Rubio critique Macron sur la reconnaissance palestinienne

Reconnaissance de la Palestine : vers un État palestinien ? Des pays reconnaissant la Palestine, de Paris à l’Arménie ; Palestine, un État ?

Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a ouvertement accusé Emmanuel Macron d’avoir fragilisé les pourparlers entre Israël et le Hamas. D’après lui, l’annonce française de septembre reconnaissant l’État palestinien pousse le mouvement islamiste à rejeter un accord.

Une déclaration qui change la donne

Le 24 juillet, Emmanuel Macron a confirmé sur son compte X que la France reconnaîtrait la Palestine. Cela se fera lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Il a présenté cette décision comme « le seul chemin possible vers un avenir où justice, sécurité et dignité sont garanties pour tous les peuples de la région » (cf. publication du 3 aout sur X). Mais il a aussi posé des conditions : démilitarisation du Hamas, exclusion de sa gouvernance et reconnaissance d’Israël.

Emmanuel Macron joue un levier plus qu’un symbole. Il pose la reconnaissance de l’État palestinien comme horizon politique. De plus, il vise à arrimer les Européens et signifier à Washington qu’un allié peut créer de l’initiative. Cela est possible à condition d’adosser le geste à des garanties vérifiables.
Emmanuel Macron joue un levier plus qu’un symbole. Il pose la reconnaissance de l’État palestinien comme horizon politique. De plus, il vise à arrimer les Européens et signifier à Washington qu’un allié peut créer de l’initiative. Cela est possible à condition d’adosser le geste à des garanties vérifiables.

Selon Marco Rubio, cette annonce a déclenché un effet domino. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni et le Canada, ont promis de suivre l’exemple français. Cela se produira si aucun cessez-le-feu n’est conclu avant septembre. L’Australie et le Portugal envisageraient la même position.

Le retrait américain des négociations

Le jour de l’annonce française, les États-Unis se sont retirés des négociations de cessez-le-feu. D’après le média Politico, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff estimait que le Hamas ne négociait pas de bonne foi. Pour Rubio, la déclaration de Paris a été perçue par le Hamas comme une « récompense » et une « victoire symbolique ».

Il a résumé sa critique ainsi : « Ces messages, bien que largement symboliques, ont rendu plus difficile la conclusion d’un accord et l’instauration de la paix. »

Aux côtés de Jair Bolsonaro, figure de la droite dure brésilienne en déclin, Marco Rubio affiche une diplomatie arrimée à une galaxie conservatrice transnationale : signal à sa base floridienne, levier d’influence au Congrès, et message à Paris comme à l’ONU — lui, pas de reconnaissance de l’État palestinien sans garanties de sécurité concrètes et étapes vérifiables.
Aux côtés de Jair Bolsonaro, figure de la droite dure brésilienne en déclin, Marco Rubio affiche une diplomatie arrimée à une galaxie conservatrice transnationale : signal à sa base floridienne, levier d’influence au Congrès, et message à Paris comme à l’ONU — lui, pas de reconnaissance de l’État palestinien sans garanties de sécurité concrètes et étapes vérifiables.

Un contexte diplomatique tendu

Le conflit actuel entre Israël et le Hamas a commencé le 7 octobre 2023, après une attaque coordonnée du mouvement palestinien. L’événement a provoqué une riposte militaire majeure d’Israël, notamment dans la bande de Gaza. Depuis, les tentatives de médiation internationale se sont multipliées, souvent sous l’égide des États-Unis, de l’Égypte et du Qatar.

La France, traditionnellement favorable à une solution à deux États, a jusque-là évité une reconnaissance unilatérale de la Palestine. L’initiative de Macron marque donc un tournant diplomatique. Elle s’inscrit dans une dynamique internationale où plusieurs pays cherchent à exercer une pression politique pour accélérer les négociations.

Qui est Marco Rubio ?

Né en 1971 à Miami, Marco Antonio Rubio est un homme politique américain d’origine cubaine. Membre du Parti républicain, il s’est imposé comme une figure influente au Sénat américain. Ensuite, il a été nommé secrétaire d’État par Donald Trump en janvier 2025. Il est connu pour ses positions conservatrices sur les questions sociétales et pour son soutien affirmé à Israël.

Son parcours est marqué par une ascension rapide, débutant comme représentant local en Floride. Ensuite, il a mené sa campagne présidentielle de 2016. S’il n’a pas remporté l’investiture républicaine face à Trump, il a consolidé son influence sur la scène nationale.

Marco Rubio, faucon méthodique plutôt que doctrinaire. Deux États, oui, mais dans l’ordre 'cessez-le-feu, garanties, institutions' ; en s’appuyant sur son poids au Congrès et ses réseaux aux Moyen-Orient pour préserver la centralité américaine et encadrer l’ambition française à l’ONU.
Marco Rubio, faucon méthodique plutôt que doctrinaire. Deux États, oui, mais dans l’ordre ‘cessez-le-feu, garanties, institutions’ ; en s’appuyant sur son poids au Congrès et ses réseaux aux Moyen-Orient pour préserver la centralité américaine et encadrer l’ambition française à l’ONU.

Une fracture transatlantique sur la Palestine

La position de Macron illustre une divergence croissante entre Paris et Washington sur la question israélo-palestinienne. Les États-Unis, sous le gouvernement de Trump, privilégient un soutien sans réserve à Israël et rejettent toute reconnaissance de l’État palestinien en dehors d’un accord négocié.

Pour la France, la reconnaissance pourrait servir de levier politique. Pour Washington, elle compromet les efforts de médiation. Cette divergence pourrait peser sur la coopération bilatérale dans d’autres dossiers sensibles, comme l’Ukraine ou l’Iran.

Vers un automne diplomatique agité

En septembre, l’Assemblée générale de l’ONU deviendra l’arène principale de ce débat. Les pays favorables à la reconnaissance de la Palestine espèrent mobiliser un bloc diplomatique important. Les opposants, menés par les États-Unis et Israël, tenteront d’en limiter la portée.

Entre manœuvres politiques et tensions militaires persistantes à Gaza, la perspective d’un cessez-le-feu reste lointaine. Et les déclarations croisées de Macron et Rubio annoncent déjà une rentrée internationale sous haute tension.

Cet article a été rédigé par Christian Pierre.