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Gabrielle Chanel : icône de mode intemporelle

Gabrielle Chanel également connue sous le nom de Coco Chanel se tient fièrement devant sa boutique la célèbre créatrice qui a révolutionné la mode incarne l'élégance et l'innovation on imagine que la boutique contient des articles iconiques tels que le sac Chanel femme les ballerines Chanel et les boucles d'oreilles Chanel ainsi que des références à ses célèbres parfums comme Coco Chanel parfum et Gabrielle Chanel parfum Gabrielle Chanel a laissé un héritage indélébile son influence est visible dans chaque détail des broches Chanel aux baskets Chanel et même dans les savons Chanel sa boutique est un sanctuaire de style où l'essence Gabrielle Chanel et les produits comme le Chanel Preston et le parfum pour Monsieur Chanel sont célébrés Gabrielle Chanel ou Coco Chanel reste une figure emblématique de la mode symbolisant l'élégance le style et la modernité

Gabrielle Chanel a révolutionné la mode, créant des standards de liberté et de style qui perdurent. De son enfance à l’orphelinat d’Aubazine à la fondation de sa maison de couture emblématique rue Cambon, Chanel a défendu une mode libératrice, transformant par exemple la petite robe noire en symbole d’émancipation féminine. Son héritage, incarné entre autres par le célèbre parfum Chanel N°5 et ses créations intemporelles, continue d’influencer la mode. Gabrielle Chanel n’a pas seulement créé des vêtements ; elle a redéfini la femme moderne en toute élégance. Portrait d’une visionnaire qui a changé à jamais le visage de la Haute Couture.

Une enfance difficile

Gabrielle Chasnel voit le jour le 19 août 1883 à Saumur, dans une maternité dirigée par des religieuses catholiques. Issu d’une famille de marchands, son père camelot du Gard et sa mère couturière Jeanne ont eu cinq autres enfants : Julia-Berthe, Alphonse, Antoinette, Lucien et Augustin.

Peu d’éléments filtrent sur l’enfance de la créatrice ; elle-même se montre plutôt discrète sur cette période. Néanmoins, Gabrielle se révèle une enfant calme, solitaire et profondément attachée à son père. Un homme pourtant décrit comme morose et fréquemment absent, mais qu’elle idolâtre toutefois sans réserve.

Jeanne, la mère de Gabrielle Chanel, succombe à seulement 31 ans en 1895. La tuberculose, les grossesses compliquées et l’épuisement au travail l’emportent. Gabrielle, âgée de douze ans, se retrouve quasiment orpheline, abandonnée par son père à l’orphelinat de l’abbaye cistercienne d’Aubazine en Corrèze.

Cette nouvelle vie marque un tournant pour Gabrielle. Elle commence à réinventer son passé en transformant son père en héros dans les histoires qu’elle raconte. Elle le dépeint comme un aventurier et un négociateur.

Pendant son séjour à l’orphelinat, elle développe un talent pour la couture et se passionne pour la mode. Elle s’inspire de l’austérité de son nouvel environnement. Les lignes épurées et les couleurs neutres, caractéristiques de la tenue des religieuses, jettent les bases de son style.

À l’âge de 18 ans, désireuse de fuir un mariage arrangé, Gabrielle trouve refuge chez sa tante paternelle à Moulins. Elle s’inscrit alors chez les dames chanoinesses de l’Institut Notre-Dame. Elle y cultive avec ardeur sa passion pour la couture. Confrontée à des moyens limités, elle ne peut honorer les frais de scolarité et obtient le statut de pupille. Dès lors, elle ne souhaite que s’élever au-delà de sa condition sociale.

Au début du XXe siècle, son habileté avec le fil et l’aiguille est telle qu’elle intègre la maison Grampayre, un atelier spécialisé dans les layettes [vêtements pour les nouveaux nés, ndlr.].

Cependant, les épisodes de Moulins et d’Aubazine restent des chapitres que la créatrice évoque peu, les qualifiant de "traumatisants, malgré tout". Un voile de mystère persiste autour de sa jeunesse, révélant une personnalité complexe et résiliente.

Quand Gabrielle devient Coco

En 1900, le terme "cousette" est peu valorisé, évoquant des ouvrières du textile considérées comme frivoles. Gabrielle, s’opposant à cette étiquette, aspire pourtant à transcender sa condition.

Elle fréquente alors le Grand Café de Moulins, un rendez-vous des élégances. C’est là qu’elle croise des officiers du 10e régiment de chasseurs à cheval. Là, elle chante pour un public d’officiers et rêve d’une carrière dans le music-hall.

