Marine Tondelier face aux juges de l’Assemblée : les détails d’une audition sous le soupçon d’“islamisme”

Le 2 décembre 2025, Marine Tondelier se présente devant les députés et défend les libertés publiques. Elle dénonce une procédure qui nourrirait un climat islamophobe et la suspicion envers des citoyens musulmans. Aucun entrisme islamiste à EELV, affirme-t-elle, tout en rappelant l’urgence de combattre le terrorisme. La commission, présidée par Xavier Breton, promet la neutralité avant les auditions de Jean-Luc Mélenchon et Gérald Darmanin.

Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’islamisme, le 2 décembre 2025 au Palais Bourbon, Marine Tondelier a défendu les libertés publiques et contesté une procédure qu’elle juge « islamophobe », tout en réaffirmant la lutte contre le terrorisme. La commission d’enquête sur l’islamisme en France, présidée par Xavier Breton, assure sa neutralité. Avant le rapport attendu mi-décembre, Jean-Luc Mélenchon et Gérald Darmanin doivent être auditionnés par la commission d’enquête le 6 décembre.

Ce que Marine Tondelier a dit devant les députés

Auditionnée par la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale le 2 décembre 2025, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et conseillère régionale des Hauts-de-France, a rejeté l’idée d’un entrisme islamiste au sein de son parti. Elle a critiqué une instance qui, par sa création et la formulation de ses questions, créerait une atmosphère islamophobe. De plus, cela engendre un climat de suspicion permanente touchant des Français de confession musulmane ou supposés tels. Elle a insisté sur la distinction stricte entre pratiques religieuses et prosélytisme politique. Selon elle, « d’aller prier, de porter un voile ou de manger halal » ne menace pas la République.

La dirigeante écologiste a critiqué les modalités de l’enquête. Cependant, elle a réaffirmé que la lutte contre le terrorisme islamiste demeure un « enjeu crucial » pour la sécurité. En outre, elle a souligné l’importance de cet enjeu pour le vivre-ensemble. Elle a assuré n’avoir « rien à cacher » et a répondu aux questions sur des épisodes précis. Par exemple, elle a mentionné l’invitation du rappeur Médine à l’Université d’été d’EELV. De plus, elle a abordé le retrait d’une candidate locale pour des propos homophobes. Elle a aussi cité l’association Civitas pour illustrer, à l’extrême droite catholique, des dérives idéologiques contraires aux libertés publiques.

Dans la continuité d’un engagement écologiste, Tondelier dissocie foi vécue et projet politique organisé. Prier, porter le voile ou manger halal ne menace pas la République, martèle-t-elle. Ce sont les structures qui imposent des normes inverses aux lois qu’il faut surveiller et sanctionner. Des garde-fous internes sont mis en avant pour prévenir clientélisme et entrisme.
Dans la continuité d’un engagement écologiste, Tondelier dissocie foi vécue et projet politique organisé. Prier, porter le voile ou manger halal ne menace pas la République, martèle-t-elle. Ce sont les structures qui imposent des normes inverses aux lois qu’il faut surveiller et sanctionner. Des garde-fous internes sont mis en avant pour prévenir clientélisme et entrisme.

Une commission d’enquête contestée, mais officielle

La commission a été créée le 24 juin 2025 sous le titre du droit de tirage d’un groupe d’opposition. Elle est présidée par Xavier Breton (Droite républicaine). De plus, elle a pour rapporteur Matthieu Bloch (Union des droites pour la République). Son mandat : examiner des soutiens éventuels d’élus à des organisations ou réseaux susceptibles de soutenir l’action terroriste ou de propager l’idéologie islamiste, et évaluer les risques d’entrisme lors des prochaines échéances électorales. Son périmètre, ses comptes rendus et son calendrier sont publiés par l’Assemblée nationale.

Politiquement, la gauche considère cette instance comme visant principalement La France insoumise (LFI). Cependant, son président affirme que la commission « ne vise aucun parti ». Les critiques concernent également la composition du bureau, jugée déséquilibrée par les groupes de gauche. De plus, l’ordre des auditions parlementaires est aussi critiqué.

