
À Zandvoort, dimanche 31 août 2025, Isack Hadjar (20 ans) a décroché son premier podium en Formule 1 avec Racing Bulls, au terme d’une course tenue depuis la 4e place et ouverte par l’abandon tardif de Lando Norris. Le Français a célébré avec son équipe. Cependant, il a vu son trophée se briser dans ses mains. Cette anecdote n’efface pas la portée de ce cap.
Un dimanche de dunes et de nerfs : les faits
Dimanche 31 août 2025, sur le circuit balayé par le sable de Zandvoort, Isack Hadjar (20 ans) a signé la plus belle course de sa jeune carrière. Parti 4e sur la grille, le pilote Racing Bulls a tenu son rang au cœur d’un Grand Prix des Pays-Bas agité par trois neutralisations et des averses sporadiques. Au bout des 72 tours, il s’offre la 3e place, derrière Oscar Piastri (vainqueur) et Max Verstappen. La mécanique a tranché la bataille McLaren : Lando Norris a dû renoncer en fin d’épreuve sur panne moteur, laissant le podium au Français.
Dans la liesse d’après-course, un détail a frappé les esprits : le trophée d’Hadjar s’est fendu en deux lors de la photo d’équipe. L’intéressé a souri, mi-gêné mi-amusé. Une image légère qui ne doit pas faire oublier la substance : ce résultat, construit sans erreur notable, dans une voiture réputée moins rapide, compte déjà dans sa trajectoire.
Le rookie qui ne tremble pas : portrait express
Né le 28 septembre 2004 à Paris, d’origine franco-algérienne et détenteur de la double nationalité, il court sous licence française. Vice-champion de Formule 2 en 2024, il a été titularisé chez Racing Bulls pour 2025, après un parcours formateur dans le Red Bull Junior Team et des piges convaincantes en essais libres.
• À propos du pilote : Isack Hadjar.
• À propos de l’écurie : Racing Bulls (Visa Cash App RB F1 Team).
• Le cadre : Grand Prix des Pays-Bas 2025 et Circuit de Zandvoort.
Dans le programme Red Bull, Racing Bulls est l’atelier où l’on poli les talents. Hadjar y a trouvé une voiture plus constante qu’au printemps et un environnement qui valorise sa lecture de course, sa gestion des pneus et une défense propre. Son numéro permanent 6 est devenu familier dans les rétroviseurs de pilotes plus chevronnés.
Une course maîtrisée : défendre, lire la piste, saisir l’ouverture
Le premier relais a donné la mesure : Hadjar a contenu Charles Leclerc et George Russell sans s’exposer, en adaptant ses temps dans le secteur médian pour préserver l’avantage dans la zone d’activation. Les multiples relances après incidents — sortie de piste de Lewis Hamilton, accrochage entre Kimi Antonelli et Leclerc — ont offert autant d’occasions de se tromper. Le Français ne s’y est pas laissé prendre.
La clé, ce fut la discipline de rythme : un pilotage sans à-coups, des entrées de courbe économes, et un dernier relais suffisamment robuste pour convertir l’abandon de Norris en podium. Le scénario n’a rien d’un « coup de chance » : c’est la récompense d’une course tenue de bout en bout.
Record tricolore : un podium de précocité
Avec 20 ans, 11 mois et 3 jours, Hadjar devient le plus jeune Français de l’histoire à grimper sur un podium de Formule 1. Il s’inscrit aussi parmi les tout premiers au classement général de la précocité — derrière Max Verstappen et Lance Stroll, et aux côtés de la génération montante incarnée par Kimi Antonelli et Lando Norris.
Ce jalon dit quelque chose de l’époque : la F1 récompense des pilotes ils à peine sortis de l’école, formés au simulateur, affûtés par les séries juniors et soudain jetés dans des courses à haute densité stratégique. À Zandvoort, Hadjar a montré qu’il avait le tempo et le sang-froid.
Un trophée fendu, un symbole intact

L’épisode a fait sourire : le trophée s’est brisé au niveau de sa partie la plus fine pendant la photo de famille. Anecdotique, oui. Mais l’image résume cette journée : un mélange de tension et de joie, de fragilité et d’élévation. Le Français a gardé la bonne distance émotionnelle : célébrer sans s’enflammer.
