
L’affiche de ‘This City Is Ours’ installe d’emblée une tension de clan. Canal+ mise sur ce polar britannique pour ouvrir l’été avec Sean Bean et Liverpool en arrière-plan. Crédits : BBC / Left Bank Pictures, via Le Sérigraphe.
La ville nous appartient, titre français de This City Is Ours, arrive sur Canal+ à partir du 15 juin 2026. La série britannique suit une succession criminelle à Liverpool, avec Sean Bean, James Nelson-Joyce et Hannah Onslow. Entre programme de grille, polar familial et objet critique déjà discuté au Royaume-Uni, elle mérite mieux qu’une simple notice de diffusion.
Canal+ programme un polar de succession
Canal+ présente la série comme une production britannique diffusée à partir du 15 juin. Le calendrier séries de la chaîne la place aussi dans sa sélection de juin, aux côtés d’autres nouveautés de plateforme. Ce point est important : La ville nous appartient n’est pas une création Canal+, mais l’arrivée française d’un programme d’abord identifié sous son titre original, This City Is Ours.
La grille linéaire donne déjà un repère plus précis. Selon Télé-Loisirs, l’épisode 3 est annoncé sur Canal+ le lundi 22 juin 2026 à 21h09. Cette mention doit toutefois rester un fait de programmation, pas le cœur du papier : les horaires peuvent évoluer, et la série existe aussi comme objet de catalogue et de rattrapage.
Le point de départ dramatique est classique. Ronnie Phelan, patron d’un trafic installé à Liverpool, envisage de passer la main. Michael Kavanagh, son bras droit, aspire à autre chose depuis sa relation avec Diana. Jamie, le fils de Ronnie, estime de son côté que l’empire familial doit lui revenir. Quand une cargaison disparaît, la crise de succession devient guerre de positions.
This City Is Ours, pas We Own This City
Le titre français crée un petit piège de référencement. La ville nous appartient série renvoie ici à This City Is Ours, créée par Stephen Butchard, et non à We Own This City, la mini-série HBO de David Simon sur la police de Baltimore. La confusion est compréhensible, mais les deux œuvres n’ont ni le même sujet ni la même géographie.
AlloCiné confirme la fiche française : série britannique de drame, policier et thriller, portée par Sean Bean, James Nelson-Joyce et Hannah Onslow. Le site indique aussi deux saisons et seize épisodes, signe que Canal+ lance une œuvre dont la trajectoire ne se limite pas à une soirée de diffusion.

Le producteur Left Bank Pictures décrit de son côté une fiction en huit épisodes de 60 minutes pour BBC One, centrée sur l’amour de Michael et Diana au moment où le gang de Michael se désagrège. Sa fiche officielle liste Stephen Butchard et Robbie O’Neill à l’écriture, Saul Dibb, John Hayes et Eshref Reybrouck à la réalisation, et un ensemble qui dépasse le seul argument Sean Bean.
Liverpool remplace la mythologie américaine
La promesse vendue autour de la série tient dans une équation connue : une famille criminelle, une succession, un patriarche fatigué, un héritier impatient, un lieutenant trop précieux pour disparaître. Le terrain a été labouré par la fiction mafieuse américaine. La ville nous appartient doit donc se distinguer moins par son schéma que par son milieu.
Liverpool n’est pas un simple décor interchangeable. La ville donne au récit une texture sociale, une musicalité et une manière de filmer le pouvoir criminel loin des villas new-yorkaises ou des clubs londoniens. Quand le genre fonctionne, ce déplacement suffit à faire respirer un canevas très balisé. Quand il faiblit, il laisse apparaître la mécanique : la cargaison perdue, la loyauté fissurée, le fils qui veut régner plus vite que son père.
Sean Bean apporte évidemment son poids de fiction. Dans le rôle de Ronnie Phelan, il occupe une place que le spectateur comprend immédiatement : celle du chef dont l’autorité reste forte, mais dont le retrait annoncé ouvre tous les appétits. James Nelson-Joyce a, lui, la charge la plus délicate : faire exister Michael comme un criminel crédible et comme un homme tenté par une sortie du milieu.

Cette tension rend la série plus intéressante qu’un pur exercice de brutalité. Michael n’est pas seulement pris entre Ronnie et Jamie ; il est pris entre deux images de lui-même. L’une appartient à l’économie criminelle qui l’a construit. L’autre naît avec Diana, dans l’idée d’un avenir domestique, presque banal, que la série sait menacer dès qu’il paraît possible.
Une série solide, mais surveillée par ses clichés
L’avis sur La ville nous appartient dépendra beaucoup de la tolérance du spectateur aux figures imposées du polar familial. Télérama résume bien le paradoxe en parlant d’un polar musclé et un peu cliché. La formule est utile parce qu’elle évite deux excès : vendre la série comme une révélation absolue, ou la réduire à une imitation sans relief.
Le récit a pour lui une situation lisible, un conflit de succession immédiatement compréhensible et un trio principal assez fort pour porter les tensions privées. Il a contre lui une imagerie déjà très codée : les hommes qui parlent pouvoir en famille, la romance qui ouvre une porte de sortie, la violence qui revient fermer cette porte, les héritiers qui confondent modernisation et conquête personnelle.

Hannah Onslow joue donc un rôle stratégique. Diana ne peut pas seulement être l’alibi sentimental du gangster qui voudrait se racheter. Si le personnage existe avec assez de précision, la série gagne un vrai contrechamp : celui de la vie que Michael prétend vouloir, mais qu’il n’a peut-être jamais appris à mériter. Si elle reste fonctionnelle, le récit retombe dans le vieux motif de la femme comme promesse de salut.
Ce qu’il faut retenir avant de regarder
Canal+ tient avec La ville nous appartient un polar britannique identifiable, porté par des visages solides et par un décor de Liverpool qui peut donner une couleur propre au récit. La série ne demande pas d’être abordée comme une révolution du genre. Elle se regarde plutôt comme une variation maîtrisée sur la transmission du pouvoir, la loyauté et l’illusion d’une sortie possible.
La prudence éditoriale reste nécessaire sur les dates. La disponibilité Canal+ à partir du 15 juin 2026 est confirmée par la communication de la chaîne. La diffusion de l’épisode 3 le 22 juin à 21h09 apparaît dans la grille Télé-Loisirs consultée ce 15 juin, mais tout horaire de télévision doit être revérifié au moment de publication.
Le vrai enjeu critique est ailleurs : savoir si la série parvient à faire de Liverpool autre chose qu’un décor de prestige pour une intrigue très familière. À ce stade, la réponse la plus juste tient en une nuance. La ville nous appartient semble avancer sur des rails connus, mais avec assez d’acteurs, de tension familiale et de sens du lieu pour mériter un regard attentif.
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