La laïcité au cœur du débat politique, sans amalgames

L’audition a mis en avant deux lignes de clivage. D’un côté, il y a l’exigence d’une laïcité de neutralité de l’État. De plus, les libertés individuelles garanties incluent celles des musulmans. De l’autre, la volonté de surveiller et sanctionner des organisations dont l’objectif serait d’imposer des normes contraires aux lois et aux droits fondamentaux. Marine Tondelier s’est située sur un fil : refuser tout amalgame entre islam et islamisme, tout en assumant la nécessité de combattre les réseaux et acteurs prônant la haine ou la séparation.

Pour l’intéressée, les pratiques religieuses ne doivent pas être pathologisées dans le débat public. Elle s’inquiète d’un « glissement » où tout ce qui touche à la religion musulmane deviendrait suspect. À l’inverse, plusieurs députés de droite ont insisté sur des cas d’influence militante et de clientélisme à documenter. Cependant, EELV face à la commission sur l’islamisme affirme avoir instauré des garde-fous internes.

Le calendrier : après Tondelier, Mélenchon puis Darmanin

Selon l’Assemblée nationale, la commission a programmé l’audition de Jean-Luc Mélenchon le samedi 6 décembre 2025 à 14 H 00, ouverte à la presse, ensuite celle de Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre de la Justice, le même jour (horaire à confirmer). Ces rendez-vous doivent clore la séquence des grands témoins politiques avant la discussion du rapport.

La convocation de Jean-Luc Mélenchon a suscité des réactions au sein de LFI. En effet, certains dirigeants ont suggéré de ne pas répondre à une procédure jugée « dévoyée ». Le rapporteur, Matthieu Bloch, assure que l’instance « n’accuse personne ». En outre, elle veut documenter les faits sans polémiquer.

Face aux questions, elle demeure posée et déjoue les pièges, recentrant sur principes et faits. Laïcité d’État, libertés garanties, fermeté contre les groupes prônant la haine : sa boussole est claire. Les auditions du 6 décembre précèdent l’examen du rapport le 10, moment de vérité. En jeu : documenter sans amalgames et convaincre au-delà de son camp.
Face aux questions, elle demeure posée et déjoue les pièges, recentrant sur principes et faits. Laïcité d’État, libertés garanties, fermeté contre les groupes prônant la haine : sa boussole est claire. Les auditions du 6 décembre précèdent l’examen du rapport le 10, moment de vérité. En jeu : documenter sans amalgames et convaincre au-delà de son camp.

Ce que cherche à établir la commission

Le cœur du mandat recouvre quatre axes. Premièrement, des soutiens affichés par des élus à des individus ou structures liés à des réseaux terroristes ou islamistes. Deuxièmement, des participations communes à des événements. Troisièmement, le clientélisme électoral est examiné. Enfin, le risque d’entrisme ciblant les collectivités et les listes en vue des élections municipales de 2026 est également pris en compte. L’Assemblée fixe un délai de six mois pour rendre les conclusions, conformément à l’ordonnance du 17 novembre 1958.

Dans ce cadre, la commission a déjà entendu des ministres (Intérieur, Enseignement supérieur, Justice). De plus, elle a écouté des responsables des services de renseignement, des universitaires et des journalistes. Enfin, des dirigeants politiques ont aussi été entendus. L’audition de Marine Tondelier s’inscrit dans cette série.

Réactions et lignes de fracture

Du côté écologiste, on défend une ligne de fermeté contre les groupes prônant la haine et l’obscurantisme. Cependant, cela se fait sans renoncer aux libertés individuelles. À droite, plusieurs responsables soulignent la nécessité de nommer les stratégies d’influence et de prévenir l’entrisme. La majorité présidentielle insiste, elle, sur l’équilibre : lutter contre les organisations séparatistes sans stigmatiser des millions de citoyens.

En séance, Marine Tondelier s’est montrée calme et préparée, écartant certaines questions jugées piégeuses ou hors sujet. Les députés ont demandé des clarifications sur la doctrine des Écologistes en matière de laïcité. De plus, ils ont interrogé sur les procédures internes de contrôle et sur les investigations menées après des incidents locaux.

