
Crédits : Everwest / Wikimedia Commons — CC BY 4.0.
Une casquette noire, une veste ajustée, un gilet et des bottes hautes. Le 26 septembre, Jennifer Lopez assiste au défilé Dolce & Gabbana dans un ensemble qui emprunte au vestiaire masculin. La veille, chez Gucci, Cardi B s’enveloppait d’une imposante pièce blanche à l’aspect fourrure. Lou Doillon associait, elle, un haut sombre près du corps à un pantalon ample. Trois constructions de silhouette, trois manières d’occuper le premier rang.
Ces apparitions appartiennent à la Fashion Week de Milan de septembre 2026, consacrée aux collections féminines printemps-été 2027. Le calendrier de la Camera Nazionale della Moda Italiana fixe cette édition du 22 au 28 septembre. Gucci défile le vendredi 25, puis Dolce & Gabbana le samedi 26. Les trois invitées évoluent donc dans deux défilés distincts.
Rapprocher leurs tenues permet de comprendre ce que les célébrités ajoutent au récit des maisons. La coupe, le volume et les accessoires rendent chaque silhouette immédiatement identifiable. Un même registre, celui du glamour, peut ainsi accueillir des choix opposés. La précision du costume répond à l’exubérance d’un vêtement enveloppant.
Jennifer Lopez, la précision du costume
Pour Jennifer Lopez, l’effet repose sur une succession de pièces coordonnées. Dans les crédits publiés par Dolce & Gabbana, la veste et le pantalon sont en velours noir. Ils s’accompagnent d’un gilet noir, d’une chemise blanche, d’une cravate en soie noire et de bottes en cuir noir. La maison rattache cet ensemble à sa collection automne-hiver 2026. La tenue de l’invitée appartient ainsi à une autre saison que celle présentée sur le podium.
La chemise apporte un point de lumière dans cet ensemble sombre. Le gilet prolonge la construction de la veste et la cravate resserre la composition autour du col. La casquette introduit un accent plus quotidien dans ce vocabulaire de cérémonie. Associée aux bottes hautes, elle autorise une lecture équestre de la silhouette, sans transformer celle-ci en tenue d’équitation.
Les bijoux déplacent encore le registre. Dolce & Gabbana précise que la broche associe or jaune, or blanc, tourmaline verte et diamants. Sur le fond noir, elle fournit un détail lumineux qui se découvre après la coupe générale. Le vêtement dessine d’abord une ligne ; le bijou invite ensuite à regarder de plus près.

Cette précision trouve un écho dans le propos du défilé « Stravaganza Siciliana ». La maison met en avant la réappropriation d’un vestiaire familial. Dentelles pastel, imprimés léopard, brocarts et lingerie se combinent avec des pièces taillées avec netteté. L’Associated Press décrit également des vêtements transmis d’une génération à l’autre, puis recomposés.
Le costume de Lopez offre une expression contenue de ce goût de l’assemblage. Le 22 septembre, elle participait déjà à Vogue World : Milano dans une robe noire Dolce & Gabbana. Vogue, organisateur de l’événement, avait documenté cette apparition. Le passage de la robe au trois-pièces révèle l’étendue du vocabulaire emprunté à une même maison en une semaine.
Cardi B, le volume comme point de départ
Chez Gucci, Cardi B construit une image autour d’un élément immédiatement lisible. Une pièce blanche, duveteuse et très volumineuse, recouvre une tenue noire. Le contraste se joue à la fois dans les couleurs et dans les contours. La masse claire enveloppe le haut de la silhouette, tandis que la base sombre en souligne l’ampleur.
On peut parler ici de maximalisme, au sens d’un volume volontairement exagéré. L’effet vient surtout de l’échelle donnée à cette pièce. Une palette réduite suffit à produire une présence spectaculaire ; la texture ajoute du relief au contraste entre le noir et le blanc.

Le cadre du show accentue cette présence. Pour « The Store Show », Demna a transformé l’espace en boutique Gucci. D’après le compte rendu de l’Associated Press, les mannequins circulaient entre vitrines de bijoux, sacs exposés et portants de vêtements. Cardi B prenait place sur un canapé. Le décor rapprochait ainsi la présentation d’une collection de l’expérience d’un magasin. Les célébrités se trouvaient au cœur de cette mise en scène.
Lou Doillon, le noir travaillé par les proportions
Lou Doillon assiste au même défilé avec une proposition plus resserrée. Son haut à manches longues suit le buste, tandis que le pantalon s’élargit. Des escarpins pointus prolongent l’ensemble. Les manchettes dorées introduisent quelques accents lumineux dans cette tenue sombre, sans en modifier la continuité.
La coupe suffit à créer le contraste. Le haut ajusté donne un point de départ net à l’ampleur du pantalon ; les chaussures apportent une terminaison plus fine. Le regard passe ainsi d’une proportion à l’autre. La matière exacte du pantalon reste incertaine : les descriptions oscillent entre cuir et satin. Sa coupe ample constitue, elle, le point stable de cette lecture.
L’allure peut être qualifiée de rock pour son noir dominant, sa relative économie d’accessoires et la place donnée aux bijoux métalliques. Ce terme décrit une impression stylistique. La silhouette conserve une construction précise, fondée sur l’équilibre entre une partie supérieure ajustée et davantage de liberté dans le bas.

La comparaison avec Cardi B est particulièrement éclairante parce que les deux femmes partagent le même cadre. L’une organise sa tenue autour d’un volume blanc qui domine l’ensemble. L’autre répartit les effets entre la coupe du pantalon, la pointe des chaussures et l’éclat des manchettes. Le premier rang accueille ces deux interprétations sans leur imposer une silhouette commune.
Deux maisons, plusieurs façons de se reconnaître
Dans sa communication sur « The Store Show », Gucci présente la collection comme un lieu de rencontre. Elle y réunit des personnes aux goûts et aux profils éloignés. Le voisinage stylistique de Cardi B et Lou Doillon donne une traduction concrète de cette intention. La marque peut être reconnaissable tout en laissant coexister l’exubérance et la retenue.
Chez Dolce & Gabbana, cette circulation d’images accompagne une recherche de renouvellement de la clientèle. L’Associated Press souligne que les créateurs s’adressent à des clientes plus jeunes. Ils mélangent pour cela pièces héritées et éléments contemporains. Le costume porté par Jennifer Lopez, déjà rattaché à l’automne-hiver, dialogue avec la collection suivante. Sa présence fait circuler plusieurs saisons de la maison dans une même séquence d’images, tout en leur donnant un visage familier.
Ces tenues révèlent enfin deux temporalités de la mode. Le podium présente le printemps-été 2027 ; les invitées composent une apparition pour septembre 2026. Leur rôle visuel tient à cette capacité de rapprocher un univers de marque d’une personnalité reconnaissable. Casquette sur costume, volume blanc enveloppant ou manchettes sur silhouette noire : le premier rang donne aux vêtements des signes distinctifs. Ceux-ci continuent d’exister une fois le défilé terminé.