
Crédits : Georges Biard / CC BY-SA 3.0 (Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0).
Isabelle Huppert a été élue, jeudi 2 juillet 2026, présidente de la Cinémathèque française pour un mandat de trois ans. L’actrice succède à Costa-Gavras, qui dirigeait le conseil d’administration depuis 2007. Elle devient la première femme à occuper cette fonction dans l’institution parisienne consacrée au patrimoine cinématographique.
Une transition après dix-neuf ans de présidence Costa-Gavras
La Cinémathèque française a annoncé l’élection d’Isabelle Huppert à l’issue du renouvellement de son conseil d’administration. Selon les éléments concordants publiés jeudi par RFI et BFMTV, la comédienne de 73 ans a été choisie par le conseil. Son mandat court jusqu’en 2029.
Cette arrivée marque une double rupture symbolique. Isabelle Huppert devient la première femme présidente de la Cinémathèque française. Costa-Gavras quitte, lui, une présidence commencée en juin 2007. Le cinéaste franco-grec, âgé de 93 ans, aura incarné pendant près de deux décennies la gouvernance de l’institution. Celle-ci reste associée à la mémoire du cinéma d’auteur, aux rétrospectives, aux expositions et à la conservation des collections.

L’annonce reste, pour l’heure, institutionnelle. Aucun programme détaillé, aucune priorité publique ni citation directe d’Isabelle Huppert n’a été diffusé dans les sources consultées. L’enjeu immédiat se lit donc d’abord dans la composition du bureau. Il tient aussi à la place que peut prendre une artiste internationale à la tête d’une structure patrimoniale.
Un nouveau bureau très cinéaste
Le bureau élu autour d’Isabelle Huppert confirme cette orientation professionnelle. D’après Boxoffice Pro, Olivier Assayas et Claire Denis deviennent vice-présidents. Le producteur Saïd Ben Saïd est trésorier, tandis que Nicolas Philibert et Alice Winocour occupent les fonctions de secrétaires.
Le conseil d’administration 2026-2029 rassemble aussi Renato Berta, Arnaud Desplechin, Jacques Fieschi, Mia Hansen-Løve ou Hafsia Herzi. Patricia Mazuy, Nicolas Pariser et Eugénie Zvonkine y siègent également. Le ministère de la Culture a par ailleurs nommé quatre personnalités qualifiées comme membres de droit pour trois ans. Il s’agit de Véronique Cayla, Grégoire Chertok, Sylvie Pras et Christophe Tardieu.

Cette liste donne à la transition une dimension plus large qu’un simple passage de relais. La Cinémathèque confie son bureau à des figures de la création, de la production et du documentaire. Ce choix arrive quand les grandes institutions culturelles doivent transmettre le patrimoine sans se couper des débats contemporains du cinéma.
Ce que représente l’arrivée d’Isabelle Huppert
Isabelle Huppert n’arrive pas à la Cinémathèque comme une personnalité extérieure au champ qu’elle devra représenter. Sa carrière, marquée par le cinéma français et international, la relie à une histoire où se croisent Claude Chabrol, Maurice Pialat ou Michael Haneke. Michael Cimino, Marco Bellocchio et Hong Sang-soo appartiennent aussi à ce paysage. RFI et BFMTV rappellent qu’elle a tourné dans plus de 150 films et séries. Elle compte parmi les actrices françaises les plus visibles à l’étranger.
Cette légitimité artistique ne suffit toutefois pas à définir une ligne. Présider la Cinémathèque française ne revient pas à diriger sa programmation au quotidien. La fonction relève de la gouvernance associative, de la représentation de l’institution et de l’accompagnement de ses grandes orientations. Le rôle de la direction générale, notamment dans la conduite opérationnelle de la maison, reste distinct.

La succession de Costa-Gavras donne aussi une profondeur historique à l’annonce. Son long mandat avait installé une continuité autour d’une institution fondée en 1936 et installée depuis 2005 à Bercy. Elle est connue pour ses collections, son musée, ses projections et ses expositions. BFMTV rappelle que la Cinémathèque conserve des dizaines de milliers de films de patrimoine. Ses fonds comprennent aussi près d’un million de documents liés au cinéma et de nombreux appareils.
Une institution patrimoniale face à des attentes actuelles
L’élection intervient dans un contexte où la Cinémathèque française est observée au-delà de son seul public cinéphile. Plusieurs médias ont rappelé jeudi les polémiques récentes liées à la programmation et aux débats suscités par le mouvement #MeToo dans le cinéma. Télérama souligne également que l’institution doit composer avec des critiques sur sa gouvernance et sa mission patrimoniale.
Ces éléments ne changent pas le fait principal : la présidence d’Isabelle Huppert ouvre un mandat de trois ans, dans un cadre statutaire renouvelé. Ils expliquent en revanche pourquoi cette nomination ne se résume pas à une consécration personnelle. Elle place une actrice majeure à un poste où se croisent mémoire du cinéma, transmission au public et choix institutionnels. L’image d’une maison très regardée par la profession se joue aussi là.

La prudence s’impose aussi sur les intentions de la nouvelle présidente. À ce stade, aucune source consultée ne permet de lui attribuer un programme culturel précis. Rien n’indique non plus comment elle entend peser sur les grands dossiers de l’institution. Les prochains communiqués, prises de parole ou premières décisions du bureau devront préciser ce que cette présidence changera concrètement.
Un mandat attendu jusqu’en 2029
Pour la Cinémathèque française, le choix d’Isabelle Huppert acte d’abord une transition institutionnelle. Après dix-neuf ans sous Costa-Gavras, le mandat annoncé jusqu’en 2029 confie la représentation de l’association à une actrice majeure. Son parcours traverse le cinéma français et international.

Ce passage de relais s’inscrit dans un cadre précis : un conseil renouvelé, un bureau recomposé et une mission inchangée. La Cinémathèque doit toujours conserver et diffuser le patrimoine cinématographique.