Violences conjugales : les faits reprochés à Greg Guillotin et les enjeux de son procès à Évry le 27 novembre

Photographie d’illustration sur les violences conjugales, sans lien avec les personnes citées. Crédits : PickPik, domaine public.

Photographie d’illustration sur les violences conjugales, sans lien avec les personnes citées. Crédits : PickPik, domaine public.

Grégory Guillotin, 43 ans, comparaîtra le 27 novembre 2026 devant le tribunal correctionnel d’Évry, dans l’Essonne. Le parquet l’a annoncé à l’AFP. La procédure vise des violences habituelles présumées envers une ancienne compagne, entre 2020 et 2026. Après sa garde à vue, la défense reconnaît certaines violences mais conteste l’existence d’un système de contrôle. Le youtubeur demeure présumé innocent.

Des poursuites pour violences habituelles entre 2020 et 2026

Le parquet d’Évry retient la qualification de « violences habituelles par conjoint » ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. Dans ce dossier, cette durée est fixée à trente jours, a-t-il précisé à l’AFP. Les faits poursuivis auraient été commis du 9 septembre 2020 au 6 avril 2026, d’après ses déclarations sur les poursuites.

La qualification de violences habituelles porte sur la répétition des actes allégués au sein du couple. Le tribunal devra examiner les faits, leur contexte et les éléments présentés par les parties. L’annonce de ces poursuites ne constitue pas une décision sur la culpabilité.

L’ancienne compagne de l’humoriste avait déposé plainte le 17 juin 2026 auprès du procureur de la République d’Évry. Elle dénonçait des violences conjugales et du harcèlement. Dans cette plainte, dont l’AFP a eu connaissance, elle dénonce des violences physiques et psychologiques répétées. Elle décrit également une surveillance, des humiliations et des insultes qui auraient installé une emprise pendant leur relation.

L’enquête a été confiée aux gendarmes de l’Essonne. Greg Guillotin a été placé en garde à vue à Palaiseau le lundi 28 septembre, puis présenté au parquet le mardi 29 septembre.

Un contrôle judiciaire rapporté après la garde à vue

Selon Le Parisien, le juge des libertés et de la détention a ordonné, dans la soirée du 29 septembre, son placement sous contrôle judiciaire. Le quotidien fait état d’interdictions concernant ses rapports avec la plaignante, sans détailler l’ensemble des obligations fixées.

Auparavant, le parquet avait requis une interdiction de contact avec celle-ci et une interdiction de se rendre à son domicile. Il demandait également une obligation de soins. Ces trois mesures correspondent aux demandes du ministère public telles qu’il les a communiquées à l’AFP. Leur formulation doit être distinguée du contenu précis de la décision du juge.

Le contrôle judiciaire permet d’imposer des obligations à une personne laissée en liberté pendant la procédure. Dans ce cadre, le juge des libertés et de la détention statue sur les demandes du parquet. Il recueille auparavant les observations éventuelles du prévenu ou de son avocat.

Trente jours d’ITT, une évaluation des conséquences des violences

L’incapacité totale de travail, ou ITT, est une notion pénale. Elle mesure la période pendant laquelle une personne ne peut accomplir normalement les activités ordinaires de sa vie. Ces difficultés peuvent être physiques ou psychologiques. Elle ne se confond donc pas avec un arrêt de travail professionnel.

Comme l’explique le service statistique du ministère de l’Intérieur, cette évaluation peut concerner une personne qui n’exerce aucun emploi. Un médecin est habilité à la constater. Elle contribue à apprécier la gravité des blessures et à qualifier pénalement les violences.

Dans la procédure visant Greg Guillotin, le parquet retient trente jours d’ITT. Cette durée dépasse le seuil de huit jours mentionné dans la qualification annoncée. Ce chiffre ne renseigne ni sur le nombre d’épisodes dénoncés ni, à lui seul, sur la nature de chacun d’eux. Les éléments médicaux et les autres pièces du dossier pourront être discutés à l’audience.

Pourquoi une comparution à délai différé ?

Le parquet a annoncé une comparution à délai différé. L’article 397-1-1 du code de procédure pénale prévoit cette procédure lorsque les charges sont jugées suffisantes pour saisir le tribunal. Des résultats de réquisitions ou d’examens techniques ou médicaux déjà demandés doivent toutefois rester attendus.

Le prévenu doit être assisté d’un avocat. Le texte prévoit une audience dans un délai maximal de deux mois. Il organise, dans l’intervalle, l’accès des parties aux pièces nouvellement versées au dossier. La défense peut aussi demander des actes qu’elle estime nécessaires à l’établissement de la vérité.

Ce cadre légal explique comment une audience peut être fixée après la présentation au parquet, sans jugement immédiat. Il ne permet pas de préciser quels résultats étaient encore attendus dans cette affaire. Pour Greg Guillotin, l’échéance annoncée est celle du 27 novembre devant le tribunal correctionnel d’Évry.

La défense reconnaît des violences, mais conteste un système de contrôle

Début septembre, après la révélation de la plainte, Greg Guillotin avait reconnu publiquement des violences physiques et psychologiques envers son ancienne compagne. Il avait dit en avoir « honte ». Cette prise de parole précède les auditions qui ont conduit à la fixation du procès.

Après sa garde à vue, son avocat, Me Tom Michel, a publié un communiqué reproduit par Le Parisien. Il indique que son client a répondu aux enquêteurs et fourni des éléments à la procédure. Il affirme que la qualification de harcèlement a été écartée. Cette précision est présentée comme la position de la défense.

Interrogé le 30 septembre par 20 Minutes, Me Tom Michel précise que son client a admis des violences devant les gendarmes. D’après l’avocat, Greg Guillotin reconnaît notamment des insultes et des rabaissements, mais conteste que ces comportements aient constitué un système de contrôle. L’avocat oppose ainsi une reconnaissance de certains faits à d’autres accusations qu’il réfute.

De son côté, Me Jean-Baptiste Riolacci, avocat de la plaignante, s’est confié au même journal. Il explique que des photographies, des enregistrements et des messages accompagnent sa plainte. Ces éléments, comme les explications de la défense, relèvent du débat judiciaire à venir. Les déclarations publiques du youtubeur ne valent pas reconnaissance indifférenciée de tous les faits poursuivis.

Une seconde plainte distincte de l’audience d’Évry

Greg Guillotin est également visé par une plainte déposée début septembre par une autre ancienne compagne pour des viols présumés. Dans un communiqué consacré à cette accusation, son avocat indique qu’il la conteste formellement. Me Tom Michel a réaffirmé cette contestation dans son entretien du 30 septembre et demandé de distinguer les deux dossiers.

Cette plainte concerne une autre relation et suit une procédure distincte. La date du 27 novembre annoncée par le parquet d’Évry porte sur les poursuites pour violences habituelles. Elles concernent la plaignante qui avait saisi la justice en juin.

Cet article a été rédigé par Christian Pierre.