
Maïa Mazaurette signe au Salon du livre de Paris, le 15 mars 2009. La scène replace la journaliste dans son territoire d’autrice avant les années ‘Quotidien’. Crédits : Georges Seguin (Okki) / Wikimedia Commons.
Ambre Chalumeau et Maïa Mazaurette doivent quitter Quotidien à la fin de la saison 2025-2026, après six ans sur TMC. Révélée le 8 juin 2026 par Le Parisien, l’information reste sans annonce officielle de TMC, TF1 ou Bangumi. Elle ouvre pourtant une question plus large : que perd un talk-show quand deux chroniques aussi identifiées sortent du plateau en même temps ?
Un double départ annoncé par Le Parisien
Selon Le Parisien, Ambre Chalumeau et Maïa Mazaurette ne rempileront pas à la rentrée 2026 dans l’émission présentée par Yann Barthès. Le quotidien indique que les deux journalistes sont arrivées dans l’écosystème de Quotidien en 2020. Elles quitteront le programme à la fin de la saison en cours. Libération a repris l’information le soir même, en l’attribuant à son confrère.
La seule confirmation personnelle documentée à ce stade vient d’Ambre Chalumeau. Interrogée par Le Parisien, la chroniqueuse culturelle présente son départ comme un choix personnel et apaisé. Elle ne décrit ni rupture publique avec les producteurs, ni départ annoncé vers un concurrent. Pour Maïa Mazaurette, le même article précise qu’elle n’a pas répondu aux sollicitations du quotidien. Cette asymétrie compte : son départ est rapporté par la source initiale, mais ses motivations ne sont pas établies de première main.
À la date du 9 juin 2026, les recherches publiques ne font pas apparaître de communiqué de TMC, TF1 ou Bangumi. Aucun texte officiel ne confirme le calendrier précis, les remplacements éventuels ou l’organisation de la saison 2026-2027. Le dernier passage à l’antenne n’est pas davantage documenté par une source officielle accessible. Ces inconnues limitent le commentaire : le fait principal est solide, l’après reste ouvert.
Six ans de culture et d’intime à l’antenne
Les deux chroniqueuses n’occupaient pas la même place éditoriale. Ambre Chalumeau a installé, au fil des saisons, une chronique culturelle identifiable. Elle y croisait cinéma, livres, théâtre et objets de pop culture. La page officielle de TF1+, publiée le 31 août 2020 lors de son arrivée, la présentait comme responsable de « La BAC ». Cette Brigade des affaires culturelles disait déjà le territoire qu’elle allait occuper.

Maïa Mazaurette, journaliste spécialisée dans les questions de sexualité, a occupé une autre fonction. Elle a fait entrer dans un programme d’access prime time des sujets liés au corps, au désir et au genre. Elle y ajoutait les normes sociales et leurs représentations. La même archive de TF1+ annonçait sa présence pour parler « des corps ». La formule résume assez bien la place qu’elle a prise ensuite dans l’émission.
Ce double départ ne se résume donc pas à deux lignes dans une rubrique casting. Il touche deux registres qui ont contribué à la couleur de Quotidien. D’un côté, la prescription culturelle. De l’autre, l’explication des usages intimes et sociaux. Dans une émission construite sur l’alternance entre actualité, humour, médias, politique et culture, ces séquences donnaient aux chroniqueuses une signature reconnaissable.
Une recomposition de plateau, pas une crise établie
Sur son site, TF1+ présente encore Quotidien comme un rendez-vous d’information, de culture et d’humour. La page associe Yann Barthès à son équipe. Elle liste Ambre Chalumeau et Maïa Mazaurette parmi les chroniqueurs, ce qui confirme surtout leur présence dans l’architecture récente du programme. Elle ne dit rien, en revanche, d’un départ, d’une future grille ou d’une stratégie de renouvellement.
Il serait donc excessif de lire, dans ces sorties simultanées, la preuve d’une crise interne. Le départ d’Ambre Chalumeau est décrit comme choisi. Celui de Maïa Mazaurette n’est pas accompagné d’un récit personnel vérifiable. Aucun élément public ne permet d’affirmer une volonté précise de Yann Barthès, Laurent Bon, Bangumi ou TMC. On ne peut donc pas leur prêter un remodelage de l’émission autour de cette double absence.
Le renouvellement éditorial reste donc une hypothèse, pas une conclusion. Dans un talk-show quotidien, les chroniqueurs ne sont pas de simples présences de plateau. Ils portent des angles, des routines, des territoires de langage. Si leurs séquences changent de forme ou disparaissent, la question ne sera pas seulement de savoir qui les remplace. Elle portera aussi sur le type de conversation que l’émission voudra préserver.

Ce que la rentrée devra clarifier
Le principal point à suivre concerne la rentrée 2026. Quotidien devra dire si les chroniques portées par Ambre Chalumeau et Maïa Mazaurette disparaissent, changent de forme ou passent à d’autres voix. L’enjeu est plus net pour les séquences spécialisées. La culture et les questions de sexualité ou de genre demandent une continuité éditoriale, mais aussi une incarnation crédible.
La trajectoire d’Ambre Chalumeau compte dans ce contexte, mais elle ne suffit pas à expliquer la suite de l’émission. Le Parisien rapporte qu’elle veut explorer autre chose, sans détailler de projet précis. Pour Quotidien, l’enjeu immédiat est plutôt de savoir si la prescription culturelle très identifiée qu’elle portait restera un repère fort du programme.
Pour Maïa Mazaurette, la prudence est encore plus nécessaire. Ses travaux sur le désir, les corps et les rapports de genre ont contribué à banaliser des sujets longtemps cantonnés à des formats spécialisés. Mais aucun élément vérifié ne permet de dire ce qu’elle fera après Quotidien, ni comment elle présente elle-même ce départ. La question, côté émission, est donc celle de la place que ces thèmes garderont dans un format d’access prime time.
Dans l’immédiat, l’information vaut surtout comme indice possible d’un cycle qui se ferme. Deux chroniqueuses arrivées en 2020 quittent le plateau au même moment. C’était la période où l’émission consolidait son équipe d’après-Petit Journal. Pour Quotidien, la prochaine saison dira si ce départ commun reste un simple renouvellement de visages. Elle montrera aussi s’il modifie la manière dont le programme parle de culture, d’intime et de société.