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Le Louvre rend de nouveau accessible la galerie d’Apollon le mercredi 22 juillet 2026. Le lieu était fermé depuis le vol de huit joyaux de la Couronne, neuf mois plus tôt. Au premier étage de l’aile Denon, la salle 705 rouvre sans vitrines ni objets précieux. Le musée recentre la visite sur ses décors historiques. La protection et le futur lieu d’exposition des bijoux restent, eux, au cœur des arbitrages.
Une galerie ouverte, mais sans ses vitrines
Le premier changement est immédiatement perceptible : les vitrines et les pièces précieuses ont disparu. Dans son communiqué de réouverture, le Louvre explique avoir retiré les collections. Peintures, sculptures et circulation dans la salle retrouvent ainsi toute leur place. La galerie d’Apollon reprend sa fonction de galerie d’apparat, conçue pour impressionner autant que pour relier différents espaces du palais.
Pour savoir où se trouve la galerie d’Apollon au Louvre, il faut gagner le premier étage de l’aile Denon, salle 705. Longue de 61,34 mètres et haute de 15 mètres sous plafond, elle couvre environ 600 mètres carrés. Elle relie la rotonde d’Apollon au Salon carré et ouvre vers la Grande Galerie. Son plan en fait à la fois un monument et un passage au sein du musée.
La réouverture ne rétablit donc pas la présentation antérieure. Le public retrouve le lieu, mais pas l’écrin des diamants de la Couronne qui contribuait à sa célébrité. Ce choix rend la déambulation plus fluide et déplace le centre de gravité de la visite. L’attention se porte désormais sur le plafond, les stucs, les peintures et l’ampleur de la perspective.

Le décor redevient l’objet principal de la visite
La galerie d’Apollon est plus ancienne que le musée lui-même. Après l’incendie qui ravage la Petite Galerie en 1661, Louis Le Vau est chargé de reconstruire l’espace. Charles Le Brun imagine ensuite un programme consacré à Apollon, dieu du Soleil et des arts. Sur la voûte, sa course organise les heures, les saisons, les éléments et les planètes.
Le chantier commence sous Louis XIV, puis s’interrompt lorsque la cour et les artistes se tournent vers Versailles. La décoration se poursuit pendant plus de deux siècles, avec des interventions d’artistes tels que François Girardon, Jean-Jacques Lagrenée et Eugène Delacroix. Cette longue histoire explique l’unité singulière du lieu : un décor royal du XVIIe siècle achevé par strates, jusqu’au XIXe siècle.
Le Louvre rappelle aussi que cette galerie a servi de modèle à la galerie des Glaces de Versailles. La regarder sans mobilier ni vitrines permet de mieux lire cette filiation. La lumière y célèbre pareillement le pouvoir. Peintures et sculptures transforment, elles aussi, un espace de circulation en spectacle politique.
Mais le vide n’est pas neutre. Il révèle le décor tout en matérialisant l’absence des joyaux. La nouvelle présentation peut être comprise comme un retour aux origines architecturales du lieu. Elle répond aussi immédiatement à un risque que le musée ne souhaite plus faire peser sur cette salle.
Huit joyaux demeurent introuvables
Le 19 octobre 2025, deux vitrines de haute sécurité avaient été prises pour cible dans la galerie. Les alarmes de la fenêtre extérieure et des vitrines s’étaient déclenchées. Les cinq agents présents dans la salle et les espaces voisins avaient alors alerté les forces de l’ordre. Ils avaient protégé le public, sans qu’aucun blessé soit recensé, selon le communiqué publié après le vol.
Une enquête pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs avait été confiée à la brigade de répression du banditisme. Elle se déroule sous l’autorité du parquet de Paris. Neuf mois plus tard, les huit joyaux emportés restent introuvables. Leur valeur est estimée à 88 millions d’euros, selon une dépêche de l’AFP diffusée par France 24. Cette estimation financière ne résume toutefois pas leur valeur historique et symbolique.