À 24 ans, elle commence à se produire régulièrement dans un bar local. C’est là qu’elle acquiert rapidement le surnom de "Coco". Ce surnom lui est attribué en référence à la chanson Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ?, un morceau qu’elle interprète fréquemment lors de ses performances scéniques.

Coco attire l’attention de jeunes hommes fortunés et se plaît à fréquenter la haute société. Elle rencontre alors Étienne Balsan, un officier élevant des chevaux, qui l’introduit dans le milieu équestre. Habile de ses mains, elle crée alors des tenues équestres, arborant cravate et bandeau, qu’elle porte elle-même à cheval. Leur relation dure environ un an.

C’est par l’intermédiaire de Balsan qu’elle rencontre Arthur Capel, surnommé "Boy". Elle devient sa maîtresse dans une relation passionnée qui, cependant, n’aboutira jamais au mariage. Boy préfère une union plus conforme aux attentes de sa famille avec une jeune Anglaise de son milieu social.

Pendant ces années, Coco gagne en confiance et en audace stylistique : elle conçoit, crée et réalise. Ses talents acquis à Moulins lui permettent de fabriquer de petits chapeaux originaux, qu’elle porte bas sur le front.

Pour les courses hippiques ou les dîners en société, elle abandonne les robes de couturiers pour ses propres créations. Elle marque les esprits par les couleurs sobres de ses tenues, principalement le noir et le blanc. Son style androgyne attire également l’attention. Elle n’hésite pas à porter des pantalons ou des cardigans. Ses créations, élégantes et audacieuses, tranchent radicalement avec les normes de l’époque.

Portrait de Coco Chanel, 1909
Portrait de Coco Chanel, 1909

En 1909, elle installe son atelier boulevard Malesherbes à Paris. Elle y vend les petits chapeaux qui ont déjà conquis ses amies et relations de Compiègne. Sans formation spécifique, elle trouve les pièces en grande surface puis les customise et les revend. Face à la demande croissante, elle recrute sa sœur et sa cousine pour l’aider. Son chapeau, à la fois sophistiqué et simple, rencontre un franc succès.

Vivant avec son amant Boy Capel, Coco bénéficie intégralement du soutien financier de ce dernier. En 1910 elle rachète une patente et ouvre un salon de modiste au 21 rue Cambon, sous l’enseigne Chanel Modes.

Trois ans plus tard, elle inaugure une boutique à Deauville. Elle commence par vendre des chapeaux, puis élargit son offre à des vestes, des robes, des baskets signées Chanel… Le magasin, qui porte son nom complet Gabrielle Chanel, remporte un vif succès.

En 1915, une troisième boutique voit le jour à Biarritz. Sa réputation est faite… Coco Chanel ne cesse d’innover : elle prend ses distances avec le corset, libère les jambes avec des jupes courtes et popularise le jersey, le Crêpe de Chine et la broderie.

Ses boutiques, situées dans des stations balnéaires prisées, attirent une clientèle haut de gamme.

La naissance d’un nouveau style

Dès 1915, Gabrielle Chanel révolutionne le monde de la mode en confectionnant des robes de sport à partir de jersey. Ce tissu était alors utilisé pour les maillots des garçons d’écurie. Elle vise une silhouette inédite, libérant le corps des contraintes traditionnelles. Séduites, les femmes de l’époque adoptent ses cheveux courts et convoitent sa minceur. La jeune couturière joue habilement avec les codes masculins et féminins. Ses créations, simples et confortables, tranchent radicalement avec les corsets rigides portés par les aristocrates et grandes bourgeoises occidentales.

La Première Guerre mondiale provoque une pénurie de tissus, mais le jersey reste largement disponible : Chanel transforme cette contrainte en opportunité. En 1918, elle dirige l’une des maisons de couture les plus prestigieuses de son temps. Elle rembourse alors Boy Capel, affirmant son indépendance financière et refusant l’image de femme entretenue.

Cependant, lorsque Capel épouse une Anglaise, Gabrielle ressent une humiliation profonde. Elle n’est pas au bout de ses peines lorsque Boy trouve la mort dans un accident de voiture en 1919. Dévastée, Gabrielle confiera que la perte de Capel signifiait pour elle la perte de tout. Se raccrochant désespérément à son travail, elle continue de connaître un succès croissant. Cela la motive à développer davantage sa maison de couture.

