
Donald Trump s’exprime à la CPAC 2017, à National Harbor, dans le Maryland. Le portrait sert d’illustration générale pour un épisode diplomatique sur le Groenland, sans documenter la scène d’Ankara. Crédits : Gage Skidmore / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).
Donald Trump a de nouveau affirmé, mardi 7 juillet 2026 à Ankara, que le Groenland devrait passer sous contrôle américain. Il l’a opposé au maintien dans le giron danois. La formule, prononcée en marge d’un sommet de l’OTAN, a immédiatement relancé une crise diplomatique entre alliés. Copenhague répond que l’île arctique n’est pas à vendre et que son avenir appartient aux Groenlandais.
Une phrase sur le Groenland
La déclaration vise le Groenland, territoire autonome du royaume danois. Selon Reuters, repris par Internazionale, Donald Trump a formulé cette revendication devant la presse. Il se trouvait alors aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan.
La déclaration a été faite le mardi 7 juillet, à Ankara. Les dirigeants de l’Alliance atlantique tentaient alors d’afficher une unité militaire et diplomatique. Le lendemain, l’épisode dominait déjà une partie des échanges du sommet. Associated Press rapporte que le président américain a rouvert le dossier. Il a affirmé que l’île est importante pour la protection des États-Unis et, selon lui, du monde.
Trump présente ce contrôle comme une nécessité stratégique. Il met en avant l’Arctique, la proximité de routes maritimes sensibles et la rivalité avec la Russie et la Chine. Mais les sources consultées n’établissent pas l’existence d’une procédure formelle d’annexion ou d’achat. Elles documentent une position présidentielle répétée, politiquement explosive, sans décision institutionnelle publiée à ce stade.
La réponse danoise : souveraineté et autodétermination
Mette Frederiksen a répondu mercredi 8 juillet, elle aussi à Ankara. La première ministre danoise a rappelé que le Groenland n’était pas à vendre. Elle a aussi demandé aux alliés de respecter l’intégrité territoriale du royaume. Euronews, citant AFP et AP, rapporte qu’elle a aussi insisté sur le droit des Groenlandais à décider de leur avenir.
Cette réponse ne relève pas seulement de la formule diplomatique. Le Groenland dispose de son propre gouvernement et d’une large autonomie interne. La défense et les affaires étrangères restent toutefois liées au royaume du Danemark. L’île n’est donc pas une simple possession transférable par accord bilatéral entre Washington et Copenhague.

Reuters cite aussi le ministre groenlandais des affaires étrangères, Mute Egede. Sur Facebook, il a rappelé que l’avenir du Groenland devait être décidé par son peuple. Cette position place Nuuk au centre du dossier. Elle empêche de réduire la crise à un bras de fer entre les États-Unis et le Danemark.
Pourquoi Trump veut le Groenland
Si Donald Trump insiste sur le Groenland, c’est parce que l’île concentre plusieurs enjeux stratégiques. Le territoire se situe largement au-dessus du cercle arctique. Il contrôle une partie des approches nord-atlantiques de l’Amérique du Nord. Il abrite aussi une présence militaire américaine à Pituffik Space Base, essentielle pour l’alerte antimissile et la surveillance spatiale.
L’Arctique change aussi de valeur avec la fonte des glaces. De nouvelles routes commerciales deviennent plus accessibles, tandis que les ressources minières, dont certaines terres rares, attirent l’attention des puissances industrielles. Dans une explication de contexte, Associated Press rappelle que le Groenland se trouve au croisement de ces intérêts militaires, commerciaux et énergétiques.
Cet intérêt ne suffit toutefois pas à transformer le territoire en objet de transaction. Les États-Unis disposent déjà d’accords de défense avec le Danemark et d’un accès militaire majeur au Groenland. Ce décalage nourrit l’incompréhension européenne. Trump décrit un besoin de sécurité, alors que les cadres existants offrent déjà à Washington une large présence dans la zone.
Une faille au cœur de l’OTAN
La scène d’Ankara rend l’épisode plus sensible. Les États-Unis et le Danemark sont deux membres fondateurs de l’OTAN. Une revendication territoriale américaine visant un territoire du royaume danois place donc l’Alliance dans une situation inhabituelle. Le débat ne porte plus seulement sur une menace extérieure, mais sur le respect des frontières entre alliés.
Mette Frederiksen a d’ailleurs replacé sa réponse dans ce cadre. Elle a dit attendre des alliés qu’ils respectent la souveraineté danoise et le droit des Groenlandais à l’autodétermination. AP rapporte aussi qu’elle a rappelé l’engagement de Copenhague. Le Danemark entend défendre le territoire de l’OTAN, y compris le sien, en cas d’attaque.
La Maison-Blanche n’a pas fourni de transcription exploitable de l’échange Trump-Erdogan dans les éléments consultés mercredi 8 juillet. Sa page de publications officielles ne livrait pas de trace utile. Cette absence impose de s’en tenir aux vidéos, aux dépêches vérifiées et aux réactions institutionnelles disponibles. Elle empêche aussi de présenter les propos comme une doctrine complète de l’administration américaine.
Le mot achat masque le vrai sujet
Donald Trump avait déjà évoqué un rachat du Groenland lors de son premier mandat, déclenchant alors une vive réaction de Copenhague. En juillet 2026, la formulation documentée porte surtout sur le contrôle. Elle est plus large, plus floue, et peut inclure plusieurs scénarios politiques imaginés par Trump ou son entourage.

Pour le Danemark et le Groenland, la réponse reste la même. L’île n’est pas à vendre, et son avenir ne peut pas être décidé sans les Groenlandais. Pour les Européens, l’épisode rappelle que le débat arctique mêle désormais défense, minerais, climat, routes maritimes et confiance transatlantique.
L’affaire n’a donc rien d’une simple provocation isolée. Elle expose une question plus durable. Comment une alliance militaire peut-elle gérer les intérêts stratégiques d’un de ses membres lorsqu’ils visent le territoire d’un autre ? À Ankara, Donald Trump a donné une réponse de puissance. Le Danemark et le Groenland lui opposent une réponse de souveraineté.
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