Ce que cela change pour Racing Bulls

Pour Racing Bulls, ce podium a une portée sportive et politique. Sportive, parce qu’il confirme la progression de la VCARB-02 dans le trafic serré du milieu de grille. Politique, parce qu’il réactive les discussions autour d’un avenir placé plus près de Red Bull Racing. Les rumeurs sont régulières dans la filière autrichienne : un rookie performant, un écart au classement face à Yuki Tsunoda qui s’agrandit à certains week-ends, et l’ombre portée d’un baquet plus prestigieux. Rien n’est acté ; tout est devenu plausible.
Piastri devant, Verstappen en poursuite : la hiérarchie du moment
La victoire d’Oscar Piastri fait basculer un peu plus la saison. L’Australien prend le large au championnat avec 34 points d’avance sur Lando Norris. C’est un capital qui compte, même si le calendrier offre encore des renversements. Derrière, Max Verstappen sauve l’essentiel pour Red Bull à domicile, dans une course où Ferrari est repartie bredouille après les abandons de Hamilton et Leclerc.
Dans le ventre mou, Williams et Haas récoltent gros, signe que la gestion des neutralisations et des fenêtres d’arrêt a pesé autant que la performance brute. La valeur ajoutée d’Hadjar, ici, est d’avoir été capable de tenir sa place au milieu d’un plateau en mouvement.
Écologie : ce que la performance dit de la F1 d’aujourd’hui
Au-delà du résultat, le contexte technologique compte. La F1 vise la neutralité carbone d’ici 2030, avec une baisse déjà mesurée des émissions et une standardisation d’outils logistiques plus sobres. À l’horizon 2026, les monoplaces adopteront des carburants 100 % durables et une part électrique accrue dans le groupe motopropulseur.
• Engagement officiel : Net Zero 2030.
• Règlementation moteur 2026 : FIA — carburants durables et architecture hybride renforcée et synthèse F1.
Dans ce cadre, la performance d’Hadjar n’est pas qu’un exploit personnel : elle intervient au moment où la discipline cherche à valoriser l’efficience autant que la vitesse pure. Défendre proprement, optimiser l’énergie et garder des gommes en état devient central. Zandvoort a servi de vitrine.
Une marche supplémentaire, pas un sommet
« C’est un peu irréel », a-t-il reconnu au micro, avant d’ajouter qu’il espère « d’autres podiums ». Le message est clair : première étape, pas apothéose. À trois semaines de ses 21 ans, Hadjar n’a pas sauté d’échelon, il a validé le précédent. Il faudra confirmer à Monza puis dans la tournée asiatique, où la dégradation des pneus et la gestion des trains d’air demanderont une autre forme de patience.
La constance décidera du reste : convertir ce podium en habitude, transformer un dimanche exceptionnel en standard. La filière Red Bull adore les talents pressés. La F1, elle, ne pardonne pas les écarts. À Zandvoort, Isack Hadjar a montré qu’il savait marcher sur cette ligne fine.
Repères et liens utiles
• Âge : 20 ans (au 31 août 2025).
• Nationalité : française et algérienne.
• Taille : non communiquée.
• Religion : non communiquée publiquement.
• Pilote : Isack Hadjar.
• Écurie : Racing Bulls / Visa Cash App RB F1 Team.
• Vainqueur : Oscar Piastri.
• Dauphin : Max Verstappen.
• Adversaires cités : Lando Norris, Charles Leclerc, George Russell, Kimi Antonelli, Lewis Hamilton.
• Épreuve : Grand Prix des Pays-Bas 2025 ; Circuit de Zandvoort.
Zandvoort, un podium qui change la donne
Un podium et un trophée brisé : deux façons, l’une sportive l’autre anecdotique, de dire la naissance publique d’un pilote. À Zandvoort, Isack Hadjar a cessé d’être une promesse, il est devenu un acteur central d’un milieu de grille bousculé. La suite dépendra de sa capacité à répéter ce niveau, et de la faculté de Racing Bulls à l’accompagner. Pour l’instant, les faits parlent. Et ils lui donnent raison.