Le sac Boy de Chanel, créé bien des années plus tard par Karl Lagerfeld, rend hommage à Arthur Capel. Pour la première campagne publicitaire de ce sac, une mannequin pose dans une écurie, évoquant ainsi les escapades équestres affectionnées par Gabrielle Chanel et Capel.

Un succès continu

Dès 1918, Chanel s’établit aux 27, 29 et 31 rue Cambon, devenant ainsi l’adresse historique de la marque, encore active aujourd’hui. Ses inspirations sont souvent tirées de ses nombreuses liaisons amoureuses avec les figures les plus en vue d’Europe. Ces dernières se reflètent clairement dans ses créations. Lors de sa relation avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch de Russie, par exemple, elle conçoit des robes aux motifs slaves et s’inspire d’une flasque de vodka pour le design de sa célèbre bouteille de parfum Numéro 5.

Coco Chanel et Dimitri Pavlovitch de Russie, 1920
Coco Chanel et Dimitri Pavlovitch de Russie, 1920

En 1924, lorsqu’elle devient la maîtresse de Hugh Richard Arthur Grosvenor, second duc de Westminster et homme parmi les plus riches d’Angleterre, elle emprunte des éléments du vestiaire masculin tels que le béret et la veste en tweed, qu’elle adapte pour les femmes qu’elle souhaite voir dynamiques et modernes.

Gabrielle Chanel prône une liberté féminine aux antipodes de l’image des "esclaves échappées", comme elle le disait elle-même. Elle innove constamment, proposant des pyjamas à porter tant sur la plage qu’en soirée, des cardigans en tweed, ou encore des jupes courtes – en dessous des genoux – incarnant ainsi la quintessence de la sophistication.

En 1926, elle crée la petite robe noire, révolutionnant l’usage de cette couleur autrefois réservée au deuil. La robe, droite, sans col et à manches trois-quarts, correspond parfaitement à l’esthétique garçonne propre aux années folles.

Son style, souvent qualifié de "pauvre" en raison de sa grande simplicité, contraste avec les tendances de l’époque. Cependant, Chanel cherche à se distinguer. Bien que ses créations soient épurées, elle crée aussi des accessoires : petits chapeaux, pierres ornées, boucles d’oreilles, broches…

En 1927, Gabrielle fait construire sa résidence à Roquebrune-Cap-Martin, baptisée La Pausa. Pour ce projet, elle puise son inspiration dans ses souvenirs de l’orphelinat d’Aubazine. La demeure accueille de nombreuses célébrités, telles que Jean Cocteau, Salvador Dali et Luchino Visconti… Ce qui l’inclut dans une certaine élite artistique.

L’Empire Chanel et les parfums devenus fragrances emblématiques

Gabrielle Chanel, innovatrice intarissable, se distingue en devenant l’une des premières couturières à lancer sa propre ligne de parfums.

Elle crée, en 1921, le Numéro 5, en étroite collaboration avec Ernest Beaux. Le parfum atteindra vite une renommée mondiale. D’autres fragrances seront lancées comme Numéro 22, Gardénia, Bois des Îles et Cuir de Russie.

Pour internationaliser ses parfums, elle s’associe en 1924 avec les frères Wertheimer, qui détiennent alors 70 % des parts des parfums Chanel. Aujourd’hui, leurs descendants possèdent la totalité de la Maison.

Passionnée de bijoux, elle ouvre également en 1924 un atelier dédié aux bijoux fantaisie. Elle affirme ainsi sa prédilection pour les accessoires qui valorisent les tenues.

Bijoux d'inspiration florale par Coco Chanel exposé au musée Galliera à Paris en 2023
Bijoux d’inspiration florale par Coco Chanel exposé au musée Galliera à Paris en 2023

En 1932, Chanel fait une incursion audacieuse dans le monde de la Haute Joaillerie avec sa collection Bijoux de Diamants. Les pièces, principalement montées sur platine, font sensation. Toutefois, cette initiative lui attire les critiques des joailliers parisiens qui doutent de sa légitimité. De plus, la collection suscite la controverse, car elle est lancée durant une période économiquement difficile, marquée par les séquelles du krach boursier.

À l’aube de la Seconde guerre mondiale, Mademoiselle Chanel préside une entreprise florissante. Elle emploie 4 000 ouvrières, capable de réaliser jusqu’à 28 000 commandes annuelles. Un véritable empire.

