
À dix-huit mois du scrutin, une enquête Ifop-Fiducial réalisée en ligne les 24 et 25 septembre 2025 place le Rassemblement national en tête du premier tour, entre 33 % et 35 %. Derrière, la seconde place se dispute sous la barre des 20 % entre Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon. Majorité présidentielle en repli, dynamique sociale-démocrate en hausse, photo de l’instant plus que prophétie.
Sondage présidentielle 2027 : ce que montre la photographie Ifop de fin septembre 2025
Les derniers chiffres Ifop-Fiducial livrent une image qui tranche dans le paysage politique. Lors du premier tour 2027, le Rassemblement national atteint la première place avec 33 % à 35 % des voix. Cela dépend de l’hypothèse testée, soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Selon le sondage présidentielle 2027, Marine Le Pen ou Jordan Bardella sont les candidats envisagés. Derrière, la deuxième place se joue dans un mouchoir de poche. Édouard Philippe oscille de 16 % à 19 %. Raphaël Glucksmann s’établit entre 14 % et 16 %. Jean-Luc Mélenchon tourne autour de 12 % à 13 %. Côté majorité présidentielle, Gabriel Attal plafonne autour de 10 %, Gérald Darmanin vers 7 %, François Bayrou aux environs de 3 %. À droite traditionnelle, Bruno Retailleau s’inscrit dans une fourchette de 9 % à 13 %. Terrain réalisé les 24 et 25 septembre 2025, publication le 29 septembre, reprises le 30 septembre.
Dans cette photographie de l’instant, l’évidence est double. Le RN capitalise une avance solide. Le seuil d’accès au second tour glisse au-dessous de 20 %. Un renversement silencieux qui modifie la grammaire des alliances.
Un seuil de qualification historiquement bas
L’élection française a pris l’habitude de serrer la vis au premier tour. Mais le palier de qualification s’abaisse encore. Avec un leader entre 33 % et 35 %, il suffit d’un peu moins de 20 % pour se faufiler au second. Ce niveau fragilise toutes les familles politiques qui arrivent éparpillées. Il expose à plein le risque de dispersion côté centre et côté gauche. Il renforce mécaniquement la prime au candidat le mieux placé du bloc central. Il encourage aussi l’unité à gauche autour d’une figure identifiée.
Dans les hypothèses testées, Édouard Philippe devance souvent d’une courte tête. L’amplitude de 16 % à 19 % illustre la sensibilité des scores à l’offre de candidatures. Raphaël Glucksmann pousse l’avantage social-démocrate. Jean-Luc Mélenchon conserve un socle fidèle mais stable. Chacun jauge sa capacité de rassemblement au-delà de sa base.

Le bloc central sous pression
La majorité présidentielle sort affaiblie par une séquence usante. Les chiffres racontent une érosion. Gabriel Attal autour de 10 %, Gérald Darmanin vers 7 %, François Bayrou autour de 3 %. Derrière ces chiffres, une question simple. Qui peut agréger un électorat découragé sans le diviser davantage. Édouard Philippe tient la corde. Sa stature d’ancien Premier ministre et son profil libéral-social lui permettent d’atteindre jusqu’à 19 % selon les combinaisons. Mais la marge est étroite. Un rien peut la rogner.

La popularité d’Emmanuel Macron recule en cette fin de septembre 2025. Les baromètres d’opinion pointent un niveau bas. Un signal pour ses héritiers politiques. Plus l’exécutif s’inverse dans l’impopularité, plus ses successeurs désignés héritent d’un fardeau symbolique. D’où l’aversion au risque chez les électeurs modérés. D’où la tentation d’un repli sur des offres nettes.

À gauche, la prime au visage social-démocrate
La gauche s’est remise en mouvement. Dans ce sondage, Raphaël Glucksmann perce entre 14 % et 16 %. Il capte une part de l’électorat macroniste en désarroi. Son récit européen et social-démocrate attire un public urbain, diplômé, soucieux de stabilité. Jean-Luc Mélenchon reste autour de 12 % à 13 %. Sa puissance oratoire et sa visibilité l’installent au même niveau que lors d’autres vagues. Mais l’accès au second tour exige une offre claire et unique. Sans candidature unique, la gauche se heurte au plafond de verre.

Dans l’hypothèse d’un duel avec Édouard Philippe, Glucksmann pourrait disputer la deuxième place. Tout joue sur des transferts délicats. Une part de l’ancienne majorité peut basculer vers une gauche régulée, loin des rugosités. À l’inverse, les classes populaires et une fraction des moins diplômés demeurent accessibles au RN. Rien n’est figé. Tout dépend du casting final et de la temporalité des ralliements.
À droite, un espace étriqué
Bruno Retailleau tente d’ouvrir un passage au-delà de la marque LR. Sa fourchette de 9 % à 13 % signale une audience réelle et un réservoir qui ne demande qu’un angle. Le problème reste entier. Entre un RN hégémonique et un centre qui garde des bastions locaux, l’offre LR s’écrase. Elle ne trouve un chemin qu’au prix d’un récit identifiable sur l’autorité, l’économie et l’Europe. L’exercice exige du temps. Le calendrier n’en offre guère.

