
Louis de Funès traverse encore l’imaginaire du cinéma français, entre héritage populaire et silhouette immédiatement reconnaissable. Le portrait accompagne le pari confié à Pierre Lottin sans promettre encore la future incarnation. Crédits : Vintage Printery / Flickr, CC BY-NC-SA 2.0.
Pierre Lottin incarnera Louis de Funès dans un biopic développé par UGC. Le Film Français a publié l’annonce le 7 juillet 2026. BFM TV, Le Figaro et RTL l’ont reprise le 8 juillet 2026. Le film, encore en préproduction, doit revenir sur la bascule des années 1960. C’est le moment où l’acteur passe des seconds rôles à une popularité nationale.
Un projet UGC encore en préproduction
Le Film Français a été le premier à révéler le projet, présenté comme un biopic porté par Romain Rojtman, producteur chez UGC. L’article complet est réservé aux abonnés. Son amorce confirme toutefois la maison de production, le producteur et la date de publication, mardi 7 juillet 2026.
Les reprises ouvertes de BFM TV, du Figaro et de RTL convergent sur le point central. Pierre Lottin, 37 ans, a été choisi pour jouer Louis de Funès. BFM TV précise que le tournage est visé à partir d’avril 2027, entre Paris et l’Italie. RTL et Le Figaro évoquent plus largement un tournage au printemps 2027. Aucune date de sortie n’est, à ce stade, officiellement annoncée.
Le film doit être réalisé par Benjamin Euvrard. Les crédits définitifs restent toutefois à confirmer, faute de fiche officielle publiée par UGC à ce stade.
L’incarnation plutôt que l’imitation
L’enjeu du rôle tient à la place singulière de Louis de Funès dans la mémoire française. L’acteur n’est pas seulement associé à des films. Il l’est à une mécanique de jeu immédiatement reconnaissable : nervosité du corps, accélérations de voix, regards en coin, colères brèves. Le risque, pour un biopic, serait donc de transformer une figure populaire en simple collection de mimiques.
Romain Rojtman formule justement le défi dans cette direction. Selon la citation rapportée par Le Film Français et reprise par RTL, Pierre Lottin devra « incarner la vérité de Louis de Funès ». Il ne s’agirait donc pas de reprendre seulement ses mimiques. La formule est promotionnelle, mais elle dit aussi le vrai problème du projet. Comment approcher un comédien dont chacun croit déjà connaître la silhouette, sans réduire le rôle à ses gestes les plus célèbres ?
Le choix de Pierre Lottin répond en partie à cette tension. Révélé auprès du grand public par la saga Les Tuche, où il joue Wilfried Tuche, l’acteur a ensuite élargi sa trajectoire. Elle passe de la comédie populaire au drame et au cinéma d’auteur. Le Figaro rappelle notamment ses passages par En fanfare et Juste une illusion. Ces deux titres l’éloignent du seul registre burlesque et l’installent dans des personnages plus mélancoliques. Son parcours donne au casting une logique : partir d’un visage identifié par la comédie, mais désormais reconnu pour d’autres registres.
La bascule des années 1960
Le récit annoncé doit commencer autour du milieu des années 1960. Ce choix évite, pour l’instant, le biopic total qui déroulerait toute une vie depuis l’enfance. Il cible plutôt un moment de bascule. Louis de Funès, longtemps cantonné à des seconds rôles, devient alors l’un des visages les plus rentables du cinéma français.
Les sources citées mentionnent notamment Pouic-Pouic, Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Corniaud et Fantômas. La chronologie demande un peu de précision : Pouic-Pouic sort en 1963. L’année 1964 installe ensuite une accélération décisive avec Le Gendarme de Saint-Tropez et Fantômas, avant Le Corniaud en 1965. Le film semble donc vouloir raconter moins une année unique qu’un passage de seuil. Un acteur déjà très actif devient alors une figure centrale du box-office.

Ce moment est aussi le plus intéressant dramatiquement. Il permet de montrer la construction d’une puissance comique, plutôt que son exploitation tardive. Il revient sur un acteur de travail, pas seulement sur la statue familière des rediffusions.
Ce que le choix de Pierre Lottin raconte
Pierre Lottin arrive sur le projet avec une reconnaissance critique récente. L’Académie des César le présente comme César 2026 du meilleur acteur dans un second rôle pour L’Étranger de François Ozon. Le prix compte dans la lecture du casting : la comédie populaire ne suffit plus à le définir.
Cette trajectoire fait écho, à distance, à celle que le biopic entend raconter. Louis de Funès a longtemps travaillé avant la consécration. Pierre Lottin, lui, passe d’un rôle très repérable dans une franchise populaire à un personnage patrimonial. Le parallèle doit rester mesuré : il ne dit rien de la future performance, encore invisible, mais il éclaire le pari d’UGC.
Le projet bénéficie aussi, selon les reprises de presse, de l’accord de la famille de Funès. Là encore, la formulation mérite d’être attribuée et non transformée en caution artistique. Un accord familial peut sécuriser un récit, ouvrir des archives ou faciliter certains choix de production. Il ne garantit pas, à lui seul, la justesse d’un film.

Pour UGC, le biopic Louis de Funès coche plusieurs cases industrielles. Il réunit une figure immédiatement identifiable, un imaginaire populaire et un acteur capable de relier plusieurs publics. Mais son intérêt dépendra de sa capacité à dépasser la nostalgie. Raconter Louis de Funès aujourd’hui, ce n’est pas seulement rappeler une filmographie. C’est aussi interroger ce que le cinéma français fait de ses mythologies. Il transforme alors ses acteurs les plus connus en personnages de fiction.