L’Occupation allemande

En 1939, Gabrielle Chanel ferme soudainement sa maison de couture. Dans une Europe en pleine mutation, elle prend la décision radicale de licencier son personnel. Ainsi, ses 4 000 ouvrières, qui réclamaient de meilleures conditions de travail, sont renvoyées. Chanel, insensible à leurs demandes, ne leur accorde absolument rien.

Durant cette période, elle se concentre exclusivement sur son activité de parfumerie. Voulant profiter des lois antisémites instaurées par le régime de Vichy, elle essaie de reprendre le contrôle de la marque de parfum Numéro 5, majoritairement détenue par les frères Wertheimer, d’origine juive. Dans une lettre adressée à Jean-Pierre Madoux, administrateur provisoire chargé de la liquidation des biens juifs, le 5 mai 1941, elle écrit : "Je me porte acquéreur de la totalité des actions Parfums Chanel qui […] sont encore la propriété de juifs et que vous avez pour mission de céder ou faire céder à des sujets aryens." Toutefois, ses viles tentatives sont vaines puisque les frères ont déjà trouvé refuge aux États-Unis. La romancière Françoise Sagan, qui l’a connue, confirmera son antisémitisme.

Au cours de la guerre, Coco Chanel noue une relation intime avec Hans Gunther von Dincklage, un ancien attaché d’ambassade allemand, relation qui se poursuivra après la guerre. Certains historiens pensent que dès 1943, von Dincklage aurait recruté la célèbre couturière comme espionne au profit de l’Allemagne nazie.

Coco Chanel a eu une liaison avec le duc de Westminster, un proche de Churchill. Elle aurait ainsi été chargée de faciliter des négociations pour une paix séparée entre l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cette opération, nommée Modellhut — chapeau de couture en allemand, aurait échoué après que Chanel et d’autres collaborateurs du nazisme aient été dénoncés. Néanmoins, cette version des faits reste sujette à controverses.

L’après-Guerre

À la Libération, Chanel est brièvement interrogée par les autorités, puis relâchée : une intervention attribuée à Winston Churchill suite à une requête du duc de Westminster, selon certaines sources.

Peu après la guerre, Gabrielle Chanel choisit de s’établir en Suisse, près du lac Léman. Elle y passe une décennie. Mais les allers-retours à Paris sont une nécessité pour la femme d’affaire redoutable qu’elle demeure.

Pendant ce temps, le New Look de Christian Dior captive l’attention internationale. Taille cintrée, seins pointus et corsets ; une esthétique radicalement opposée à celle de la couturière.

Le style de Dior, en plein essor, contraste fortement avec les principes de liberté corporelle prônés par Chanel. La France tombe sous le charme du nouveau créateur franco-suédois, résolument plus féminin que Chanel, qui dira de lui : "Dior n’habille pas les femmes, mais les rembourre." Ce dernier succombera à une crise cardiaque en 1957.

Le retour à Paris tant attendu

Malgré la dénonciation de la couturière durant la guerre, les frères Wertheimer persuadent Chanel de revenir à Paris pour relancer sa maison de couture.

En 1954, à l’âge de 71 ans, Chanel fait son grand retour dans la capitale française. Elle reprend ses activités de création, mais sa première collection est froidement accueillie : radicalement différentes de celles de Christian Dior.

Cependant, déterminée à imposer sa vision, Coco persiste et introduit une silhouette androgyne. Le tailleur en tweed, la blouse en soie blanche, les ballerines bicolores et le sac matelassé entrent dans la légende. Ce renouveau place Chanel au sommet de sa carrière.

Ses créations sont adoptées par les stars de l’époque, telles que Romy Schneider ou Jeanne Moreau dans Les Amants. Jackie Kennedy portait un tailleur Chanel rose lors de l’assassinat de son mari JFK en novembre 1963 à Dallas… Par ailleurs, Marilyn Monroe déclare ne dormir qu’avec quelques gouttes du fameux Numéro 5… En 1957, Chanel est récompensée par un oscar de la mode : un retour plus que réussi !

Coco Chanel et Jeanne Moreau, 1957
Coco Chanel et Jeanne Moreau, 1957

Mais point de trêve, Coco enrichit sa gamme de parfums avec des créations telles que Pour Monsieur, Numéro 19 ou Cristalle.

Les années 60 voient l’ascension de la minijupe, popularisée par Mary Quant. Chanel s’y oppose catégoriquement, estimant que les genoux, comme les coudes, sont laids et ne doivent pas être exposés. Elle conserve la longueur traditionnelle de ses jupes, restant indifférente aux tendances anglo-saxonnes.

