Sophie de Menthon, la distinction en mouvement

Devant le Cercle de l’Union Interalliée, Sophie de Menthon (ETHIC) : entretien 2025, vie privée, mari, fils, fortune, famille.

« Et si la France confiait enfin ses ministères à ceux qui savent vraiment gérer une équipe, un risque, un bilan ? Je propose des noms dans Réussir, c’est possible »

Elle arrive avec une élégance classique, précise, sans ostentation. Une silhouette sobre, un maintien affirmé, une manière d’entrer dans la pièce qui évoque ces présences maîtrisées que l’on croyait réservées aux films d’Hitchcock. Rien de théâtral : plutôt un style, un soin, une attention portée à la tenue comme à la parole.

Portrait d’une voix singulière

À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Réussir, c’est possible, nous retrouvons Sophie de Menthon pour Ecostylia Magazine. L’ouvrage prolonge un engagement qu’elle revendique depuis longtemps : mettre en lumière des entrepreneurs réels, leurs trajectoires, leurs doutes, ce qu’implique concrètement la construction d’un projet. Là où d’autres s’en tiennent aux discours généraux, elle choisit des portraits, des épisodes, des expériences quotidiennes pour illustrer ce qu’elle considère comme la vitalité de l’esprit d’entreprise.

Au fil de nos rencontres lors d’entretiens, en marge d’événements économiques, dans ces lieux où se croisent décideurs et acteurs publics, une impression s’impose : derrière la figure médiatique parfois simplifiée, se trouve une interlocutrice attentive, rapide d’esprit, toujours précise dans sa façon d’aborder un sujet. Son franc-parler ne relève pas de la provocation calculée, mais d’une volonté de formuler clairement ce qu’elle pense, quitte à susciter le débat.

Sa trajectoire éclaire cette posture : Sophie de Menthon, jeune entrepreneure devenue par la suite présidente d’ETHIC. Avant de présider ETHIC, le mouvement patronal qu’elle incarne aujourd’hui, elle a fondé, dirigé et cédé sa propre entreprise de télémarketing. Elle est également à l’origine de la journée J’aime ma boîte, inscrite durablement dans le paysage professionnel français. Ces initiatives ne sont pas de simples titres : elles traduisent une conviction constante, celle que l’entreprise est aussi un lieu de relations humaines, d’apprentissage, parfois d’émancipation.

Lorsqu’elle aborde les questions liées aux femmes, aux hommes, aux rapports sociaux, elle s’éloigne des catégories globales. Elle ne s’aligne pas sur les schémas dominants, ni ne cherche à imposer une lecture unique. Son discours, qu’on l’approuve ou non, s’inscrit dans une logique de responsabilité individuelle : encourager chacun à agir plutôt qu’à se définir par des déterminismes supposés.

Sa liberté de dialogue, notamment avec des responsables politiques d’orientations très diverses, suscite régulièrement commentaires et critiques. Elle assume cette méthode : pour elle, rencontrer ceux qui élaborent les lois n’implique ni proximité idéologique, ni caution. C’est un choix de pédagogie et de constance, qu’elle revendique comme une manière de contribuer au débat démocratique sans exclure a priori aucun interlocuteur.

Derrière cette fermeté, Sophie de Menthon évoque aussi sa vie privée : sa famille, son fils, Sophie de Menthon et son mari, ses enfants et petits-enfants, ses chiens, ou le plaisir qu’elle trouve dans le sport et dans le chocolat, qu’elle connaît avec une précision de gourmet. L’intime prend alors une tonalité plus douce, presque pudique, laissant deviner ce qui, loin des plateaux, structure son équilibre.

L’allure souvent qualifiée d’« aristocratique » qu’on lui prête n’a rien de figé. Elle tient davantage à une exigence personnelle qu’à un goût de la mise en scène : exigence dans l’argumentation, dans la tenue des débats, dans le refus d’un consensus commode. Cette rigueur coexiste avec un sens du concret nourri par des décennies passées au contact des entrepreneurs.