Au-delà de l’audition, s’ouvre la bataille des récits à gauche, en vue de 2026 et 2027. La droite veut prouver des liens préoccupants, l’opposition dénonce une société de la suspicion. Pour Tondelier, cap affiché : tenir ensemble sécurité et droits fondamentaux. Le rapport dira s’il s’agit d’un outil de contrôle utile ou d’un instrument politique.
Au-delà de l’audition, s’ouvre la bataille des récits à gauche, en vue de 2026 et 2027. La droite veut prouver des liens préoccupants, l’opposition dénonce une société de la suspicion. Pour Tondelier, cap affiché : tenir ensemble sécurité et droits fondamentaux. Le rapport dira s’il s’agit d’un outil de contrôle utile ou d’un instrument politique.

Les règles du jeu : droit de tirage, pouvoirs, limites

Le droit de tirage permet à chaque groupe d’opposition de créer une commission d’enquête. En effet, cela est possible une fois par an. Ces commissions disposent de pouvoirs étendus : convoquer des personnes, recueillir des témoignages sous serment, demander des documents. Leur action est toutefois bornée par le secret de l’instruction. De plus, la séparation des pouvoirs impose des limites. Enfin, le délai de six mois restreint également leur action. En pratique, elles produisent des rapports assortis de recommandations aux pouvoirs publics.

Cette commission-ci a connu un démarrage heurté : démission d’une présidente initialement désignée, controverses sur la composition du bureau, critiques récurrentes sur sa neutralité politique. Autant d’éléments qui nourrissent les réserves de l’opposition de gauche et expliquent la méfiance exprimée par Marine Tondelier.

Quels effets concrets attendre ?

Le 10 décembre 2025, une réunion à huis clos doit examiner le projet de rapport du rapporteur Matthieu Bloch. Sa publication est espérée avant la fin de l’année 2025. Les recommandations pourraient concerner la surveillance de l’entrisme. En outre, elles pourraient inclure les relations entre élus et organisations religieuses ou idéologiques. De plus, les procédures internes des partis sont aussi visées. Enfin, la coopération avec les services de l’État pourrait être recommandée. La portée sera politique et symbolique davantage que juridique : le rapport ne juge pas, il documente et propose.

Enjeux politiques et image publique

Pour Les Écologistes, cette audition offre un moment de visibilité. Elle permet à Marine Tondelier d’ancrer un message : fermeté à l’égard de toute idéologie de haine, refus des amalgames, défense des libertés. À l’approche des municipales de 2026 et en vue de 2027, la bataille des récits est cruciale. En effet, la droite cherche à documenter les liens entre responsables politiques et mouvances islamistes en France qu’elle considère préoccupants. Par ailleurs, la gauche vise à dénoncer une dérive vers une société de la suspicion.

Reste une constante : la laïcité comme bien commun. C’est sur ce terrain que se jouera l’accueil du rapport : sera-t-il perçu comme un outil de contrôle utile ou comme un instrument politique ? La réponse viendra des faits établis, des contre-arguments et de la capacité des acteurs publics à tenir ensemble sécurité et droits fondamentaux.

Méthode et vigilance rédactionnelle

Cet article distingue rigoureusement faits, propos attribués et analyses. Il respecte la neutralité d’Ecostylia, évite les amalgames et rappelle que les travaux de la commission sont en cours. Aucune conclusion préalable n’est tirée avant la publication du rapport.

Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’islamisme, le 2 décembre 2025 au Palais Bourbon, Marine Tondelier a défendu les libertés publiques et contesté une procédure qu’elle juge « islamophobe », tout en réaffirmant la lutte contre le terrorisme. L’instance, présidée par Xavier Breton, assure sa neutralité. Avant le rapport attendu mi-décembre, Jean-Luc Mélenchon et Gérald Darmanin doivent être auditionnés par la commission d’enquête le 6 décembre.

Cet article a été rédigé par Christian Pierre.