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Un nouveau mandat d’arrêt contre Evo Morales a été annoncé en Bolivie le 29 juillet 2026. Le parquet de Santa Cruz soupçonne l’ancien président d’avoir contribué aux blocages routiers. Ces barrages ont paralysé le pays pendant plus de sept semaines, au cœur d’une grave crise économique. Transmis à la police, l’ordre n’a pas encore été exécuté. Morales conteste les accusations et dénonce une persécution politique.
Un mandat d’arrêt transmis à la police
Le parquet départemental de Santa Cruz a émis l’ordre contre Evo Morales dans une enquête ouverte après les barrages de mai et juin. Les éléments du mandat rendus publics indiquent qu’il a été signé par le procureur Brayan Melgar. Ils attribuent à l’ancien chef de l’État six infractions présumées. Parmi elles figurent le terrorisme et le soulèvement armé contre la sécurité et la souveraineté de l’État. Le parquet cite aussi l’atteinte à la sécurité des transports et l’incitation publique à commettre une infraction.
Ces qualifications sont celles de l’accusation. Elles ne constituent ni une condamnation ni la preuve qu’Evo Morales a dirigé les blocages. Les pièces ne sont pas accessibles dans leur intégralité. Elles permettraient d’identifier précisément les actes reprochés et les éléments retenus contre lui.
L’enquête fait suite à une plainte du Comité pro Santa Cruz. Cette organisation civique influente dans l’est du pays a ensuite été rejointe par le ministère de l’Intérieur. Le procureur général Roger Mariaca a confirmé l’existence de ce mandat et d’un autre ordre d’arrestation plus ancien. D’après ses déclarations du 29 juillet, le procureur chargé du dossier a appliqué l’article 226 du code de procédure pénale bolivien. Sous certaines conditions, cette disposition autorise une arrestation sans convocation préalable. Elle exige des indices suffisants ainsi qu’un risque de fuite ou d’entrave à l’enquête.
Mariaca a précisé que la police devait exécuter l’ordre. Le ministère public pourrait accompagner une perquisition ou une autre opération si les policiers le demandaient, à condition que leur sécurité soit garantie. Le 30 juillet, le président du Tribunal suprême de justice, Romer Saucedo, a déclaré que les mandats en vigueur devaient être appliqués. Cette prise de position ne fixe toutefois ni date ni méthode d’intervention.
Les blocages en Bolivie, un mouvement composite
La procédure pénale porte sur une contestation née au début de mai. Le pays est alors confronté à l’inflation, au manque de devises et aux pénuries de carburant. La Centrale ouvrière bolivienne, des organisations paysannes et indigènes, des ouvriers, des mineurs, des transporteurs et des producteurs de coca ont participé aux mobilisations. Leurs demandes n’étaient pas toutes identiques : elles allaient de mesures salariales et économiques à la démission du président Rodrigo Paz.
Le 18 mai, des partisans d’Evo Morales ont rejoint la mobilisation. Elle coupait déjà La Paz d’une partie du pays depuis environ deux semaines. Cette chronologie ne permet donc pas de réduire l’ensemble du mouvement à une opération de l’ancien président. Elle n’exclut pas non plus l’examen judiciaire d’éventuelles responsabilités individuelles.

Au plus fort du conflit, plus d’une centaine de barrages ont entravé la circulation. Les villes de La Paz et d’El Alto ont subi de graves difficultés d’approvisionnement en nourriture, médicaments et carburant. Le 7 juin, le Parlement a autorisé le recours aux forces armées pour aider à dégager les routes. Rodrigo Paz a ensuite proclamé l’état d’exception le 20 juin, après un accord avec la principale centrale syndicale. D’autres groupes, notamment paysans et producteurs de coca du Chapare, ont alors maintenu certains barrages.
La durée exacte varie selon les sources. La dépêche de l’Agence France-Presse retient cinquante jours. Le parquet et plusieurs médias boliviens en comptent cinquante-trois. Le point établi est celui d’une paralysie d’environ sept semaines, entre mai et juin 2026.
Ce que conteste Evo Morales
Dans une publication diffusée sur X le 29 juillet, Evo Morales reconnaît être visé par une nouvelle ordonnance. Celle-ci l’accuse notamment de terrorisme et de soulèvement armé. Il nie toute responsabilité pénale. Selon lui, le gouvernement cherche à lui imputer les mobilisations pour détourner l’attention de la crise économique et sociale. Cette thèse est sa position politique ; elle n’est pas établie par une décision de justice.
Rodrigo Paz accuse au contraire l’ancien président d’avoir orchestré la contestation. À ce stade, aucune décision sur le fond n’a tranché entre ces versions. Le mandat permet l’arrestation et la conduite de l’intéressé devant les autorités chargées de l’enquête. Il ne préjuge pas de sa culpabilité.
Deux procédures à ne pas confondre
Evo Morales se trouve dans le Chapare, son fief politique et syndical du centre de la Bolivie. Il y est retranché depuis l’ouverture d’une autre procédure en 2024. Menée dans le département de Tarija, elle porte sur des faits présumés de traite de personnes. Il conteste également ces accusations. Ce premier dossier est juridiquement distinct de l’enquête sur les blocages de 2026. Il ne constitue pas un élément de preuve dans celle-ci.
La présence de nombreux soutiens autour de l’ancien président complique une éventuelle opération policière. Le procureur général demande des garanties avant l’exécution du nouveau mandat. La question relève donc autant de la sécurité que de la procédure. En l’absence d’un calendrier officiel, aucune arrestation imminente ne peut être annoncée. La publication intégrale du mandat et des faits individualisés reprochés à Evo Morales demeure l’étape nécessaire pour mesurer la solidité du dossier.
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