Le texte qui suit ne cherche ni à atténuer, ni à amplifier les contrastes qui composent sa personnalité. Il propose une lecture fidèle : une manière de donner à voir une pensée structurée, parfois dérangeante, souvent stimulante, toujours assumée. Qu’on adhère ou non à ses positions, une chose apparaît clairement : sa constance à défendre une parole directe dans un espace public où elle se fait de plus en plus rare.

Interview de Sophie de Menthon au Cercle de l’Union Interalliée (fin 2025)

Au Cercle de l’Union Interalliée, Sophie de Menthon dédicace ‘Réussir, c’est possible’ et raconte 42 histoires d’entrepreneurs ‘made in France’. Derrière la figure médiatique, on découvre une femme qui depuis longtemps veut donner envie d’oser, malgré la bureaucratie et les crises. ©️ Eric Fougere
Au Cercle de l’Union Interalliée, Sophie de Menthon dédicace ‘Réussir, c’est possible’ et raconte 42 histoires d’entrepreneurs ‘made in France’. Derrière la figure médiatique, on découvre une femme qui depuis longtemps veut donner envie d’oser, malgré la bureaucratie et les crises. ©️ Eric Fougere

Pierre-Antoine Tsady : Votre nouveau livre s’intitule Réussir, c’est possible. En France, où le mot « réussite » reste parfois suspect, qu’avez-vous voulu affirmer avec ce titre ?

Sophie de Menthon : Je voulais mettre en avant ce qu’est un véritable entrepreneur. On lui demande toujours son chiffre d’affaires ou son cash-flow ; moi, je voulais qu’il parle de lui, de son énergie, de ses doutes, de ce qui le pousse à recommencer quand tout va mal. Réussir, c’est possible, quoi qu’il se passe : malgré les politiques, malgré le manque d’argent, malgré la bureaucratie. C’est d’abord une mentalité.

Ce qui est frappant, c’est que ce titre est devenu provocant. Dire aujourd’hui en France que la réussite est possible, c’est presque un acte de résistance, au moment où les entrepreneurs se sentent sous pression et ne supportent plus d’être dirigés par des gens qui ne savent pas ce qu’est une entreprise. J’aimerais pouvoir écrire un tome 2 : cela voudrait dire qu’on n’a pas renoncé à entreprendre.

P.-A.T. : Ce livre prolonge aussi votre émission Patrons en questions. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué chez les deux cents chefs d’entreprise que vous avez rencontrés ?

S. de M. : C’est un livre d’aventures, presque un feuilleton. J’ai choisi une quarantaine de parcours parmi des profils qui n’ont rien à voir les uns avec les autres : l’autodidacte qui vend de la purée Mousline dans le monde entier, la jeune femme issue de Pôle emploi qui invente une plateforme de recrutement, un grand opticien, un agriculteur…

Je ne voulais pas « la boîte et le fric », mais l’entrepreneur en chair et en os. Ce qui les relie, c’est que « non » n’est jamais une réponse. Quand la porte se ferme, ils passent par la fenêtre. Et vous, lecteur, si une histoire vous ennuie, vous tournez trois pages : le suivant vous donnera peut-être envie de monter votre propre boîte.

P.-A.T. : Parmi vos rencontres récentes, vous citez souvent Christel Heydemann, patronne d’Orange. Qu’incarne-t-elle pour vous du leadership au féminin ?

S. de M. : Quand vous prenez la tête d’Orange, qu’on vous confie la stratégie d’un groupe clé à l’heure de l’intelligence artificielle, on peut difficilement dire que vous n’êtes pas entrepreneuse.

Je lui ai demandé : « Est-ce que, comme moi, vous pensez que c’est un véritable avantage d’être une femme ? » Elle m’a répondu oui. On entend beaucoup parler de plafond de verre, de femmes qui n’osent pas… C’est vrai que certaines n’osent pas, mais ce n’est pas une fatalité. Dans toute ma vie professionnelle, j’ai vécu le fait d’être une femme comme un atout : je peux dire certaines choses parce que je suis une femme.

Un exemple : j’ai interpellé Alexis Kohler [ancien secrétaire général de l’Élysée, NDLR] en lui lançant avec un grand sourire : « Comment avez-vous fait pour mettre la France dans cet état-là ? » Il a souri. Un homme, je ne suis pas sûre qu’il aurait pu se le permettre…

P.-A.T. : Vous êtes très critique envers une certaine forme de féminisme. Comment concilier défense des femmes et refus de les considérer comme des victimes ?

