
Sur scène, les musiciens d’Elements of Rock jouent sous des halos bleus, face à une foule compacte. L’image saisit l’énergie d’une salle où la proximité avec le public façonne le spectacle. Crédits : Lahminewski Lab / Wikimedia Commons, CC BY 4.0.
Depuis le 5 août 2026, plusieurs humoristes mettent en cause le Paname Art Café, à Paris. Leurs accusations portent sur les paiements, la programmation et les méthodes de sa direction. À l’origine de cette vague de témoignages, Sylvain Fergot affirme avoir été écarté après avoir demandé à être rémunéré. Le comedy club conteste ces accusations, tandis que le conflit soulève aussi la question du statut des artistes du spectacle.
Une vidéo qui libère les témoignages
Dans une vidéo publiée sur Instagram, Sylvain Fergot dit avoir travaillé huit ans au Paname. Il affirme que ses dates d’août ont été annulées après une demande de paiement. Il évalue la perte à 500 à 1 000 euros par mois, soit environ un tiers de ses revenus. Les extraits audio qu’il diffuse font entendre l’annulation de ses passages, puis la menace de rompre la collaboration. Leur intégralité et leur contexte n’ont toutefois pas été vérifiés indépendamment.
La prise de parole a été suivie d’autres récits. Deux humoristes interrogées anonymement par France Culture témoignent de pratiques distinctes. La première affirme que des dates pouvaient être supprimées sans avertissement. Selon elle, l’objectif était de lui faire vivre une humiliation publique. La seconde rapporte des représentations non payées lorsque la salle n’atteignait pas une jauge minimale. L’humoriste Najim Ziani évoque, lui, des critères de rémunération variables selon l’ancienneté et la notoriété.
Comment fonctionne le Paname comedy club ?
Le Paname Art Café est un restaurant doté d’une salle de stand-up en sous-sol, dans le 11e arrondissement. Fondé en 2008 par Karim Kachour, présenté comme son gérant, il est devenu une scène importante pour les jeunes humoristes. Cette capacité à lancer des carrières nourrit, selon les témoins, un rapport de force défavorable aux artistes. Les règles de programmation et de paiement ne seraient ni écrites ni prévisibles.
Des humoristes entendus par France 3 Paris Île-de-France disent avoir été rémunérés sur facture selon des barèmes qu’ils jugent opaques. Ces témoignages convergent sur la nature des griefs. Sans contrats, factures ni relevés de programmation, ils ne permettent cependant pas d’établir chaque pratique alléguée.

Le Paname conteste les accusations
La direction a qualifié les accusations de « fallacieuses » et la démarche de Sylvain Fergot de « coup de com » auprès du Parisien. Elle a indiqué réfléchir aux suites à donner. Sollicitée séparément par France Culture et France 3, elle n’avait pas accordé d’entretien au 7 août. Le gérant a également renvoyé Le Dauphiné libéré vers son avocat, qui n’avait pas répondu à la date du reportage.
Ce contradictoire reste donc incomplet. Aucun élément public consulté ne permet d’établir, à ce stade, l’existence d’un signalement à l’inspection du travail. Il ne permet pas davantage de confirmer une procédure judiciaire liée aux faits dénoncés.
Ce que dit le droit des artistes du spectacle
Les articles L7121-3 et L7121-4 du Code du travail encadrent le concours rémunéré d’un artiste du spectacle. Le premier prévoit une présomption de contrat de travail, sauf conditions particulières liées à l’exercice commercial de l’activité. Le second précise que cette présomption subsiste quels que soient le mode de rémunération et le nom donné au contrat.
Ces dispositions ne suffisent pas à qualifier juridiquement les situations rapportées au Paname. Il faudrait examiner les contrats, les conditions réelles de travail et les paiements de chaque artiste. Le débat ouvert par les humoristes porte ainsi sur des pratiques professionnelles encore à documenter, et non sur une infraction déjà établie.