
En France, une nouvelle proposition de loi au Sénat vise à rouvrir l’usage de deux néonicotinoïdes. Cette initiative a déclenché une tempête politique. Le 4 février 2026, sur X, l’eurodéputée Rima Hassa (LFI) insulte le sénateur Laurent Duplomb (LR), qui saisit la présidence de la chambre haute. La droite s’indigne, tandis que la SDJ du Parisien alerte sur le harcèlement visant un journaliste. Des manifestations sont annoncées les 7 et 8 février dans plusieurs villes.
Une phrase sur X, et le dossier des pesticides redevient une épreuve de force
Le texte à l’origine de la colère est déposé au Sénat au début de février. Il remet sur la table un sujet explosif : l’éventuel retour de deux insecticides agricoles, l’acétamipride et le flupyradifurone, pesticides interdits en France mais encore autorisés dans plusieurs pays européens.
Dans ce contexte, Rima Hassan choisit l’attaque frontale. Sur X, elle qualifie Laurent Duplomb ‘d’ordure’ et écrit que, ‘dans une démocratie qui va bien’, ‘sa place est en prison’. Elle évoque aussi l’influence des ‘lobbies de l’agro-industrie’ et met en avant une opposition populaire.

La riposte politique arrive immédiatement. Bruno Retailleau parle d’une élue ‘lamentable’ qui ‘se complaît dans la haine’. Laurent Wauquiez lui répond qu’elle peut ‘garder’ ses ‘leçons de démocratie’. Xavier Bertrand dénonce une ‘dérive anti-républicaine’. Les mots se répondent ; le fond, lui, attend.
Que contient la nouvelle proposition de loi Duplomb sur les néonicotinoïdes
Le nouveau texte porté par Laurent Duplomb et le sénateur Franck Menonville vise à rouvrir l’accès à l’acétamipride et au flupyradifurone, deux exemples au cœur du débat, pour certaines cultures. Les néonicotinoïdes sont des insecticides contestés, car ils appartiennent à la catégorie des pesticides. En effet, ils ont des effets néfastes sur les insectes. De plus, leur impact s’étend plus largement à la biodiversité. En France, l’acétamipride est interdit depuis 2020, tandis qu’il demeure autorisé au niveau européen. L’Anses a alerté sur sa forte toxicité pour certains organismes.
Le texte s’inscrit aussi dans un bras de fer juridique. Un précédent dispositif a été adopté le 8 juillet 2025. Cependant, le Conseil constitutionnel l’a partiellement censuré le 7 août 2025. Cette décision s’appuie sur les exigences de la Charte de l’environnement. Les promoteurs affirment donc avoir resserré le champ et limité les dérogations.
Concrètement, la proposition autorise l’enrobage des semences de betterave au flupyradifurone pour 3 ans, présenté comme une méthode préventive pour protéger la plante au moment où elle est la plus vulnérable aux ravageurs. Elle ouvre aussi la possibilité de pulvérisation à titre curatif pendant un an, puis sur certaines cultures pérennes pour 3 ans. Les soutiens invoquent des ‘impasses’ techniques et une distorsion de concurrence ; les opposants soulignent le danger des pesticides pour la santé et l’environnement.
Réaction institutionnelle : du clash à la présidence du Sénat
L’affaire ne reste pas cantonnée aux réseaux. Laurent Duplomb indique avoir saisi la présidence du Sénat. Dans un communiqué, il reproche à l’eurodéputée de faire du ‘chaos’ un projet politique. Le président du Sénat, Gérard Larcher, condamne des ‘outrances’ et annonce qu’une plainte a été déposée.
Ce passage par l’institution rappelle un fait simple : la loi s’écrit, s’amende, se contrôle. Le tweet, lui, frappe et disparaît. Entre les deux, la polémique risque de devenir un écran : on ne parle plus d’acétamipride, de pratiques agricoles ou d’alternatives, mais d’un mot, puis d’un autre.
Quand la cible devient un journaliste : l’alerte de la SDJ du Parisien
Le même 4 février 2026, Rima Hassan vise un journaliste du Parisien, Robin Korda, après un article lié à l’affaire Jeffrey Epstein. Sur X, l’eurodéputée le mentionne nommément, et elle suggère que son papier pourrait servir à ‘faire oublier’ une piste. En effet, cette piste est liée au Mossad, le service de renseignement israélien. Elle invite aussi ses abonnés à explorer ses publications en utilisant des mots-clés.
La Société des journalistes du Parisien (SDJ) réagit le 5 février. Elle dénonce une ‘attaque intolérable’, une ‘tentative d’intimidation’ et un ‘appel à peine déguisé au lynchage en ligne’. La SDJ rapporte que le journaliste a reçu des dizaines de messages d’une violence extrême. De plus, beaucoup avaient un caractère antisémite. Certains messages évoquaient même des appels au meurtre.
L’épisode souligne une frontière fragile : contester un article ou un angle est légitime. Désigner un journaliste et orienter une foule vers son profil expose une personne à une violence incontrôlable. En effet, cette situation engendre des conséquences que l’on ne maîtrise plus.

Mobilisations des 7 et 8 février : la société civile veut ramener le fond au centre
Plus de 80 organisations, regroupées autour du Collectif Nourrir, annoncent des mobilisations nationales les 7 et 8 février 2026. En effet, celles-ci visent à protester contre la nouvelle proposition de loi. Leur ligne est claire : ne pas rouvrir la porte à des pesticides jugés dangereux pour la santé. En outre, ils souhaitent protéger l’eau et la biodiversité. Par ailleurs, ils veulent interdire les pesticides les plus à risque.
Le 11 février, l’Assemblée nationale doit tenir un débat lié à une pétition citoyenne ayant dépassé 2 millions de signatures. Pour les collectifs, ce seuil dit l’ampleur d’une inquiétude qui dépasse le monde agricole : parents, riverains, soignants, consommateurs.
Ils mettent aussi en avant le coût collectif des choix techniques. Les réseaux d’eau potable doivent dépister et traiter des substances, les collectivités financent la dépollution, et les riverains demandent des garanties. En face, des filières disent manquer d’alternatives efficaces et craignent des pertes de récoltes. Le conflit n’oppose pas seulement ‘agriculteurs’ et ‘écologistes’ : il traverse les territoires et les métiers.
Rima Hassan : parcours, méthode, et pari de la radicalité
À 33 ans, Rima Hassan s’est imposée comme l’un des visages les plus visibles de LFI au Parlement européen. Juriste, née dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab près d’Alep, elle arrive en France enfant, fonde en 2019 l’Observatoire des camps de réfugiés, puis rejoint La France insoumise. Elle est élue eurodéputée le 9 juin 2024.

Son outil privilégié est X : une tribune permanente, une arène, une caisse de résonance. Sur les pesticides, elle se présente comme la porte-voix d’une inquiétude sanitaire. Ses adversaires l’accusent de déplacer le débat vers l’invective. De plus, ils estiment qu’il brouille la frontière entre dénonciation et intimidation.
Reste la question qui dépasse sa personne : la radicalité accélère-t-elle le débat, ou le rend-elle impossible ? Cette semaine, le mot qui frappe a gagné. Mais la loi, elle, continue son chemin : examen, amendements, arbitrages. La démocratie tient dans cet écart.