S. de M. : Je ne crois pas aux systèmes : ni patriarcat ni matriarcat. Je crois à des femmes libres, singulières, qui refusent d’être assignées à un rôle de victimes. Ce que j’observe, c’est que certains réseaux féministes, en voulant bien faire, ont fabriqué une forme de nouveau « matriarcat » : ils ont mis les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, comme si l’homme devenait l’ennemi. Et pour une femme, avoir « les hommes » comme catégorie d’ennemis est la pire des choses.

Aider les femmes à réussir, ce n’est pas les enfermer dans le récit du traumatisme permanent. Oui, il existe des violences, des discriminations et il faut les combattre. Mais il faut aussi dire aux femmes : vous avez une part de responsabilité, vous pouvez oser, vous entourer, travailler votre confiance. Je crois profondément qu’un homme est un homme et qu’une femme est une femme, avec des différences qu’on devrait assumer sereinement au lieu de les nier [référence à la non-binarité, NDLR].

P.-A.T. : Vous avez signé la tribune sur la « liberté d’importuner » aux côtés de Catherine Deneuve, Catherine Millet et de Brigitte Lahaie entre autres. Avec le recul, comment regardez-vous ce débat sur la séduction et le harcèlement ?

S. de M. : C’est Brigitte Lahaie [animatrice radio et ancienne actrice porno, NDLR] qui m’a appelée : « Je suis sûre que tu vas signer. » Elle avait raison. Le texte était très beau, nuancé ; il disait autre chose que « vive le harcèlement ».

Mais nous avons changé d’époque. Quand j’étais jeune, un sifflement dans la rue pouvait être maladroit, parfois charmant, parfois lourd, mais on ne parlait pas encore de harcèlement comme aujourd’hui. Mes filles, elles, vivent certaines interpellations comme quelque chose de franchement répugnant, avec du mépris et de la vulgarité.

Je reste attachée à une culture de la galanterie, où un homme pouvait vous arrêter dans la rue pour vous demander très poliment « comment avoir la possibilité de vous adresser la parole ». Mais je comprends aussi qu’on mette des mots plus clairs sur ce qui relève de l’agression. L’enjeu, c’est de ne pas tout confondre : ni puritanisme, ni laxisme.

Un portrait sans détour : élégance discrète, expression ferme, silence qui en dit long. La ligne qu’elle défend : ne pas réduire les femmes au rôle de victimes, reconnaître les violences et discriminations, et distinguer la séduction du harcèlement.
Un portrait sans détour : élégance discrète, expression ferme, silence qui en dit long. La ligne qu’elle défend : ne pas réduire les femmes au rôle de victimes, reconnaître les violences et discriminations, et distinguer la séduction du harcèlement.

P.-A.T. : Vous avez passé trois ans de votre enfance à New York. Qu’est-ce que cette Amérique-là a changé en vous ?

S. de M. : J’avais sept, huit, neuf ans, et ça m’a marquée pour la vie. Je gagnais déjà ma vie : je promenais des chiens. J’allais déjeuner seule au McDo du coin, je découvrais la télévision qui n’existait pas encore en France. Cette liberté très concrète, ce rapport naturel au travail et à l’autonomie m’ont façonnée.

Quand je suis rentrée en France à dix ans, j’ai eu le sentiment qu’on me fermait la porte du paradis : des journées entières assise en classe, peu de sport, un pays que je trouvais étriqué… après les comédies musicales, Broadway, l’effervescence américaine. J’ai gardé de ces années une idée très simple : personne ne vous doit votre vie. Vous la construisez. C’est probablement là qu’est né mon libéralisme.

