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À 13 heures ce mardi 28 juillet, l’incendie en Gironde restait officiellement stabilisé sur 42 000 hectares. Deux heures quarante-cinq plus tard, la préfecture signalait pourtant plusieurs reprises dans les zones déjà brûlées, notamment à Lège/Grand Crohot et Marcheprime. Avec une chaleur appelée à culminer mercredi, les secours renforcent les lisières et les autorités ont évacué préventivement 4 000 vacanciers à Lacanau.
Des reprises dans une zone déjà brûlée
La situation s’est tendue au fil de l’après-midi. Dans son point de 13 heures, la préfecture maintenait le statut de feu « stabilisé » et une surface parcourue de 42 000 hectares. À 15 h 45, elle signalait plusieurs reprises à l’intérieur de ce périmètre. Elles se concentraient à Lège, au Grand Crohot et à Marcheprime. Tous les moyens disponibles étaient mobilisés pour les traiter.
Ces reprises locales n’augmentent pas automatiquement la surface comptabilisée. Lorsqu’elles touchent des terrains déjà parcourus par les flammes, les mêmes hectares ne sont pas additionnés une seconde fois. Elles montrent en revanche que l’accalmie reste fragile. Aucune nouvelle progression globale du front n’avait été annoncée à cette heure.

Le bilan matériel demeurait provisoire, avec 240 habitations détruites. Mardi matin, 93 sapeurs-pompiers avaient été blessés depuis le début de l’événement. Le dernier point officiel détaillé, publié lundi, ne recensait alors aucune victime parmi la population.
« Stabilisé » ne veut pas dire « fixé »
Un incendie stabilisé voit sa progression momentanément contenue à l’échelle de son périmètre. Ce terme ne signifie pas que toutes ses lisières sont sécurisées, ni que les points chauds ont disparu. Un feu fixé ne doit plus pouvoir s’étendre dans les conditions du moment. Il reste ensuite à le maîtriser, puis à l’éteindre complètement.
En Gironde, le travail porte donc sur les bordures du sinistre et les possibles réactivations. Les équipes réalisent aussi des coupes tactiques : elles retirent de la végétation pour créer des discontinuités dans le combustible et faciliter l’intervention. Mardi matin, 103 kilomètres de ces coupures avaient été aménagés, contre 97 kilomètres dans le bilan officiel de la veille.

Le dispositif restait exceptionnel : 2 750 sapeurs-pompiers, renforcés par des équipes européennes, et 18 moyens aériens étaient engagés au point de 13 heures. Ils recevaient aussi l’appui de militaires, des forces de sécurité intérieure, d’agriculteurs et d’entreprises du BTP.
À Lacanau, une évacuation avant la dégradation météo
Les 4 000 occupants de campings, résidences de tourisme, villages de vacances et parcs de loisirs de Lacanau ont été évacués à titre préventif. Le maire, Laurent Peyrondet, a annoncé en début d’après-midi que l’opération était terminée et s’était déroulée dans le calme. Cette décision visait les hébergements les plus vulnérables, notamment les tentes, mobil-homes et structures en bois.
Cette mesure ne prouve pas que le front avançait déjà vers Lacanau. Elle répondait à un scénario de risque, dans un secteur où le feu n’était pas fixé. Elle s’ajoute au vaste mouvement de protection engagé depuis le 22 juillet. Au 27 juillet, la préfecture comptabilisait près de 220 000 évacuations préventives cumulées dans 23 communes. Ce total ne correspond pas à 220 000 personnes déplacées simultanément.
Mercredi, le pic de chaleur attendu
Météo-France prévoit un pic mercredi 29 juillet. Les températures dépasseront souvent 37 °C en Nouvelle-Aquitaine. Des pointes locales de 40 à 41 °C sont attendues dans le Sud-Ouest. Dans son bulletin du 28 juillet, l’établissement souligne aussi une sécheresse généralisée des sols. Leur niveau approche les records absolus les plus bas observés en France.
La chaleur et le vent, combinés à une faible humidité, peuvent assécher davantage la végétation. Un point encore chaud peut alors favoriser une propagation rapide. Météo-France précise toutefois que sa Météo des forêts mesure les conditions favorables aux départs et à la propagation. Elle ne prédit ni l’apparition d’un incendie ni l’évolution d’un feu en cours.
Une piste privilégiée dans l’enquête
La cause du départ de feu n’est pas encore judiciairement établie. Le procureur de Bordeaux a néanmoins confirmé à franceinfo que la piste privilégiée concernait un chantier de débroussaillement autour d’une ligne électrique. Une entreprise travaillant pour Enedis l’avait réalisé. Selon le magistrat, celle-ci n’avait pas enfreint la réglementation.
Cette piste reste distincte des facteurs qui compliquent désormais la lutte. La sécheresse, la chaleur et le vent peuvent réactiver ou accélérer le feu, sans pour autant expliquer à eux seuls son déclenchement initial.