Effondrement du pont Hongqi en Chine : Maerkang frappée par des glissements (11/11/2025)

Effondrement d’un pont en Chine : récit du pont Hongqi à Maerkang (11/11/2025). Fermeture préventive, glissements soudains, aucune victime.

Le 11/11/2025 à Maerkang, dans le Sichuan, l’approche du pont Hongqi s’effondre, le pont s’est effondré quelques heures après des glissements de terrain, sans faire de victime. FFermé préventivement la veille par les autorités, cet ouvrage récent était clé pour la liaison vers le Tibet. Cependant, il a cédé sous l’instabilité d’un versant. Enquête en cours : comprendre la chaîne d’événements et les facteurs géotechniques.

Ce que l’on sait de l’effondrement

Le 11/11/2025, un effondrement partiel touche le pont Hongqi à Maerkang (Barkam), dans le Sichuan. L’ouvrage avait été fermé la veille par les autorités. En effet, des fissures et déformations étaient apparues sur le versant voisin. Lorsque la pente se dégrade en milieu d’après-midi, des glissements de terrain surviennent. Ils arrachent le pont d’accès et le remblai. Un nuage de poussière enveloppe la gorge. Aucune victime n’est signalée : les barrières étaient en place et la zone bouclée.

Ce pont en Chine s’inscrit sur un axe reliant le cœur du pays au plateau tibétain. Sa longueur atteindrait 758 m. Les autorités locales évoquent une instabilité du versant comme cause la plus probable. Une enquête est ouverte pour préciser les mécanismes et l’éventuelle combinaison de facteurs (géologie, eaux, travaux récents, trafic).

Un pont chinois récent sur un axe clé vers le Tibet

Le pont Hongqi a été livré quelques mois avant l’incident et positionné sur une section stratégique d’une route nationale qui file de Chengdu vers le Tibet via la G317. Cette transversale, longue de 2 028 km, franchit cols, vallées et hauts plateaux, articulant des territoires ruraux et des centres urbains. Elle constitue, avec d’autres liaisons, l’une des artères du désenclavement de l’ouest chinois et de la préfecture tibétaine et qiang d’Aba.

À l’échelle locale, le pont enjambe un relief creusé par un affluent de la Dadu He, à proximité du projet hydroélectrique de Shuangjiangkou, dont le barrage doit devenir l’un des plus élevés au monde. Les aménagements routiers de ce secteur ont été repensés au gré des chantiers hydroélectriques et des reconfigurations de berges.

Glissements de terrain : une montagne vivante

La zone de Maerkang se trouve aux marges orientales du plateau tibétain, un espace montagnard où s’imbriquent altitude, pliures tectoniques et contrastes climatiques. Les pentes y réagissent vivement aux cycles de gel-dégel, aux pluies et aux sollicitations anthropiques. Les glissements de terrain appartiennent au fonctionnement « normal » de ces reliefs. Ils peuvent rester discrets ou, comme ici, mobiliser des volumes suffisants pour déstabiliser une infrastructure récente.

En pratique, un pont ne s’effondre pas « par surprise » lorsque les signaux faibles sont détectés à temps. Ici, l’alerte est donnée le 10/11/2025 : des fissures serpentent sur la chaussée et des mouvements sont repérés sur la pente. La police et les services municipaux ferment l’accès, évacuent les véhicules, balisent, interdisent toute intrusion. Le lendemain, la cinématique s’accélère : la montagne glisse, l’approche se fissure, cède, et la poussière monte.

Fermeture préventive : un accident de pont évité

Le timing compte. La décision de fermer la veille change l’issue. Sans trafic au moment de l’effondrement, aucun automobiliste ne se trouve piégé sur l’ouvrage. Les images, saisissantes, montrent pourtant l’ampleur de l’instabilité : pans de remblai qui s’écroulent, tablier d’accès qui se disloque, piles qui s’enfoncent dans le chaos minéral. La scène est brève, quelques secondes. Puis la poussière retombe, laissant une cicatrice dans le paysage.

Carte de la Chine avec la province du Sichuan mise en évidence en rouge. C’est dans cette province, vers Maerkang (nord-ouest du Sichuan), qu’a eu lieu l’effondrement partiel du pont Hongqi.
Carte de la Chine avec la province du Sichuan mise en évidence en rouge. C’est dans cette province, vers Maerkang (nord-ouest du Sichuan), qu’a eu lieu l’effondrement partiel du pont Hongqi.

À ce stade, l’enquête privilégie un enchaînement géotechnique : instabilité du versantéboulementsrupture de l’ouvrage d’approche et du radier routier. Elle devra préciser si l’érosion liée aux travaux en cours a contribué à l’échec. De plus, les écoulements d’eau souterraine ou de précédentes crues pourraient être impliqués. Enfin, elle vérifiera si des contraintes non prévues ont joué un rôle. Les autorités évitent toute conclusion hâtive sur un défaut structurel du pont lui-même.

Qui fait quoi : autorités et constructeur

Les autorités municipales de Maerkang coordonnent la sécurisation et la circulation de déviation. La préfecture d’Aba pilote l’évaluation du versant et le suivi des risques résiduels. L’ouvrage avait été construit par le Sichuan Road & Bridge Group (SRBG), acteur public majeur des chantiers d’infrastructure dans l’ouest chinois. La société indique collaborer aux constats techniques et à la mise à disposition de documents. Par ailleurs, elle fournit des plans d’exécution, des rapports de terrassement et des données d’auscultation utiles à l’investigation.

Sur le terrain, les équipes procèdent à des levés et surveillent la micro-sismicité ainsi que les déformations de surface. De plus, elles vérifient la stabilité des tronçons restants. L’objectif immédiat : éviter un sur-accident, protéger les personnels, rouvrir des liaisons pour les riverains et les services d’urgence.