Le RN, une avance consolidée mais sous condition
La fourchette de 33 % à 35 % demeure stable. Le RN cimente un socle qui ne varie qu’à la marge selon la combinaison des adversaires. Marine Le Pen et Jordan Bardella apparaissent interchangeables aux yeux d’une partie des électeurs. La logique est d’alternative plus que d’incarnation personnelle. La dynamique est claire. Elle se heurte toutefois à deux inconnues. La judiciarisation d’une partie du débat qui plane sur Marine Le Pen. L’âge politique de Jordan Bardella et sa capacité à endosser l’épreuve d’un face-à-face national sur la durée.
Le parti sait que la présidentielle se gagne aussi hors sondages. Les compétences d’équipe deviennent cruciales à l’approche du scrutin. De plus, la tenue du récit dans la tempête est essentielle. Par ailleurs, la cohérence programmatique sur l’économie et l’Europe a un impact significatif. L’ancrage local issu des européennes et des législatives de 2024 nourrit ce socle. Il ne remplace pas une campagne.
L’art de lire un sondage électoral sans se tromper
Ce sondage repose sur un questionnaire auto-administré en ligne. L’échantillon réunit 1 127 personnes inscrites sur listes électorales. La méthode des quotas garantit la représentativité. En outre, elle se base sur le sexe, l’âge et la profession. Par ailleurs, elle prend en compte la région et le type d’agglomération. Ces chiffres offrent une image valable au moment du terrain. Ils ne valent pas prédiction.
La marge d’erreur dépend de deux éléments. La taille de l’échantillon et la proportion mesurée. Avec n égal 1 127, l’incertitude se situe autour de plus ou moins 3 points pour des niveaux proches de 50 %. Elle descend autour de 2 points pour des niveaux proches de 10 % à 20 %. Elle peut frôler 1 point pour des petits scores. Les écarts qui tiennent dans ces fourchettes ne sont pas significatifs. Les variations entre hypothèses proviennent de la composition du plateau de candidats. De plus, elles résultent d’un mouvement réel d’opinion.
L’ordre d’affichage des personnalités joue aussi. Un nom présenté en tête de liste peut bénéficier d’un effet de saillance. Le libellé de la question influence la projection que se fait l’enquêté. La connaissance préalable du candidat pèse sur la déclaration d’intention. Lire un sondage revient donc à croiser ces paramètres au lieu de figer une hiérarchie définitive.
Des dates, des publications, des précautions
Le terrain est daté des 24 et 25 septembre 2025. La publication a eu lieu le 29 septembre, suivie de reprises le 30 septembre. La prudence impose de situer ces chiffres dans le temps. Une actualité nationale ou internationale suffit à déplacer un curseur. Un meeting, une prise de parole, une décision de justice, une séquence sociale influencent le climat de réponse. D’où la formule consacrée des instituts. Une photo de l’instant.
Les supports de publication, Sud Radio et L’Opinion, insistent sur ce point. Les documents Ifop le rappellent. L’enquête ne prédit pas un résultat. Elle mesure un rapport de force au jour dit. Elle aide à lire une dynamique. Elle ne remplace ni une campagne ni une coalition.
Ce que disent les baromètres de popularité
Les baromètres Ifop enregistrent en septembre 2025 un recul de la popularité d’Emmanuel Macron. Cette impopularité vise un contexte peu porteur pour les candidats ou exécutants de la majorité. Elle alimente la difficulté à créer un récit mobilisateur au centre. Elle explique l’émergence de figures alternatives comme Glucksmann et le maintien d’un réflexe d’opposition au profit du RN.
À gauche comme au centre, les personnalités qui progressent sont celles qui proposent un point d’équilibre. Une manière de rassurer sans renier. Édouard Philippe en fait partie. Glucksmann également. L’un parle ordre et modernité. L’autre Europe et social. Deux chemins qui cherchent une majorité relative.
Les scénarios ouverts au niveau du RN
L’offre RN étonne par sa dualité. Marine Le Pen demeure la figure tutélaire. Jordan Bardella incarne une continuité rajeunie. Les deux hypothèses livrent des scores voisins. La discussion sur une éventuelle relève reste sensible. Elle se nourrit d’éléments judiciaires qui ne relèvent pas de la politique fiction mais du calendrier des recours. Les intéressés assurent que la stratégie restera unie.

Cette ambiguïté maîtrisée offre un avantage. Elle élargit la capacité du RN à conquérir des segments sociaux distincts. Elle pose aussi un défi. En cas d’empêchement ou de bascule, la transition doit rester lisible. Les électeurs sanctionnent les flottements. Ils récompensent la cohérence.
Ce que cette séquence change d’ores et déjà
La campagne de 2027 n’a pas commencé. Pourtant, les lignes bougent. Le RN installe une avance. Le seuil de qualification s’abaisse. La deuxième place devient la vraie primaire. Les stratèges du centre et de la gauche lisent la même leçon. La clarté paye. L’union coûte mais rapporte. Le temps file. Dans 18 mois, l’offre devra être arrêtée. D’ici là, la courbe peut encore changer de sens.