
À l’Assemblée nationale, le 09/12/2025 à Paris, les députés ont adopté en deuxième lecture le budget 2026. En effet, le budget de la Sécurité sociale (PLFSS 2026) a été voté par 247 voix contre 234. Porté par Sébastien Lecornu, ce vote sans 49.3 associe majorité et appuis socialistes. Il promet 680 milliards de dépenses, un déficit ramené autour de 19,4–19,6 milliards et des mesures sur retraites, santé et prestations. Récit d’une journée sous haute tension.
Ce qu’a décidé l’Assemblée nationale
Le 09/12/2025, à l’Assemblée nationale, les députés ont adopté en deuxième lecture le projet de loi de financement. Ainsi, la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 a été approuvée par 247 voix contre 234. Le texte prévoit environ 680 milliards d’euros de dépenses sociales. Il vise un déficit 2026 entre 19,4 et 19,6 milliards d’euros. Cette fourchette est fixée par le gouvernement. Le déficit était de près de 23 milliards en 2025. Il s’agit d’un vote serré, obtenu sans utiliser l’article 49.3. Le gouvernement le présente comme preuve d’une majorité de compromis.
Côté mesures, plusieurs dispositions concentrent les regards :
- La réforme des retraites de 2023 est suspendue jusqu’en janvier 2028. Ainsi, certains assurés pourront partir plus tôt que prévu par la loi de 2023.
- Hausse de la CSG sur le capital pour contribuer au financement de la Sécurité sociale.
- Indexation des prestations sociales sur l’inflation, afin d’éviter un gel des montants.
- Surtaxe sur les complémentaires santé, redoutée par les mutuelles et contestée par LFI et le RN.
- Limitation des arrêts maladie à 30 jours pour certains cas, mesure dénoncée par la gauche.
- Ondam en hausse d’environ 3 %, avec 3,8 milliards supplémentaires pour la santé dont 800 millions destinés aux hôpitaux.
- Annonce d’un effort global d’environ 8 milliards pour la santé entre 2025 et 2026, sous réserve de l’adoption du budget.
Une journée de tractations, sans 49.3
Les couloirs du Palais-Bourbon bruissaient de calculs et d’appels. Dès le matin, chefs de groupe, ministres et interlocuteurs sociaux ont multiplié les messages. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a maintenu sa ligne : pas de 49.3 sur ce texte, au prix de concessions de dernière heure. Entre 18 h 30, moment du vote solennel annoncé, et l’annonce du résultat un peu avant 20 heures, la majorité a tenu sur un fil. Le verdict : 13 voix d’écart.

Le pivot socialiste et une majorité de compromis
Le camp Ensemble (Renaissance, Modem) a soutenu le texte. La surprise est venue des socialistes. Ils ont choisi le vote favorable au nom de la responsabilité. De plus, ils considèrent les négociations amélioratrices. Une majorité de Liot s’est également prononcée pour, tandis que des députés LR isolés ont apporté leur voix.
À l’inverse, LR et Horizons ont surtout choisi l’abstention, en dépit de leur appartenance au camp gouvernemental. Les Écologistes se sont divisés entre abstention et rejet. LFI et le RN ont voté contre d’un bloc. Ils dénoncent un texte déficitaire et restrictif pour certains droits.
Dans les rangs syndicaux et hospitaliers, un argument a pesé : adopter la loi de financement est une nécessité absolue. Cela évite une dérive du déficit vers 29–30 milliards d’euros en l’absence de loi votée.

