Mylène Farmer prête sa voix à l’IA de « Dalloway » et appelle à protéger la création

Mylène Farmer prête sa voix à l’IA du film ‘Dalloway’. Elle lancera un Appel à protéger la création contre les ‘imposteurs’. Cannes 2025. Sortie : 17 septembre 2025.

À trois jours de la sortie française du film Dalloway (17 septembre 2025), Mylène Farmer prête sa voix à l’IA centrale du nouveau film de Yann Gozlan et appelle à un sursaut : protéger la création face aux « imposteurs ». Présentée à Cannes en mai, l’adaptation du livre de Tatiana de Rosnay met en scène Cécile de France en romancière sous influence numérique, à la frontière mouvante entre assistance technologique et emprise.

Repères : sortie, distribution et adaptation

Mylène Farmer prête sa voix à l’IA du film ‘Dalloway’, qui hante le nouveau long-métrage de Yann Gozlan. Présenté en Séance de minuit au Festival de Cannes en mai 2025, le film arrive dans les salles françaises le 17 septembre 2025. Dans le film, Cécile de France joue Clarissa, une romancière en manque d’inspiration. L’assistant numérique la secourt d’abord, mais il devient ensuite une présence intrusive. Anna Mouglalis complète la distribution. Le scénario adapte librement le roman dystopique Les Fleurs de l’ombre de Tatiana de Rosnay.

Un thriller d’anticipation tiré de Tatiana de Rosnay

Le récit transpose au cinéma l’univers du roman Les Fleurs de l’ombre.
Clarissa, écrivain en quête d’un nouveau souffle, rejoint une résidence ultraconnectée censée stimuler la création.
L’assistante numérique « Dalloway » s’y révèle d’abord précieuse… mais le dispositif dérape : l’aide devient contrôle, l’efficience se mue en surveillance.
Cette dérive nourrit un thriller d’anticipation où l’algorithme prétend calibrer l’inspiration jusqu’à tenter de la remplacer.

Du livre à l’écran : ce que l’adaptation change

Le roman explore l’intériorité d’une autrice fragilisée par le doute. Yann Gozlan en tire un film d’atmosphère fidèle au sentiment d’étrangeté, mais plus sensoriel : architecture connectée, interfaces omniprésentes, voix enveloppante.
Là où la page déplie les pensées, l’image privilégie les signaux : notifications, portes qui s’ouvrent, objets qui parlent.
Clarissa avance dans un monde optimisé pour elle – et c’est bien cela qui inquiète.

Une voix qui veille et s’immisce : dans le film ‘Dalloway’, l’aide devient emprise. Adapté de Tatiana de Rosnay, avec Cécile de France.
Une voix qui veille et s’immisce : dans le film ‘Dalloway’, l’aide devient emprise. Adapté de Tatiana de Rosnay, avec Cécile de France.

« Une IA n’a pas d’âme » : la mise en garde de Mylène Farmer

L’artiste résume le dilemme : l’IA fascine mais interroge la singularité de la création.
Farmer dit utiliser des outils comme ChatGPT pour des tâches pratiques, tout en avertissant : « Il faut savoir s’en servir et ne pas devenir l’esclave de cet outil ».
Surtout : « Une IA n’a pas d’âme ». La scène, la rencontre avec le public, l’émotion partagée – autant d’expériences qui ne se téléchargent pas. D’où son appel à « protéger la création, les créateurs contre les imposteurs ».

Cécile de France plaide pour un encadrement ferme

L’actrice privilégie l’angle juridique : encadrer l’IA, sanctionner les géants de la tech, installer des garde-fous pour artistes et spectateurs.
Ce discours dialogue avec le film : Clarissa croit dompter l’outil avant d’en subir la logique.
La question touche au droit d’auteur, à la traçabilité et à la confiance du public.

Comment la voix de « Dalloway » a été intégrée au tournage

Les répliques de Mylène Farmer ont été enregistrées en amont puis diffusées à l’oreillette de Cécile de France pendant les prises.
Effet recherché : une présence intime et constante de l’IA, accentuant la confusion entre aide et emprise.

Un débat public relancé par des prises de parole médiatisées

Le 14 septembre 2025, au 20H de TF1, Mylène Farmer et Cécile de France ont rappelé l’intérêt d’outils d’IA mais aussi leurs dérives.
Dans la presse (Le Parisien, Public), Farmer appelle à protéger les créateurs, Cécile de France plaide pour des règles claires.

Mylène Farmer, que l'on va retrouver au cinéma, rapelle qu'une IA n'a pas d'âme. Si elle n'est pas opposée à ces outils, elle appelle toutefois à la vigilance.
Mylène Farmer, que l’on va retrouver au cinéma, rapelle qu’une IA n’a pas d’âme. Si elle n’est pas opposée à ces outils, elle appelle toutefois à la vigilance.

Contenus synthétiques, clones vocaux, « imposteurs » : de quoi parle-t-on ?

Le terme « imposteurs » renvoie à des contenus générés qui imitent la signature d’un artiste sans en porter la paternité.
Clones vocaux, images de synthèse, performances reproduites par des modèles nourrissent cette inquiétude.
Le film illustre ce glissement : l’outil assiste puis s’impose.
D’où l’importance de marqueurs d’authenticité et d’un cadre juridique pour distinguer inspiration et usurpation.

Une tradition de la voix au cinéma et l’école du suspense

Donner une voix à une présence hors-champ est un procédé classique : narrateurs invisibles, voix off, entités mystérieuses.
Dans Dalloway, la voix reconnaissable de Mylène Farmer devient un personnage.
La mise en scène privilégie la suggestion et l’attente, jouant sur notifications, portes qui cèdent, écrans qui veillent.

Stratégie de promotion et réception attendue

La promotion du film se poursuit via entretiens exclusifs, télévisions et presse magazine.
Le message central : outiller le public pour comprendre l’IA tout en mesurant son emprise.
Sortie prévue le 17 septembre 2025, avec un bouche-à-oreille porté par l’actualité du sujet et un casting solide.

Débat relancé sur l’IA créative : encadrement et traçabilité au cœur du jeu.
Débat relancé sur l’IA créative : encadrement et traçabilité au cœur du jeu.

Ce que dit le droit européen en 2025

Le règlement européen sur l’IA (AI Act) est entré en vigueur le 1er août 2024.
Ses premières dispositions s’appliquent depuis le 2 février 2025 : définition d’un système d’IA, obligations de transparence, interdictions ciblées.
Les échéances s’étalent jusqu’en 2026.
Pour la culture, cela implique :

  • transparence (dire quand une voix ou une image est générée),
  • traçabilité (documenter les données d’entraînement),
  • proportionnalité (adapter les obligations selon le risque).

Pourquoi ce film parle d’aujourd’hui

Au-delà du suspense, Dalloway pointe une anxiété contemporaine : externaliser des gestes créatifs.
La promesse d’efficacité séduit, mais la dépendance guette.
Farmer dénonce les « imposteurs » : pas les outils, mais l’usurpation de la création.
Cécile de France rappelle l’importance d’un encadrement juridique.
Le film, lui, suggère une voie : réaffirmer l’intention comme critère. Une IA peut aider, pas vouloir.

Écologie du numérique : une question en filigrane

La discussion sur l’IA rejoint celle des empreintes environnementales du numérique.
Sans être un film militant, Dalloway interroge la prolifération d’objets connectés et la dépendance aux assistances.
La sobriété – modérer les usages, privilégier l’essentiel – devient aussi un choix humaniste.

Cet article a été rédigé par Émilie Schwartz.