
Noah Centineo incarnera le jeune John Rambo dans un préquel réalisé par Jalmari Helander, dont le tournage est prévu début 2026 en Thaïlande. L’intrigue, située pendant la guerre du Vietnam, promet de raconter la formation du futur béret vert. Sylvester Stallone est informé mais non impliqué, Lionsgate est pressenti à la distribution. Un passage de témoin risqué qui veut réinventer le mythe sans le trahir.
À retenir
Centineo prend la relève de Stallone dans un préquel de Rambo signé Jalmari Helander ; tournage début 2026 en Thaïlande, récit situé pendant la guerre du Vietnam. Lionsgate est pressenti, Stallone informé mais non impliqué.
L’annonce intervient six ans après le dernier film Rambo, Rambo : Last Blood (2019). Entre-temps, la franchise a vécu sur sa réputation planétaire, un héritage lourd : cinq films sortis entre 1982 et 2019, plus de 850 millions de dollars cumulés au box-office mondial, et une icône culturelle née d’un roman de 1972 signé David Morrell.
Ce que l’on sait du projet
Le long métrage porte pour l’instant le titre « John Rambo » – une appellation déjà utilisée en France pour l’opus de 2008, Rambo 4. Cette origin story suivra Rambo à l’âge des premières cicatrices, avant l’errance racontée dans First Blood (1982), dont elle explore l’origine. Jalmari Helander, cinéaste finlandais habitué au survival musclé, prend la barre du préquel de Rambo. Le duo Rory Haines / Sohrab Noshirvani (Informer, Black Adam) signe le scénario, avec l’ambition d’explorer la formation militaire du héros et les traumatismes qui façonneront son tempérament de béret vert.
La Thaïlande servira de base de production pour une partie du tournage de Rambo, avec des décors tropicaux pouvant évoquer l’Asie du Sud-Est des années 60 et 70. Le clap d’ouverture est visé début 2026 pour Rambo. Côté distribution internationale, rien n’est officialisé ; toutefois, Lionsgate, partenaire récurrent de la saga Rambo, est souvent cité comme favori pour se positionner, sans confirmation à ce stade.
Un passage de témoin inédit
C’est une première : John Rambo sera incarné par un autre comédien que Sylvester Stallone. L’acteur avait façonné le personnage en 1982 avec First Blood, puis dans quatre suites. Il a fréquemment confié qu’un préquel lui paraissait pertinent pour montrer « le garçon parfait » d’avant la guerre. En effet, ce garçon a été métamorphosé par le conflit. Il reste en retrait du projet tout en étant tenu informé, ce qui laisse la porte ouverte à une bénédiction symbolique. De plus, un caméo est possible si le récit le justifie, même si rien n’est annoncé.
Le passage de relais est d’autant plus sensible que Rambo n’est pas qu’un nom : c’est une silhouette, un rythme de jeu, un imaginaire. Centineo devra composer entre filiation et appropriation. Le pari consiste à incarner non pas l’icône statufiée des années 80, mais l’homme avant le mythe. En effet, il s’agit de montrer ses fragilités, ses doutes et cette colère froide qui deviendra sa marque.

Noah Centineo, du teen-movie à l’action
Révélé par les comédies romantiques Netflix « À tous les garçons que j’ai aimés » et « Sierra Burgess Is a Loser », Noah Centineo a progressivement pris le virage de l’action : le rôle d’Atom Smasher dans « Black Adam », l’espion Owen Hendricks dans la série « The Recruit » (La Recrue) et un passage remarqué dans le film de guerre « Warfare » (2025) de Ray Mendoza et Alex Garland. Prochainement, il est pressenti pour incarner Ken dans l’adaptation live-action de « Street Fighter » attendue en 2026.
Avec Rambo, Centineo change d’échelle. Le défi n’est pas tant physique que dramaturgique. Il s’agit de jouer la naissance d’un traumatisme. Cela doit suggérer ce qui, plus tard, mènera à la méfiance envers l’autorité. Ensuite, cela conduit aussi à l’isolement et à la violence maîtrisée. Là où Stallone donnait au personnage sa rugosité et sa lassitude, Centineo devra travailler la faille.
Retour aux origines de Rambo : le Vietnam comme matrice
Le récit devrait se déployer pendant la guerre du Vietnam, matrice de la psyché de Rambo. Dans le roman de David Morrell (1972), l’ancien soldat revient brisé, en conflit ouvert avec un sheriff de province. Le film de 1982 transformera ce matériau en thriller d’action teinté de PTSD. Ensuite, il deviendra le prototype d’un héros solitaire. Les suites conduiront ce héros vers un terrain plus spectaculaire.
Revenir avant les événements de First Blood offre une porte narrative : montrer le soldat compétent, populaire, « capitaine d’équipe » avant la cassure, puis la spirale d’une guerre sale. Le Vietnam n’est pas seulement un décor, mais aussi le creuset où se forme la morale ambivalente. Par ailleurs, il est également le lieu de formation de la colère contenue du personnage.
Un chantier industriel et symbolique
Sur le plan industriel, Millennium Media cherche à réamorcer une franchise qui a vieilli sans disparaître. Cannes a servi de vitrine marché au printemps pour lancer les ventes internationales. La marque Rambo reste rentable : les cinq films totalisent plus de 850 millions de dollars de recettes mondiales. Mais le public de 2025 attend autre chose qu’une simple réplique de l’icône.
Le choix de Jalmari Helander intrigue. Sisu (2022) a montré un sens aigu du cadre, une violence sèche et un goût pour l’action lisible. Sur Rambo, cela peut signifier des séquences de terrain plus immersives, un rapport au corps sans surenchère numérique et, espérons-le, une attention au point de vue. La réussite passera par l’équilibre entre spectacle et intimité.