Portrait d’aujourd’hui, geste pensif et sourire discret : elle revendique toujours le credo rapporté de son enfance new-yorkaise ‘personne ne vous doit votre vie, vous la construisez’. Indépendance, travail, goût du risque : la matrice d’un libéralisme assumé. Devenue mère à 20 ans, elle fréquentait déjà les réunions du Medef. ©️ Eric Fougere
Portrait d’aujourd’hui, geste pensif et sourire discret : elle revendique toujours le credo rapporté de son enfance new-yorkaise ‘personne ne vous doit votre vie, vous la construisez’. Indépendance, travail, goût du risque : la matrice d’un libéralisme assumé. Devenue mère à 20 ans, elle fréquentait déjà les réunions du Medef. ©️ Eric Fougere

P.-A.T. : Vous avez eu votre premier enfant à 20 ans et monté votre entreprise en même temps. Comment devient-on cheffe d’entreprise à cet âge-là ?

S. de M. : J’ai passé très vite une licence d’anglais parce que j’attendais un bébé. Et pendant que je faisais des bébés, j’ai monté ma boîte de télémarketing. C’était très simple : j’avais besoin de travailler, j’aimais le téléphone, j’en ai fait mon métier.

Il n’y avait pas de « start-up nation », pas de pitch devant des fonds. Il y avait un carnet d’adresses, des clients à convaincre, des factures à envoyer. Ensuite seulement sont venues les organisations patronales, puis ETHIC [mouvement patronal des entreprises de taille humaine, NDLR], que je préside aujourd’hui. Je n’ai jamais séparé ma vie de mère et ma vie d’entrepreneuse : elles se sont construites ensemble, parfois dans le chaos, mais toujours avec la même idée : être libre de mon destin.

P.-A.T. : Vous dites que « c’est du côté de l’entreprise que ça se passe ». Qu’est-ce qui a changé dans le rapport des Français à leur travail ?

S. de M. : Nous avons sondé les Français : 80 % disent aimer leur boîte, leurs collègues, et même leur patron. Et 80 % pensent que « n’importe qui » ferait mieux qu’un politique… On est loin de l’image de l’usine sinistre. Quand j’ai lancé J’aime ma boîte, c’était presque provocateur d’aimer son entreprise. Aujourd’hui, on voit bien que c’est là que les gens pensent pouvoir s’enrichir, progresser, apprendre.

Bien sûr, tout n’est pas rose. Mais le centre de gravité s’est déplacé : l’entreprise est redevenue un lieu d’aventures humaines, pas seulement un salaire qui tombe. C’est pour cela que je me bats : pour qu’on arrête d’opposer l’entreprise à la société, comme si l’une pillait l’autre. L’entreprise, ce sont des hommes et des femmes qui essaient de faire quelque chose ensemble.

P.-A.T. : Qu’est-ce qui vous inquiète le plus, aujourd’hui, dans la façon dont on gère les entreprises en France ?

S. de M. : Je ne crois pas à une seule bonne manière de diriger. Une entreprise ressemble à son patron, à son caractère. Ce qui a vraiment changé, en revanche, c’est la relation entre l’entrepreneur et ses salariés. Avant, le patron était le chef ; parfois excessif, mais le rapport d’autorité était clair.

Aujourd’hui, si vous osez dire « ce que vous avez fait hier n’était pas bien », on vous explique que la personne peut se mettre en arrêt maladie. On réclame tout de suite des jours de télétravail, des aménagements, on part du principe que « le salarié a toujours raison ». On l’a installé dans cette position dès l’école.

Je ne plaide pas pour un retour au paternalisme. Mais je constate que beaucoup de dirigeants ont presque peur de leurs équipes. Or sans exigence, sans confrontation, il n’y a plus de progression possible : ni pour l’entreprise, ni pour les salariés eux-mêmes.

Aux côtés de Rachida Dati, aujourd’hui ministre de la Culture reconduite, Sophie de Menthon réaffirme sa volonté de dialoguer avec l’ensemble des responsables politiques. La maire du 7ᵉ arrondissement a déjà découpé plus d’une fois la ‘Galette des entrepreneurs’ du mouvement ETHIC au Cercle de l’Union Interalliée et reviendra le 7 janvier 2026.
Aux côtés de Rachida Dati, aujourd’hui ministre de la Culture reconduite, Sophie de Menthon réaffirme sa volonté de dialoguer avec l’ensemble des responsables politiques. La maire du 7ᵉ arrondissement a déjà découpé plus d’une fois la ‘Galette des entrepreneurs’ du mouvement ETHIC au Cercle de l’Union Interalliée et reviendra le 7 janvier 2026.

