À New York, Susan Sarandon interpellée pendant le sit-in contre Nétanyahou et les armes américaines à Israël

Sur le tapis rouge des prix Goya 2026 à Barcelone, Susan Sarandon fixe l’objectif. Son portrait accompagne une actualité où l’actrice revendique de nouveau ses engagements politiques. Crédits : Pedro J Pacheco / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Sur le tapis rouge des prix Goya 2026 à Barcelone, Susan Sarandon fixe l’objectif. Son portrait accompagne une actualité où l’actrice revendique de nouveau ses engagements politiques. Crédits : Pedro J Pacheco / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Susan Sarandon a été arrêtée jeudi 24 septembre 2026 à Manhattan, pendant une mobilisation contre la venue de Benyamin Nétanyahou à l’ONU. Le sit-in réclamait l’arrêt des livraisons d’armes américaines à Israël. La police annonce plus d’une centaine d’interpellations et indique que les personnes arrêtées ont été relâchées après remise de convocations. Plusieurs figures du cinéma participaient à cette action contre la guerre à Gaza.

Un sit-in près du siège des Nations unies

Des images de l’AFP montrent des policiers new-yorkais passant des menottes à la vedette de Thelma et Louise. L’intervention a eu lieu en marge du déplacement du Premier ministre israélien. Il venait s’exprimer devant l’Assemblée générale des Nations unies, qui réunit les États membres de l’organisation.

Le rassemblement occupait le carrefour de la Première Avenue et de la 39e Rue, à quelques rues du siège de l’ONU. Dans son communiqué du 24 septembre, Jewish Voice for Peace, organisation juive américaine antisioniste, situe l’action à cet endroit. Elle revendique plus de 400 participants au sit-in.

JVP entendait interpeller le gouvernement américain sur son soutien militaire à Israël. L’organisation présente l’action comme une protestation contre ce qu’elle qualifie de génocide à Gaza. La fin des livraisons d’armes figure au premier rang de ses demandes. Le calendrier visait à rendre cette opposition visible pendant la présence du dirigeant israélien à New York.

Sur le tournage du film ‘American Mirror’ à New York en 2016, Susan Sarandon apparaît loin des tapis rouges. Le portrait saisit la détermination tranquille d’une actrice qui assume aussi ses combats publics. Crédits : CommonMan3 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sur le tournage du film ‘American Mirror’ à New York en 2016, Susan Sarandon apparaît loin des tapis rouges. Le portrait saisit la détermination tranquille d’une actrice qui assume aussi ses combats publics. Crédits : CommonMan3 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Des convocations après les interpellations

La police de New York, le NYPD, invoque pour sa part un rassemblement non déclaré qui perturbait la circulation. Selon une porte-parole, les agents ont demandé aux manifestants de quitter la chaussée, mais plusieurs participants ont continué d’occuper le carrefour. La police présente leur refus de se disperser comme le motif de son intervention.

Le NYPD fait état de plus d’une centaine d’interpellations. Il indique que les personnes arrêtées ont toutes été remises en liberté. Elles ont reçu des convocations devant un tribunal pour disorderly conduct, autrement dit trouble à l’ordre public, selon les précisions policières.

Ces convocations ne constituent pas une condamnation. La date d’une comparution de Susan Sarandon et le détail de la procédure la concernant n’ont pas été précisés. Le bilan collectif de l’intervention ne permet donc pas de décrire davantage son dossier individuel.

Hannah Einbinder également arrêtée

L’actrice de la série Hacks, Hannah Einbinder, figure elle aussi parmi les personnes interpellées. Son arrestation, mentionnée par JVP, est également documentée par l’agence Associated Press. La présence des deux comédiennes inscrit cette mobilisation dans la contestation publique de la guerre à Gaza par une partie du cinéma américain.

JVP cite aussi Cynthia Nixon et Elliot Page parmi les participants, sans les inclure dans sa liste des personnalités arrêtées. Le rassemblement réunissait également des élus et des candidats à des fonctions politiques. L’organisation dit y avoir associé des New-Yorkais juifs, palestiniens, iraniens et libanais.

Aux prix Goya 2026 à Barcelone, Susan Sarandon pose avec un badge Free Palestine. Ce détail relie cette apparition mondaine à l’engagement public qui la mène quelques mois plus tard dans la rue à New York. Crédits : Pedro J Pacheco / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Aux prix Goya 2026 à Barcelone, Susan Sarandon pose avec un badge Free Palestine. Ce détail relie cette apparition mondaine à l’engagement public qui la mène quelques mois plus tard dans la rue à New York. Crédits : Pedro J Pacheco / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

À Venise, Susan Sarandon disait encore perdre des rôles

Pour Susan Sarandon, cet engagement se prolonge jusque dans les festivals. Début septembre, elle a pris la parole lors d’une conférence de presse à la Mostra de Venise. Elle a affirmé que ses positions sur Israël continuaient de lui coûter des rôles. Dans ces déclarations rapportées par l’AFP, elle accusait certaines agences de déconseiller son recrutement. Il s’agit de son témoignage sur les conséquences professionnelles qu’elle dit subir.

L’actrice de La Dernière Marche avait déjà été écartée par United Talent Agency. Cette décision suivait des propos sur les Juifs américains et la montée de l’antisémitisme. Elle avait ensuite présenté des excuses. Elle reconnaissait que sa formulation pouvait laisser entendre, à tort, que les Juifs n’avaient pas connu de persécutions auparavant.

À la première de ‘Speed Racer’, au festival de Tribeca en 2008, Susan Sarandon affiche déjà son statut de figure du cinéma américain. Ce portrait d’archive rappelle la longévité d’une carrière aujourd’hui traversée par ses engagements. Crédits : David Shankbone / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
À la première de ‘Speed Racer’, au festival de Tribeca en 2008, Susan Sarandon affiche déjà son statut de figure du cinéma américain. Ce portrait d’archive rappelle la longévité d’une carrière aujourd’hui traversée par ses engagements. Crédits : David Shankbone / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

À Venise, elle distinguait l’évolution qu’elle percevait dans l’opinion publique de l’hostilité qu’elle disait toujours rencontrer dans son secteur. Sa participation au sit-in new-yorkais prolonge cet engagement, quelques semaines après cette prise de parole sur ses difficultés à Hollywood.

Cet article a été rédigé par Émilie Schwartz.