Cependant, cette opposition révèle que Chanel ne comprend plus vraiment son époque, car la minijupe va perdurer jusqu’au 21e siècle. De même, elle traitera Paco Rabanne de "métallurgiste" quant à ses robes en métal.

L’histoire de la petite orpheline devenue "la Grande Demoiselle" est indissociable des femmes qui ont jalonné son parcours. Des sœurs du couvent d’Aubazine à sa propre sœur, en passant par sa cousine Adrienne, Romy Schneider et Colette, ce sont ces femmes, qu’elles soient de sa famille ou pas, qui ont aidé Gabrielle à connaître le succès, en portant et en promouvant ses tenues et ses accessoires.

La fin de sa vie

Gabrielle Chanel décède le 10 janvier 1971, à l’âge de 87 ans et beaucoup de gens se demandent encore de quoi est morte Coco Chanel.

De retour d’une promenade, Chanel est confrontée au concierge du Ritz à Paris, où elle résidait à l’année. Lorsqu’il s’enquiert de sa santé, elle lui répond avec une prescience glaciale : "Dans une heure ou deux, je serai morte."

Peu après, elle s’étend sur son lit, souffrant d’une douleur à la poitrine. Puis, elle confie à sa femme de chambre, "J’étouffe, Jeanne" avant de murmurer, "C’est comme cela que l’on meurt".

Coco s’était préparée pour son dernier voyage avec le même soin qu’elle dédiait à sa vie : coiffée, maquillée et élégamment vêtue, soulignant jusqu’au bout l’importance du style.

La Grande Demoiselle s’éteint seule, sans descendance directe ; ses amours et amis l’ayant souvent précédée dans la mort. Vers la fin de sa vie, elle était devenue de plus en plus solitaire. Cependant, des célébrités comme Salvador Dali, Yves Saint-Laurent et Jacques Chazot assistent à ses funérailles.

Elle repose en Suisse, dans une tombe de sa propre conception. Cette dernière est réalisée par le mari de sa petite-nièce, sa seule héritière directe. Sa fortune, elle la lègue à la fondation Coga, contraction de Coco et Gabrielle, gérée par sa petite-nièce. Mais une partie de sa fortune a aussi été léguée à son neveu : André Palasse, légataire principal de son héritage. Des avocats suisses assurent également la distribution de rentes à ses proches, employés et artistes.

Aujourd’hui, au 31 rue Cambon à Paris, un escalier mène à son appartement de trois pièces au second étage : lieu mythique. L’appartement, accessible aux bonnes clientes et aux journalistes, conserve la décoration originale choisie par Chanel. Les murs sont drapés de soie et d’or, ornés de lustres en cristal de roche. L’espace est aussi parsemé de nombreux bibelots, témoins silencieux d’une vie remplie de créativité et de passions.

Coco Chanel dans son appartement, rue Cambon, 1960
Coco Chanel dans son appartement, rue Cambon, 1960

Nous aurions pu en savoir plus sur la vie de Coco. En effet, dès les années 1950, elle a eu l’idée de faire rédiger ses mémoires par Louise de Vilmorin. Cependant, en raison des récits embellis de Chanel, le projet n’a jamais abouti. Et pour cause, Louise de Vilmorin, célèbre femme de lettres et compagne d’André Malraux, a éprouvé les plus grandes difficultés à prendre la plume, déclarant que Chanel ne racontait "que des bobards"…

Les successeurs de Chanel : Karl Lagerfeld et Virginie Viard

Après le décès de Coco Chanel en 1971, Karl Lagerfeld prend les rênes de la marque. Il la maintiendra au sommet de l’industrie de la mode jusqu’à sa propre disparition en 2019. Sous sa direction, Chanel reste synonyme de luxe, d’innovation et de qualité, une référence dans le monde entier. Le Bleu de Chanel, parfum masculin, est d’ailleurs créé à ce moment-là.

Depuis février 2019, la direction artistique de la maison Chanel est assurée par la styliste française Virginie Viard. Son parcours commence en tant qu’assistante de la costumière Dominique Borg sur le film Camille Claudel. Viard se distingue également dans l’univers du cinéma en collaborant sur d’autres projets, tels que la trilogie Trois Couleurs de Krzysztof Kieslowski, s’occupant des tenues de Juliette Binoche et Isabelle Adjani. En 1987, elle intègre Chanel, initialement en charge de la broderie. Puis, elle suit Karl Lagerfeld chez Chloé en 1992 ; avant de revenir chez Chanel cinq ans plus tard, où elle est nommée directrice du studio de création mode en 2000.

