
Une silhouette masculine, cheveux longs et chapeau, se détache dans une lumière neutre. Cette image d’illustration accompagne le compte rendu judiciaire sans représenter le prévenu. Crédits : Unsplash / Freerange Stock.
Ce vendredi 7 août 2026, Moha la Squale comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris. La procédure porte sur quatre infractions liées à des violences présumées sur deux femmes, en mai, à son domicile du XVIIIe arrondissement. Après le renvoi de sa comparution immédiate, le rappeur a été placé en détention provisoire. Il est notamment poursuivi pour violences volontaires en état d’ivresse et en récidive légale. Le jugement n’était pas encore connu.
Une audience renvoyée pour une expertise psychiatrique
L’affaire devait être examinée le 29 mai en comparution immédiate. Cette procédure permet de juger rapidement un prévenu après sa garde à vue. Selon une dépêche de l’AFP publiée par franceinfo, le tribunal a finalement renvoyé l’audience. Ce renvoi devait permettre une expertise psychiatrique de Mohamed Bellahmed, le nom civil de Moha la Squale. Il a été maintenu en détention provisoire. La juridiction a notamment retenu des risques de réitération et de pression sur les deux plaignantes.
Les poursuites portent sur quatre infractions. Le parquet de Paris a indiqué à Ouest-France que l’une concernait des violences volontaires. Elles auraient entraîné cinq jours d’incapacité totale de travail, ou ITT, en état d’ivresse manifeste. En droit pénal, l’ITT mesure l’incidence des blessures sur les actes de la vie courante. Elle ne correspond pas nécessairement à un arrêt professionnel. Le libellé complet des quatre chefs n’avait pas été rendu public avant l’audience.
Deux récits de violences encore soumis au tribunal
Dans la nuit du 26 au 27 mai, des voisins ont appelé la police. Ils avaient entendu des cris, des bruits de coups et une femme demander de l’aide, selon le récit du parquet. Les policiers auraient forcé la porte de l’appartement, où ils auraient découvert une femme portant plusieurs traces de coups. Le rappeur a été interpellé après avoir quitté les lieux par une fenêtre, toujours selon le ministère public.
La première plaignante a déclaré qu’elle connaissait le prévenu depuis quelques jours. D’après son récit rapporté par le parquet, il l’aurait frappée après avoir constaté la disparition d’une montre. Une seconde femme, présente plus tôt dans la soirée, a affirmé avoir été giflée. Ces déclarations et les éléments matériels doivent désormais être discutés contradictoirement devant le tribunal, avec la défense du prévenu.
La récidive légale peut alourdir la peine
La récidive légale n’est pas la simple répétition d’une accusation. Elle suppose que plusieurs conditions fixées par la loi soient réunies. Parmi elles figurent une condamnation antérieure définitive et un lien juridique entre les infractions. Si le tribunal la retient, elle peut augmenter la peine maximale encourue. Ouest-France indique que Moha la Squale encourt jusqu’à six ans d’emprisonnement dans cette procédure. Ce plafond ne préjuge ni des réquisitions du parquet ni de la décision des juges.
Une condamnation de 2024 à distinguer des faits actuels
Le 5 juillet 2024, le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à quatre ans d’emprisonnement. Cette peine comprenait un an assorti d’un sursis probatoire de deux ans. Elle sanctionnait des violences, menaces de mort et séquestrations concernant six anciennes compagnes. Selon le compte rendu de Libération, ce procès avait duré quatre jours, du mardi au vendredi. Moha la Squale avait été libéré le 25 août 2025, compte tenu de la détention provisoire déjà effectuée avant ce procès.
Cette condamnation explique pourquoi la question de la récidive est débattue, mais elle ne constitue pas une preuve des accusations de mai 2026. Celles-ci doivent être jugées séparément. Tant qu’aucune décision n’est rendue, Mohamed Bellahmed reste présumé innocent des faits poursuivis dans ce nouveau dossier.