P.-A.T. : On vous décrit parfois comme « sulfureuse » parce que vous dialoguez avec tous les partis, Rassemblement national compris. Où vous situez-vous ?

S. de M. : Je reçois tout le monde : des communistes aux libéraux, de la gauche radicale au RN. Mon obsession, c’est d’expliquer ce qu’est une entreprise à ceux qui écrivent les lois. Certains, au RN, écoutent davantage ce qu’on leur dit sur l’économie que d’autres formations qui pensent déjà tout savoir. À gauche, il y a un refus de regarder l’entreprise autrement qu’à travers la lutte sociale.

Pour autant, je le dis clairement : je ne voterai jamais pour le Rassemblement national. Leur programme économique est à mes yeux étatiste, voire communiste ! Je ne partage pas cette vision. Mais je ne boycotterai aucun élu : si demain LFI arrive au pouvoir, j’irai aussi leur expliquer la réalité des entrepreneurs. C’est ma cohérence : parler à tous, ne me renier pour personne.

Aux côtés de Françoise Degois, journaliste très étiquetée à gauche et proche de Ségolène Royal, Sophie de Menthon affiche son goût du débat contradictoire. La présidente libérale d’ETHIC échange volontiers avec celles et ceux qui ne partagent pas ses idées, pourvu qu’on parle franchement de l’intérêt de l'entreprise et du pays. Dans notre entretien, elle revendique cette liberté : recevoir tout le monde, de la gauche radicale au RN, sans jamais renier ses propres convictions.
Aux côtés de Françoise Degois, journaliste très étiquetée à gauche et proche de Ségolène Royal, Sophie de Menthon affiche son goût du débat contradictoire. La présidente libérale d’ETHIC échange volontiers avec celles et ceux qui ne partagent pas ses idées, pourvu qu’on parle franchement de l’intérêt de l’entreprise et du pays. Dans notre entretien, elle revendique cette liberté : recevoir tout le monde, de la gauche radicale au RN, sans jamais renier ses propres convictions.

P.-A.T. : Suite à la dernière dissolution, votre nom a circulé sur Internet comme possible ministre de l’Économie. Qu’en est-il réellement ?

S. de M. : Malgré les bruits qui ont pu courir, le seul qui m’ait jamais proposé d’entrer au gouvernement, c’est Alain Madelin [ancien ministre de l’Économie et figure du libéralisme français, NDLR] s’il avait élu Président de la République ; mais j’aurais décliné. Je préfère rester libre, « influenceuse » au sens noble du terme, plutôt qu’enfermée dans un cabinet ministériel.

En revanche, je me suis amusée à imaginer un « gouvernement d’entrepreneurs », en piochant parmi les personnalités de mon livre Réussir c’est possible :

Pour l’Économie, je verrais bien Christel Heydemann [directrice générale d’Orange, NDLR]. À la Culture, Jacques Garcia [architecte, décorateur et scénographe, NDLR]. Aux Transports, le patron de G7, Nicolas Rousselet [dirigeant du Groupe Rousselet et de G7, NDLR]. Pour la Ville, Thomas Derichebourg [dirigeant du groupe Derichebourg, NDLR], et au Logement, Charles-Marie Jottras [président de Daniel Féau, NDLR]. À l’Emploi, je nommerais Jenny Gaultier Vallet [cofondatrice du Mercato de l’Emploi, NDLR]. À l’Agriculture, l’agriculteur-communicant Bruno Cardot [éleveur et créateur de contenus sur le monde agricole, NDLR]. Pour la Santé, j’hésite entre Tracy Cohen Sayag [directrice générale de la Clinique des Champs-Élysées, NDLR] et Philippe Veran [fondateur de 53 sociétés, dont Biotech Dental, NDLR]. Je verrais bien Gonzague de Blignières [cofondateur du fonds d’investissement RAISE, NDLR] comme secrétaire d’État au Développement économique, Rodolphe Hasselvander [fondateur de Blue Frog Robotics, NDLR] aux Nouvelles technologies, et, pour le Sport, Michel Corbière [président des clubs Forest Hill, NDLR]. Enfin, pour le Patrimoine, je confierais un portefeuille à Hervé Lecesne [serial entrepreneur engagé dans la sauvegarde de sites comme Grignon, NDLR].