Décrite par l’excentrique Karl comme "son bras droit et gauche en même temps", Virginie Viard forme avec lui un duo créatif pendant plus de 30 ans, jusqu’à leur dernière apparition commune à la fin d’un défilé Chanel en octobre 2018.

L'exposition rétrospective Gabrielle Chanel : manifeste de mode, au palais Galliera, musée de la mode de Paris
L’exposition rétrospective Gabrielle Chanel : manifeste de mode, au palais Galliera, musée de la mode de Paris

À la suite du décès de Lagerfeld en 2019, Virginie Viard est nommée directrice artistique de Chanel. Elle est connue pour sa discrétion, contrairement au très médiatique Lagerfeld. Sa nomination suscite alors des interrogations quant à sa capacité à diriger une maison aussi emblématique. Néanmoins, en mai 2019, elle présente son premier défilé en tant que directrice artistique au Grand Palais à Paris.

Cet événement rend hommage aux codes instaurés par Coco Chanel et Karl Lagerfeld. Le défilé met en avant des éléments caractéristiques tels que les ballerines bicolores et les mousselines fleuries. Virginie Viard affirme aux médias français que Coco Chanel et Karl Lagerfeld sont ses deux principales influences : "On est attachées à deux personnes, à Karl et à Gabrielle Chanel. C’est comme si elle n’était pas morte. En tout cas, c’est comme ça que je travaille".

Chanel : plus qu’une marque, une histoire

De nos jours, Chanel est l’une des marques les plus emblématiques de l’industrie de la mode. Son histoire riche et son impact profond continuent de fasciner le monde. Chanel connaît également un succès sur nos écrans. Le film Coco avant Chanel, interprété par Audrey Tautou et réalisé en 2009, a rencontré un véritable succès. Ce rôle lui a d’ailleurs valu une nomination aux Césars.

De plus, il y a toujours autant de pubs Chanel sur diverses chaînes. Et beaucoup se sont demandé qui chante dans la pub Bleu de Chanel. Il s’agit d’Amanda Lear, célèbre mannequin des années 1960, interprétant la chanson Follow Me. Cette pub a entraîné un boom de recherches sur Lear, particulièrement en Corée du Sud.

De gauche à droite : Audrey Tautou dans le rôle de Gabrielle Chanel dans le film Coco avant Chanel et Shirley MacLaine dans le rôle de Gabrielle Chanel dans le téléfilm Coco Chanel
De gauche à droite : Audrey Tautou dans le rôle de Gabrielle Chanel dans le film Coco avant Chanel et Shirley MacLaine dans le rôle de Gabrielle Chanel dans le téléfilm Coco Chanel

La maison Chanel gère trois ateliers de couture. Deux sont des ateliers flous, spécialisés dans les pièces légères comme le tulle et la dentelle, employant environ 25 artisans. Le troisième, l’atelier tailleur, se consacre aux tailleurs en tweed. L’atelier crée entre 50 et 70 modèles par collection.

La confection d’un tailleur classique requiert une centaine d’heures de travail. Une robe de mariée peut, elle, demander jusqu’à dix fois plus d’efforts.

Chanel en définitive

Si vous ne deviez retenir que sept créations de l’héritage Chanel, ce seraient :

  1. La marinière : inspirée par la tenue des pêcheurs normands et introduite dans les années 1910, cette pièce est devenue un classique indémodable.
  2. Chanel n° 5 : né en 1921, ce parfum mythique est un mélange révolutionnaire de 80 ingrédients, toujours numéro 1 des ventes mondiales.
  3. Le costume d’homme : dans les années 1920, Chanel introduit le pantalon et le costume d’homme pour les femmes.
  4. La petite robe noire : introduite en 1926, elle surprend par sa simplicité et devient un incontournable de l’élégance.
  5. Le tailleur en tweed : introduit en 1954, il incarne l’élégance et le confort et marque son retour dans la Mode.
  6. Le sac 2.55 : créé en février 1955, ce sac matelassé avec une chaîne dorée est une icône de la mode, constamment réinventée.
  7. Les ballerines bicolores : lancées en 1957, ces chaussures beige et noir allongent la jambe et raccourcissent le pied.

En alliant simplicité et élégance, Chanel a créé un style intemporel et inégalé.

Coco Chanel portant ses propres créations : veste tailleur, bijoux et chapeau
Coco Chanel portant ses propres créations : veste tailleur, bijoux et chapeau

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