Comment s’additionnent les voix : l’arithmétique d’un soir
Le scrutin s’est joué à 13 voix, mais un autre facteur a compté : les abstentions. Au total, 93 députés ne se sont pas prononcés, ce qui a permis à la coalition de circonstance de franchir la barre. Dans ce schéma, le vote positif du PS a fait basculer l’issue. Les abstentions des LR et d’Horizons ont abaissé le seuil à atteindre. Cette géométrie variable pourrait ne pas se reproduire pour le budget de l’État.
Ce que cela change pour les retraites et la santé
La suspension de la réforme des retraites jusqu’au 01/2028 constitue le symbole du compromis. Les paliers d’âge et de durée d’assurance de la loi d’avril 2023 ne s’appliqueront pas pleinement. En effet, certaines mesures seront partiellement mises en œuvre selon les situations spécifiques. D’ici là, cela offrira des sorties plus favorables pour certaines générations.
Côté pouvoir d’achat, l’indexation des prestations sur l’inflation sécurise un maintien des pensions et allocations en 2026. En contrepartie, l’effort fiscal se concentre sur la CSG sur le capital. Cependant, la surtaxe des complémentaires pourrait renchérir les mutuelles. Les oppositions dénoncent un transfert de charges vers les ménages.
Sur la santé, l’augmentation de l’Ondam d’environ 3 % s’accompagne d’un arbitrage en faveur des établissements : près de 800 millions de plus pour les hôpitaux, dans une enveloppe annoncée de 3,8 milliards. Les fédérations jugent ces montants insuffisants au regard des coûts et de la pénurie de personnels.
Dépenses et déficit : ce que disent les chiffres
Le périmètre social représente environ 680 milliards d’euros en 2026. La réduction du déficit sous 20 milliards repose sur un panachage : économies ciblées, recettes additionnelles (dont la CSG sur le capital) et rallonge sur l’Ondam. Les scénarios alternatifs évoquaient une dérive vers 29–30 milliards en cas d’échec parlementaire. Le vote du 09/12/2025 écarte ce risque immédiat, sans régler les tensions structurelles (vieillissement, maladies chroniques, coûts hospitaliers).
Procédure : et maintenant ?
Le texte repart au Sénat pour une lecture expresse. En cas de désaccord persistant, le gouvernement peut donner le dernier mot à l’Assemblée nationale. L’objectif est une adoption avant le 31/12/2025. Cette séquence intervient alors que le budget de l’État doit encore être voté ; sur ce versant, le recours au 49.3 demeure probable faute d’appuis suffisants.

Les arguments, de la majorité aux oppositions
Le gouvernement met en avant la mise en conformité du calendrier et la stabilisation des comptes. Objectif : réduire le déficit sous 20 milliards en 2026 et prévenir une crise politique. Sébastien Lecornu insiste sur la méthode : dialogue avec les groupes charnières, concessions sur les retraites et l’hôpital, et refus de s’abriter derrière le 49.3.
Le Parti socialiste justifie son oui par responsabilité : un budget imparfait mais amendé par la discussion, avec la suspension des retraites et l’indexation des prestations comme lignes rouges obtenues.
LR et Horizons expliquent leur abstention : un texte jugé insatisfaisant, mais la crainte d’endosser le blocage en fin d’année.
LFI et le RN dénoncent un cabinet des horreurs sociales mêlant déficit élevé, prélèvements accrus et restrictions (mutuelles, arrêts maladie).
Repères : PLFSS, Ondam, 49.3
Ce qu’il faut retenir
En adoptant le PLFSS 2026 par 247 voix contre 234, l’Assemblée a validé un compromis. Celui-ci inclut la suspension temporaire de la réforme des retraites. De plus, il prévoit l’indexation des prestations et un effort sur la santé. Le financement se fera par CSG sur le capital et surtaxe des complémentaires. Le déficit doit revenir à moins de 20 milliards en 2026 si la trajectoire est tenue.
La partie n’est pas close : Sénat, nouvelle lecture et ultime vote avant le 31/12/2025 jalonnent les prochains jours. Puis viendra l’épreuve du budget de l’État, où un 49.3 reste probable. D’ici là, l’équation sociale demeure la même : répondre aux urgences des hôpitaux et du pouvoir d’achat. De plus, il est crucial de maîtriser les dépenses et préserver la cohésion dans une Assemblée sans majorité absolue.