
Diana, princesse de Galles, à Washington en juin 1997. Crédits : John Mathew Smith & www.celebrity-photos.com, CC BY-SA 2.0.
Diana, ma sœur : Le chant du cygne paraît ce 22 septembre 2026 en France, près de trente ans après la mort de la princesse de Galles. Son frère y livre sa version des décisions prises en 1997, dont un échange téléphonique avec le futur Charles III. Buckingham Palace conteste ce souvenir, sans confirmation indépendante à ce stade, devenu le principal sujet de polémique autour de cette publication internationale.
Un appel téléphonique dont le palais conteste le récit
Dans les extraits publiés par le Daily Mail, Charles Spencer affirme que le prince de Galles lui aurait assuré que Diana serait vite oubliée. Il situe cette phrase dans une dispute sur la participation de William et Harry au cortège funèbre de leur mère. Selon son récit, il aurait alors exprimé sa stupeur avant de raccrocher.
Un porte-parole de Buckingham Palace a répondu au nom de Charles III. Après avoir rappelé son principe de ne pas commenter les livres, le palais a soutenu que la douleur de perdre une sœur pouvait altérer le raisonnement, le jugement et les souvenirs, même longtemps après le décès. Il met ainsi en cause la fiabilité du récit de Spencer, sans donner sa propre version détaillée de l’échange.
Julian Payne, ancien responsable de la communication du roi, a souligné auprès de la BBC le caractère inhabituel de cette intervention. À ses yeux, elle témoigne de la volonté du palais de corriger ce récit.
Le frère de Diana maintient pourtant ses propos. Dans son entretien avec Laura Kuenssberg pour la BBC, il assure se souvenir précisément de la conversation. Interrogé sur les éléments susceptibles d’étayer son accusation, il dit avoir raconté l’épisode à des proches à l’époque. Il s’agit de son affirmation : ces confidences alléguées ne constituent pas, à elles seules, une confirmation indépendante des mots prononcés.
La BBC a précisé, le 18 septembre, que Buckingham Palace avait décliné une nouvelle réaction à ces déclarations. Cette absence de commentaire supplémentaire ne vaut pas reconnaissance du récit de Charles Spencer.

William et Harry au centre du désaccord
Le différend décrit par Spencer porte d’abord sur la place de deux enfants dans une cérémonie suivie dans le monde entier. William avait 15 ans et Harry 12 ans. Leur oncle raconte s’être opposé à leur présence derrière le cercueil, estimant que Diana n’aurait pas souhaité leur imposer cette épreuve publique.
Dans sa version, le prince Charles aurait invoqué sa propre participation aux funérailles de Lord Mountbatten, en 1979. Spencer lui aurait répondu qu’il avait alors 30 ans et qu’il ne s’agissait pas de sa mère. Ce dialogue appartient au même récit contesté de l’appel ; il ne peut être présenté comme une reconstitution établie.
Le déroulement de la cérémonie, lui, est documenté. Le 6 septembre 1997, les deux garçons ont marché dans Londres avec leur père, leur grand-père, le prince Philip, et Charles Spencer. Les obsèques ont eu lieu à l’abbaye de Westminster, six jours après la mort de Diana dans un accident de voiture à Paris. Son cercueil a ensuite été conduit à Althorp, domaine familial des Spencer, pour une inhumation privée.
Les fils de Diana ont livré leurs propres souvenirs de cette journée. Dans le documentaire de la BBC Diana, 7 Days, diffusé en 2017, William évoquait une décision familiale collective, difficile à prendre, entre devoir public et besoin de pleurer sa mère en privé. Harry disait, avec le recul, être heureux d’avoir participé, tout en ayant auparavant jugé qu’aucun enfant ne devrait subir une telle épreuve. Ces témoignages éclairent leur expérience, sans trancher la question des paroles attribuées à leur père.
Ce que raconte le livre sur Lady Diana
L’édition française paraît chez Flammarion sous le titre Diana, ma sœur : Le chant du cygne. Elle compte 448 pages. Le titre original est Swan Song : Diana, My Sister. Au Royaume-Uni, l’ouvrage est publié par Penguin Michael Joseph ; aux États-Unis, par Penguin Press.
Selon l’annonce de Bertelsmann, maison mère de Penguin Random House, la publication du 22 septembre concerne plusieurs pays et s’accompagne de traductions dans douze langues. La France participe donc à un lancement international, précédé de la diffusion d’extraits dans la presse britannique.
Le projet annoncé dépasse les jours des funérailles. Dans sa présentation du livre, Penguin Random House décrit un récit qui commence avec l’enfance des deux cadets de la famille Spencer. L’auteur y revient sur leur proximité, les pensionnats et le divorce de leurs parents, avant d’aborder le mariage de Diana, sa maternité et son exposition médiatique.
Le prolongement d’un discours de 1997
Charles Spencer avait déjà pris publiquement la parole au nom de sa famille lors des funérailles. Le texte de son éloge funèbre permet de distinguer ce qu’il disait alors de l’explication qu’il en donne aujourd’hui.
À Westminster, il avait salué l’engagement de Diana auprès des personnes marginalisées et dénoncé la pression exercée sur elle par la presse. Il avait aussi promis, au nom de la famille Spencer, de veiller sur William et Harry. Son discours associait le respect de leur futur rôle royal à la nécessité de leur laisser une vie qui ne serait pas entièrement déterminée par le devoir et la tradition.
Dans son entretien de septembre 2026, Spencer présente désormais la fin de cet hommage comme une réponse directe à la phrase qu’il attribue au prince Charles. Le discours de 1997 affirme bien que Diana ne disparaîtra pas des mémoires. En revanche, il ne rapporte pas cet échange téléphonique. Le lien entre les deux relève de l’explication rétrospective de son auteur.

Le dernier mot revendiqué par Charles Spencer
Dans l’annonce de publication de Penguin Random House, Charles Spencer explique avoir voulu fixer ses souvenirs face aux demandes d’entretiens suscitées par le prochain anniversaire. Il dit aussi vouloir corriger des récits qu’il estime inexacts.
L’auteur insiste sur cette intention dans son entretien à la BBC, diffusé le 20 septembre. Il présente le livre comme un hommage et comme sa dernière prise de parole d’ensemble sur sa sœur. Le titre Le chant du cygne renvoie, selon lui, à cette volonté de conclure.
Interrogé sur son rapport à la monarchie, il affirme rester favorable à l’institution, tout en souhaitant la voir évoluer. Il précise que son ouvrage traite de propos et de décisions vieux de près de trente ans, plutôt que de Charles III dans l’exercice actuel de sa fonction. La réponse officielle du palais donne néanmoins à ce récit familial une portée publique immédiate, onze mois avant le trentième anniversaire de la mort de Diana, le 31 août 2027.