Stallone, l’ombre tutélaire
Difficile d’imaginer Rambo sans Stallone. Sa signature – posture, diction, économie de mots – a façonné quarante ans de cinéma populaire. L’acteur s’est déjà prononcé pour un regard en arrière sur la jeunesse de Rambo, allant jusqu’à dire qu’il imaginerait un garçon brillant et sportif avant la fracture. Son absence créative sur ce préquel peut offrir à l’équipe la liberté nécessaire. Son regard extérieur, en revanche, pèsera symboliquement au moment de la promotion.
Un titre à clarifier, des attentes à régler
Le choix provisoire « John Rambo » pose un casse-tête en France : il s’agit déjà du titre français de l’opus 2008. Le marketing devra distinguer les œuvres pour éviter la confusion en salles et sur les plateformes. Côté classement, rien n’est indiqué ; l’ADN de la saga fait plutôt pencher vers un R-Rated américain, mais c’est l’écriture qui fixera la barre.
Quant au calendrier, aucune date de sortie n’est communiquée. Avec un tournage prévu début 2026, la sortie ne surviendra pas avant 2027 au plus tôt si l’on considère une post-production classique et une fenêtre festivals/vente.
Ce que vise le préquel
Sur le fond, l’objectif est clair : resserrer Rambo autour d’un arc humain. Dans les années 80, le personnage a dérivé vers la surenchère héroïque. Un retour aux origines peut réconcilier l’intention initiale du portrait d’un ancien combattant cabossé. De plus, cela répond à l’attente d’action contemporaine, plus âpre et sensorielle.
Noah Centineo arrive avec un capital de notoriété auprès d’un public jeune, curieux de le voir se transformer. S’il parvient à installer l’empathie avant la violence, le préquel pourrait élargir la base des spectateurs. Ainsi, il respecterait les fidèles de la première heure.
La franchise en chiffres et en héritage
Créé par David Morrell, Rambo a débuté au cinéma en 1982 sous la direction de Ted Kotcheff. Suivront Rambo : First Blood Part II (1985), Rambo III (First Blood Part III, 1988), Rambo (2008) et Rambo : Last Blood (2019). Ensemble, ces films ont franchi la barre des 850 millions de dollars au box-office mondial.
Au-delà des chiffres, le personnage a cristallisé des débats sur la mémoire de la guerre et le syndrome post-traumatique. De plus, il a abordé la mythologie du justicier, voire la géopolitique des années 80. Un préquel situé dans les années Vietnam peut renouer avec ces sous-textes. Cependant, il faut en faire autre chose qu’un simple décor.

Et maintenant ?
Les repérages doivent s’intensifier en Thaïlande d’ici la fin de l’année, tandis que le casting Rambo s’étoffera autour de Centineo. Reste à connaître qui incarnera les frères d’armes, les officiers, les antagonistes vietnamiens et l’entourage de Rambo. Aucun accord de distribution n’est officialisé et aucun titre définitif n’est arrêté.
Une chose est sûre : Rambo revient, mais autrement. Si Helander trouve la juste distance entre origine et réinvention, et si Centineo réussit la mue, l’icône pourraient retrouver un présent. La réponse appartiendra, comme toujours, aux spectateurs.