Ce n’est évidemment pas un programme de gouvernement, mais une façon de montrer qu’on devrait confier davantage de responsabilités publiques à des gens qui savent ce que c’est que gérer une équipe, un risque, un bilan.

P.-A.T. : Dans cette génération montante, vous dites beaucoup de bien de Sarah Knafo [eurodéputée Reconquête! et compagne d’Éric Zemmour, NDLR]. Qu’y voyez-vous ?

S. de M. : Je trouve qu’elle a énormément de qualités : elle est bosseuse, très compétente, cultivée, honnête intellectuellement et courageuse. Elle sait ce qu’elle veut et elle va au bout de ce qu’elle veut. On peut être en désaccord avec ses idées – c’est normal en démocratie – mais il faut reconnaître le sérieux du travail.

Ce que j’aime chez elle, c’est cette façon de prendre la politique comme un métier exigeant, pas comme une mise en scène permanente. Plus largement, je regarde avec attention cette génération de jeunes femmes très formées, qui arrivent dans la vie publique avec une vraie colonne vertébrale. Je souhaite qu’elles soient nombreuses, à tous les niveaux de l’échiquier politique, pas seulement d’un côté.

Sophie de Menthon ici avec sa fille Alexia Delrieu, artiste et écrivain. La présidente d’Ethic laisse apparaître l’autre versant de sa vie : celui d’une mère et grand-mère très attachée à la transmission et l'autonomie. Fondatrice du Club des Croqueurs de Chocolat, Sophie de Menthon revendique un art de vivre où famille, chiens, sport et chocolat équilibrent une vie tournée vers la réalisation de soi et le débat d’idées.
Sophie de Menthon ici avec sa fille Alexia Delrieu, artiste et écrivain. La présidente d’Ethic laisse apparaître l’autre versant de sa vie : celui d’une mère et grand-mère très attachée à la transmission et l’autonomie. Fondatrice du Club des Croqueurs de Chocolat, Sophie de Menthon revendique un art de vivre où famille, chiens, sport et chocolat équilibrent une vie tournée vers la réalisation de soi et le débat d’idées.

P.-A.T. : Venons-en à la femme derrière la figure médiatique. Les internautes veulent savoir : qui est Sophie de Menthon en privée ?

S. de M. : Je réponds volontiers à quelques questions, mais je n’ai aucune envie d’exposer ma vie comme une téléréalité. J’ai deux enfants, Guillaume et Alexia, et six petits-enfants dont je suis très fière. Mon mari s’appelle Nicolas Crespelle. Et j’entretiens de très bonnes relations avec les hommes que j’ai aimés : la vie est plus simple ainsi.

Ma passion, ce sont les chiens – en ce moment je partage le chien de ma fille – et le sport : je joue au tennis tous les samedis, je me déplace en vélo, je skie dès que je peux. Je suis très coquette, je fais attention à ce que je mange depuis qu’à douze ans je pesais sept kilos de plus qu’aujourd’hui !

Et puis il y a le chocolat : je suis membre fondatrice du Club des Croqueurs de Chocolat et j’ai écrit leur guide gastronomique. On dégustait toutes les semaines, je vous laisse imaginer les crises de foie… mais pas un kilo en plus : après le chocolat, on dîne léger !

Avec ‘Réussir, c’est possible’, Sophie de Menthon signe un véritable ‘gouvernement de chefs d’entreprise’ : 42 parcours concrets, inspirants. Chaque chapitre ressemble à un feuilleton destiné à donner au lecteur l’envie et les clefs pour briller.
Avec ‘Réussir, c’est possible’, Sophie de Menthon signe un véritable ‘gouvernement de chefs d’entreprise’ : 42 parcours concrets, inspirants. Chaque chapitre ressemble à un feuilleton destiné à donner au lecteur l’envie et les clefs pour briller.

Cet article a été rédigé par Pierre-Antoine Tsady.