
Face aux sommets, un randonneur avance avec son sac à dos dans une lumière claire. La silhouette solitaire évoque une trajectoire suspendue entre deux territoires. Crédits : PxHere.
Mehdi Laribi a été interpellé en Algérie à la fin de juillet 2026, puis placé sous contrôle judiciaire. Les enquêteurs le présentent comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia. Visé par un mandat français lié à l’enquête Octopus, il n’est pas détenu. L’affaire illustre une reprise de la coopération judiciaire franco-algérienne, sans éclaircir les conditions d’une éventuelle remise à la France.
Une interpellation confirmée, une date encore incertaine
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a confirmé l’interpellation mercredi 5 août sur son compte X. Il a qualifié la personne arrêtée de « cible prioritaire de la justice française » dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée. Le garde des Sceaux a remercié les autorités algériennes. Il a évoqué une coopération avec le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et le parquet de Marseille.
Franceinfo, à l’origine de l’information, indique que Mehdi Laribi, 36 ans, est surnommé « Tic ». Des sources policières le présentent comme l’un des cinq ou six fondateurs du groupe criminel marseillais. Ce rôle allégué correspond aux soupçons des enquêteurs : il n’a pas été établi par une condamnation.
La date exacte demeure incertaine. BFMTV et RTL situent l’interpellation au 20 juillet, tandis qu’ICI la date du 31 juillet. Faute d’acte officiel publié permettant de trancher, seule la période de la fin juillet peut être tenue pour suffisamment établie.
Le mandat français renvoie à l’enquête Octopus
Le parquet de Marseille a décrit à BFMTV les soupçons visés par le mandat. Ils concernent la direction d’un groupe destiné au trafic de stupéfiants, l’association de malfaiteurs et le blanchiment. Les actes de procédure ne sont pas publics. Le statut procédural précis de Mehdi Laribi en France ne peut donc pas être confirmé indépendamment, notamment l’existence d’une mise en examen.
Ce mandat s’inscrit dans l’enquête « Octopus », consacrée au fonctionnement et au financement présumés de la DZ Mafia. Selon franceinfo, 42 personnes ont été interpellées les 9 et 10 mars 2026 dans cette opération. À l’issue de cette vague, 26 suspects ont été mis en examen et 15 placés en détention provisoire. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a confirmé ces chiffres lors d’une conférence de presse le 14 mars.
L’interpellation de Mehdi Laribi prolonge cette offensive judiciaire. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de mesurer ses effets sur la structure ou les activités de la DZ Mafia.

Sous contrôle judiciaire en Algérie, sans détention
Franceinfo et l’AFP rapportent que Mehdi Laribi a été placé sous contrôle judiciaire après son interpellation et qu’il n’est pas incarcéré. La juridiction algérienne saisie, les obligations qui lui ont été imposées et le calendrier de la procédure n’ont pas été rendus publics.
Sa double nationalité franco-algérienne est également rapportée par une source judiciaire citée par l’AFP. Cet élément ne suffit pas à déterminer la suite du dossier. Aucune demande d’extradition ou autre procédure de remise à la France n’a été annoncée publiquement. Le contrôle judiciaire algérien ne préjuge pas non plus d’une décision future.
La distinction est essentielle : l’exécution du mandat français a permis une interpellation. Elle n’équivaut ni à une détention en Algérie ni à un transfert vers la France. Une éventuelle remise n’est donc, à ce stade, ni acquise ni exclue.
La coopération franco-algérienne mise à l’épreuve
Cette séquence intervient après le déplacement de Gérald Darmanin à Alger les 17 et 18 mai. À son issue, la France et l’Algérie ont annoncé une « reprise concrète » de leur « coopération judiciaire opérationnelle ». L’exécution du mandat montre qu’une coordination opérationnelle a été possible. Elle ne prouve pas, en revanche, que le rapprochement politique a déterminé à lui seul la décision de la justice algérienne.
Le Pnaco est spécialisé dans les dossiers les plus graves de criminalité organisée. Le ministre le cite, avec le parquet de Marseille, parmi les partenaires français de cette coopération. Leur intervention précise, comme celle des autorités algériennes après l’interpellation, n’a pas encore été détaillée dans un document public.
L’avancée judiciaire reste ainsi circonscrite. Mehdi Laribi est soumis à une mesure de contrôle en Algérie. Le mandat français demeure au cœur de l’enquête Octopus. Présumé innocent, il ne peut être présenté comme coupable des infractions visées tant qu’aucune décision définitive n’a été prononcée.
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