Ces huit pièces manquantes ne doivent pas être confondues avec la couronne de l’impératrice Eugénie. Les malfaiteurs l’ont abandonnée pendant leur fuite et elle a été retrouvée sur place. La distinction est essentielle : la couronne récupérée ne fait pas partie des huit joyaux que les autorités recherchent encore.

Une chambre forte annoncée, sans calendrier arrêté
Les bijoux qui n’ont pas été volés ne reviendront pas immédiatement dans la galerie. Dans un entretien accordé au Parisien, le président du Louvre, Christophe Leribault, a annoncé le projet d’une salle sécurisée. Décrite comme une « chambre forte, sans fenêtres », elle se situerait dans une autre partie du musée.
L’annonce dessine une séparation durable entre la galerie historique et les bijoux de la Couronne. Elle ne constitue pourtant pas encore un programme finalisé. L’emplacement précis, le calendrier des travaux, leur coût et leur financement n’ont pas été rendus publics. Christophe Leribault a lui-même souligné la nécessité de trouver le lieu adéquat et les ressources nécessaires.
La réouverture du 22 juillet est donc une étape, pas l’aboutissement d’une nouvelle présentation des collections. Elle remet un espace majeur dans le parcours des visiteurs, tandis que le futur écrin des bijoux demeure à concevoir. Tant que cette salle n’existe pas, les objets conservés restent retirés de la galerie d’Apollon.
La sûreté ne se résume pas au retrait des œuvres
Au lendemain du vol, le ministère de la Culture avait annoncé le déploiement d’un nouveau schéma directeur de sécurité. Celui-ci comprend des caméras de nouvelle génération, une détection périmétrique et un nouveau poste de contrôle. Ces orientations portent sur l’ensemble du Louvre. Elles ne permettent pas, à elles seules, de connaître les mesures précisément mises en œuvre autour de la salle 705 avant sa réouverture.
Le retrait des bijoux réduit mécaniquement le risque immédiat dans la galerie. Il n’y a plus, dans cet espace, de vitrines contenant des pièces aussi sensibles. Cette décision ne répond cependant qu’à une partie du problème. La sûreté d’un musée concerne aussi les accès, la surveillance, l’organisation des équipes et la maintenance. Elle exige enfin de protéger les collections sans les soustraire durablement au regard du public.
Le Louvre avance ainsi sur deux temporalités. Dans l’immédiat, il restitue la galerie au public en la vidant de ses objets les plus exposés. À plus long terme, il promet un espace renforcé pour les bijoux préservés. Entre les deux demeure une question centrale : comment conserver l’accès aux symboles du patrimoine national sans transformer leur protection en invisibilité ?
Ce que le public retrouve dès le 22 juillet
À la question de savoir si la galerie d’Apollon est ouverte, la réponse est désormais oui. Le Louvre fixe sa réouverture au mercredi 22 juillet 2026, sous réserve des conditions quotidiennes d’accès aux salles. Le visiteur peut de nouveau traverser la salle 705 et observer le plafond de la galerie d’Apollon. Il parcourt ainsi un décor commencé sous Louis XIV.
Il n’y verra en revanche ni les huit joyaux volés, toujours recherchés, ni les autres bijoux autrefois exposés dans les vitrines. La galerie est redevenue une œuvre architecturale autonome. Cette clarification marque aussi la limite de la réouverture. L’accès au monument est rétabli, mais le devenir public de la collection demeure suspendu au projet de chambre forte.
Neuf mois après le vol, le Louvre choisit donc de rouvrir avant d’avoir résolu l’ensemble des questions soulevées par le casse. Le geste permet de rendre un chef-d’œuvre au public. Il acte aussi, au moins provisoirement, une nouvelle doctrine : montrer le palais maintenant. L’exposition des biens les plus sensibles attendra qu’un dispositif distinct puisse les accueillir.
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