
Intrigues, séduction, crimes et destinées brisées : Le Serpent, coproduit par la BBC et Netflix, arrive sur France 2. La série revisite le parcours glaçant de Charles Sobhraj. À travers huit épisodes haletants, elle nous fait revivre les années 1970 et la célèbre "route des hippies". Portrait d’une œuvre fascinante et troublante, entre thriller et documentaire historique.
Une série inspirée d’un destin criminel
Le Serpent fascine par son réalisme et sa précision glaçante. Cette mini-série britannique retrace la vie tortueuse du franco-indien Charles Sobhraj, surnommé le Serpent en raison de sa capacité à échapper à la justice. L’histoire se déroule sur la célèbre “route des hippies” dans l’Asie des années 1970. En huit épisodes palpitants, le spectateur suit la traque d’un tueur discret et insaisissable. Ainsi, la série révèle un criminel longtemps resté inconnu du grand public.
Au cœur de la série, Tahar Rahim offre une performance remarquable dans la peau de Charles Sobhraj. L’acteur français avoue avoir eu du mal à sortir du rôle, tant le personnage est complexe et sombre. Cependant, la série ne se limite pas au criminel. Elle raconte aussi la détermination des enquêteurs et la peur omniprésente des victimes. De plus, elle restitue fidèlement l’ambiance d’une époque. À cette période, de nombreux jeunes voyageurs occidentaux étaient idéalistes et naïfs. Par conséquent, ils devenaient des cibles parfaites.

Sur la route des hippies : contexte et intrigue
L’action débute à Bangkok en 1975. À cette époque, l’Asie du Sud-Est attire des milliers de jeunes occidentaux. Ils parcourent la "hippie trail" à la recherche de liberté, d’aventure ou d’expériences mystiques. Ainsi, beaucoup croisent la route d’Alain Gautier, pseudonyme utilisé par Sobhraj, accompagné de sa compagne québécoise, Marie-Andrée Leclerc.
Le couple charme leurs victimes. Ils les droguent, les volent et finissent par les tuer. Cependant, ils opèrent discrètement, laissant très peu de traces. Pour fuir la justice, Sobhraj vole des passeports et trafique des pierres précieuses. Anecdote insolite : durant le tournage, Jenna Coleman, qui joue Leclerc, confesse avoir ressenti une profonde empathie pour son personnage, pourtant complice des crimes. De plus, Rahim aurait perdu près de dix kilos pour incarner un Sobhraj aux traits tirés et froids.

La série met en lumière un personnage clé, le diplomate néerlandais Herman Knippenberg. Sa vie bascule quand il remarque la disparition inquiétante d’un couple hollandais. Ainsi commence une enquête complexe et frustrante. Aidé par son épouse Angela et des voisins français, il assemble peu à peu le puzzle macabre des crimes.
Un casting international au service du suspense
La puissance dramatique du Serpent tient en grande partie à son casting. Tahar Rahim livre une interprétation subtile et troublante, entre charme glacial et manipulation psychologique. Jenna Coleman, connue pour son rôle dans Doctor Who, incarne avec finesse Marie-Andrée Leclerc, une femme déchirée entre amour et culpabilité.
Billy Howle interprète avec sobriété Herman Knippenberg, diplomate obsédé par la vérité. Anecdote du tournage : Howle a rencontré le vrai Knippenberg pour mieux comprendre sa détermination. Autour d’eux, des seconds rôles se distinguent, comme Mathilde Warnier, courageuse voisine française, ou Amesh Edireweera, complice aussi fidèle qu’effrayant.

La reconstitution historique est d’une grande précision. Les décors restituent la moiteur de Bangkok, le luxe aseptisé des ambassades et la tension des hôtels impersonnels. Cependant, la pandémie de COVID-19 a bouleversé le tournage. L’équipe a dû poursuivre à Londres, où Bangkok a été recréée en studio. Ce transfert représente un exploit technique notable.

Réception critique et fascination du public
Diffusée en janvier 2021 sur la BBC puis en avril sur Netflix, Le Serpent remporte rapidement un grand succès critique. Les commentateurs louent le suspense, l’esthétique vintage et surtout la performance glaçante de Rahim. Cependant, la série reçoit aussi des critiques pour sa narration complexe, entre flashbacks et flashforwards déstabilisants. Malgré cela, elle séduit massivement, contribuant à la légende troublante de Charles Sobhraj.

La série se place ainsi dans la lignée d’œuvres comme Mindhunter ou Unbelievable. Pourtant, elle se démarque par son cadre exotique. En effet, cette époque est fascinante et présente un personnage aux multiples visages. Ce dernier est à la fois manipulateur et charmeur.
Charles Sobhraj : la légende persistante
Après quarante ans passés dans les prisons asiatiques, Charles Sobhraj est libéré en 2022 pour raisons médicales. Son retour en France ravive l’intérêt médiatique. Depuis, sa vie inspire des biographies, documentaires et même une exposition à Bangkok. Ainsi, sa figure ambiguë continue de fasciner autant qu’elle dérange.

La diffusion de la série sur France 2 en juillet 2025 relance les débats en France. En effet, elle suscite des discussions sur la fascination malsaine exercée par certains criminels.Sobhraj, qui nie toujours les meurtres, mais reconnaît ses escroqueries, entretient soigneusement son image mystérieuse. Il incarne aujourd’hui un symbole troublant du mal ordinaire.
Thriller psychologique, réflexion historique
Le Serpent captive autant par son intrigue que par ses questions morales. La série met en évidence la vulnérabilité de la jeunesse et la complexité du mal. Elle souligne aussi l’impuissance face à des crimes commis loin de tout regard. Elle rappelle ainsi avec force que derrière le plus séduisant des sourires se cache souvent le pire danger.