
La France va reconnaître l’État de Palestine à l’ONU
Emmanuel Macron a confirmé une décision majeure. Le président français a fait une annonce jeudi 24 juillet. La France reconnaîtra officiellement l’État de Palestine en septembre prochain. En effet, cette reconnaissance sera officialisée lors de l’Assemblée générale de l’ONU 2025 à New York. Ainsi, Paris rejoint un large groupe de pays ayant déjà franchi ce cap diplomatique. Cette annonce intervient dans un contexte tendu marqué par un conflit persistant à Gaza et des négociations bloquées entre Israël et le Hamas.
Un tournant diplomatique annoncé par Emmanuel Macron
Macron a qualifié cette reconnaissance d’“acte diplomatique fort”. Selon le président français, l’objectif est clair : répondre à l’urgence d’une paix durable au Proche-Orient. Il a déclaré : “Il faut enfin bâtir l’État de Palestine, assurer sa viabilité et permettre qu’en acceptant sa démilitarisation et en reconnaissant pleinement Israël, il participe à la sécurité de tous au Proche-Orient.”

Réactions internationales contrastées
L’annonce française a immédiatement divisé la communauté internationale. Israël a vivement critiqué cette démarche, qualifiée par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, de “dangereuse”. Il estime qu’elle risque d’encourager des acteurs hostiles et compromet la sécurité d’Israël. Les États-Unis ont également exprimé leur désaccord, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, qualifiant cette décision d’“imprudente” et contraire aux efforts de paix.
Cependant, les réactions dans le monde arabe ont été positives. L’Arabie Saoudite a parlé d’une “décision historique” et appelé d’autres nations à suivre ce chemin. La Jordanie considère cette reconnaissance comme “une étape cruciale” vers l’autodétermination palestinienne. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a quant à lui célébré une “victoire importante pour la cause palestinienne”.
En Europe, les positions divergent nettement. L’Allemagne refuse toute reconnaissance immédiate, rappelant l’importance fondamentale de la sécurité d’Israël. À l’inverse, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie soutiennent la démarche française. En effet, ces pays ont récemment reconnu l’État palestinien.
Une évolution diplomatique majeure
Actuellement, environ 150 pays membres de l’ONU reconnaissent l’existence de l’État palestinien. Cela inclut principalement les pays du Sud et les membres du mouvement des non-alignés. Jusqu’à présent, aucune puissance du G7 n’avait reconnu la Palestine. Avec cette décision, la France devient le premier pays du G7 à reconnaître officiellement l’État de Palestine, ce qui pourrait inciter d’autres pays européens à revoir leur position.
Historiquement, dès 1988, plusieurs États du bloc soviétique avaient déjà reconnu la Palestine. Plus récemment, certains pays européens ont franchi ce cap en réponse à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza et à l’impasse prolongée des négociations de paix.

Crise humanitaire et blocage politique
La reconnaissance par Paris intervient dans un contexte humanitaire particulièrement grave. La région est éprouvée depuis près de deux ans par une guerre à Gaza (2024-2025), un conflit meurtrier aggravé par un blocus sévère. Selon Médecins sans Frontières, 25 % des enfants de six mois à cinq ans souffrent de malnutrition. La situation des populations déplacées et des professionnels de santé continue de se dégrader.
Les tentatives récentes de négociations pour un cessez-le-feu à Doha se sont conclues par un échec, a indiqué l’émissaire américain Steve Witkoff. La France veut revitaliser la dynamique concernant la solution à deux États. Cette initiative repose sur les résolutions 181 et 194 de l’ONU, adoptées en 1947. L’objectif reste de permettre une coexistence pacifique entre Israël et la Palestine.
Débat interne en France
Sur le plan national, cette annonce a également suscité des débats. À gauche, notamment chez Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard, la décision est accueillie favorablement, mais jugée tardive. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, appelle à des actions concrètes supplémentaires.
En revanche, plusieurs voix critiques s’élèvent. Le Crif, le Consistoire central israélite et le Grand Rabbin de France ont exprimé de vives inquiétudes, jugeant la décision prématurée sans garanties sécuritaires claires, comme la libération des otages ou le désarmement du Hamas. À droite, François-Xavier Bellamy estime cette reconnaissance “inutile ou contre-productive”, tandis que Christian Estrosi parle d’une victoire offerte au Hamas.
Portée réelle de la reconnaissance
Selon le juriste François Dubuisson, la reconnaissance française ne crée pas juridiquement un État, mais lui donne une existence politique claire. Pour les défenseurs des droits humains comme l’ONG France Palestine Solidarité, cette décision doit s’accompagner de mesures concrètes : pression sur Israël, arrêt de la colonisation et actions humanitaires immédiates.
Vers une relance diplomatique ?
La reconnaissance de la Palestine par la France ne résoudra pas immédiatement le conflit. Toutefois, elle pourrait réactiver les efforts diplomatiques internationaux et rappeler l’importance du droit international. À New York, en septembre, la France espère susciter une dynamique nouvelle capable de rétablir une paix durable et équitable au Proche-Orient.