et lectrices qui veulent entreprendre ?

M.d.V. et B.I. : Nous choisissons d’être proches de notre communauté, car nous croyons dans la force du réseau. Premier conseil, ne sous-estimez pas la force de votre réseau et cultivez-le au maximum ! Les réseaux sociaux sont un moyen efficace pour cela, même s’ils ne remplacent pas les rencontres physiques. Fixez-vous des objectifs — atteignables — à court, moyen et long terme. Regarder le sommet de la montagne à gravir est beaucoup plus décourageant que de regarder le prochain pas à faire.

P.-A.T. : Parlez-nous de votre rencontre avec Valérie Pécresse.

M.d.V. et B.I. : Valérie Pécresse est venue visiter l’édition 2023 du salon du Made in France. Il se trouve qu’avant de venir, elle avait voyagé 12 heures en avion. Nous avons eu la possibilité de lui faire la démonstration complète de notre coussin de voyage. Manifestement, elle a aimé le concept puisqu’elle a été cliente.

Michel de Vasselot fait la démonstration de son coussin de voyage pour le cou
Michel de Vasselot fait la démonstration de son coussin de voyage pour le cou

P.-A.T. : Vous êtes beaux-frères, est-ce compliqué de travailler en famille dans votre cas ?

M.d.V. et B.I. : Dans notre cas, cela se passe très bien. Nous avons fixé plusieurs règles pour que notre collaboration ne pèse pas sur notre vie familiale. Tout d’abord, ne pas parler du Petit Dormeur lors des réunions familiales. Puis, faire en sorte que notre organisation sépare bien la vie professionnelle et la vie personnelle. C’est un point particulièrement difficile dans l’entrepreneuriat.

P.-A.T. : Enfin, quelle a été votre approche pour développer et lancer des produits dérivés ? Quelle vision avez-vous pour l’avenir de l’entreprise, en termes de nouveaux produits, innovations et stratégies de marché ?

M.d.V. et B.I. : Pour développer et lancer nos nouveaux produits, nous nous appuyons sur notre travail d’analyse et de veille sur le marché. Mais aussi sur les retours terrains de tous nos clients et prospects. Aujourd’hui, Le Petit Dormeur, c’est déjà plus de 1000 clients convaincus qui nous font des retours sur leurs réflexions, leurs besoins, etc.

Sur l’année 2024, nous prévoyons de développer notre gamme de produit. À court terme, nous allons sortir un coussin Le Petit Dormeur pour les enfants et développer les designs — couleurs et motifs — de nos coussins adultes et masques de sommeil.