Un axe vital, un trafic à réorganiser

La fermeture de la section affectée appelle des déviations par les routes de montagne. Les poids lourds sont redirigés et des fenêtres de passage sont définies pour les approvisionnements essentiels. Les autorités ne donnent pas d’échéance pour une reprise normale du trafic. Avant tout, il faut stabiliser le versant et purger les blocs instables. Ensuite, terrasser un nouveau remblai et reconstruire le pont d’accès.

Au-delà, l’épisode rappelle la fragilité des corridors qui relient Sichuan et Tibet. Chaque col, chaque gorge est un point sensible. Les ingénieurs conçoivent désormais ces ouvrages comme des systèmes : structures, drainage, capteurs, parois clouées et écrans pare-blocs. L’enjeu est d’absorber le mouvement de la montagne, pas de le nier.

Images virales, émotions contenues

Les vidéos circulent, angulaires, tremblées. On voit l’approche se plier, la chaussée s’ouvrir, la pente se déliter. Vient le bruit sourd, puis un voile de poussière. L’œil repart sur le fleuve, sur les piles. La séquence crée de la sidération. Mais l’absence de victimes impose une lecture posée : ici, la prévention a fonctionné.

Effondrement de pont : enquête et responsabilité, pas de conclusions hâtives

Les enquêteurs vont reconstituer la chronologie et croiser les données : météo récente, pluviométrie, mesures de déformation, rapports de chantier, géométrie des couches. Ils vérifieront les hypothèses de glissements superficiels cumulés. De plus, ils examineront une rupture localisée dans un plan de faiblesse. Enfin, ils évalueront un déblai/remblai insuffisamment ancré. Toute mise en cause d’un défaut intrinsèque de l’ouvrage devra s’appuyer sur des preuves. D’ici là, la prudence prévaut.

Pour l’heure, l’information officielle tient en quelques lignes : fermeture préventive, glissements de terrain, effondrement de l’approche et du remblai, aucun blessé. Le reste relève d’un travail de terrain qui prendra du temps.

Encadré — Comprendre

Géologie du Sichuan : aux confins du plateau tibétain, les pentes sont actives. Gel-dégel, pluies, séismes et travaux modifient l’équilibre des terrains. Les glissements y sont fréquents et parfois rapides.

Liaison vers le Tibet : la G317 relie Chengdu à Naqu. Axe de 2 028 km, elle traverse cols et vallées à plus de 2 500 m d’altitude. Elle est essentielle aux échanges et à l’approvisionnement des hautes vallées.

Fermetures préventives : face à des signes (fissures, tassements, mouvements de pentes), la police et les gestionnaires peuvent bloquer la circulation, évacuer et surveiller. C’est la clé pour limiter les risques humains.

Héritière des cultures qiang et tibétaine d’Aba, l’architecture initiale de la région naît de la montagne : maisons-fortes en pierre (diaolou) apparues à l’époque Ming-Qing, maçonnerie chaînée de bois pour résister aux séismes, toits plats servant au séchage des récoltes et cours étagées adaptées aux pentes. Au XXe siècle, ces principes vernaculaires (pierres locales, raidisseurs en bois, murets pare-blocs) se diffusent dans les villages, puis inspirent les reconstructions post-séismes. Dans le contexte actuel, cette tradition rappelle une logique d’adaptation fine au relief et aux instabilités qui encadrent aujourd’hui l’effondrement partiel du pont Hongqi.
Héritière des cultures qiang et tibétaine d’Aba, l’architecture initiale de la région naît de la montagne : maisons-fortes en pierre (diaolou) apparues à l’époque Ming-Qing, maçonnerie chaînée de bois pour résister aux séismes, toits plats servant au séchage des récoltes et cours étagées adaptées aux pentes. Au XXe siècle, ces principes vernaculaires (pierres locales, raidisseurs en bois, murets pare-blocs) se diffusent dans les villages, puis inspirent les reconstructions post-séismes. Dans le contexte actuel, cette tradition rappelle une logique d’adaptation fine au relief et aux instabilités qui encadrent aujourd’hui l’effondrement partiel du pont Hongqi.

Repères et références utiles

Maerkang (Barkam) : ville-district du Sichuan, à 2 615 m d’altitude. – G317 (route nationale chinoise) : transversale Chengdu–Naqu. – Projet de Shuangjiangkou : grand barrage en cours d’achèvement sur la Dadu He. – Sichuan Road & Bridge Group : entreprise publique d’ingénierie basée à Chengdu.

Au-delà du choc : entretien, capteurs, vigilance

Ce type d’événement renvoie à des pratiques d’entretien et de surveillance qui évoluent vite dans les massifs. Les gestionnaires combinent désormais auscultation des ouvrages (capteurs d’inclinaison, de déformation, de pore-pression), télédétection (photogrammétrie, LiDAR), et patrouilles régulières. Les données alimentent des seuils d’alerte. Par conséquent, elles déclenchent des fermetures préventives lorsque les paramètres s’écartent d’une plage jugée sûre. La G317, comme d’autres routes de montagne, gagne à être pensée en « corridor » : non seulement une chaussée, mais un système de soutènements, de drainage et d’ouvrages annexes, intégré à la géodynamique locale.

L’épisode du pont Hongqi ne dit rien, à lui seul, de la qualité de l’ingénierie chinoise. Il rappelle que, dans des reliefs instables, la tolérance au risque se décide collectivement. Cela inclut le choix de tracés, les investissements en ouvrages de protection, et l’installation de capteurs. De plus, la réglementation des circulations et la culture du détour sont essentielles lorsque la montagne l’exige.

Quelles suites pour la G317 et le pont Hongqi ?

Un pont neuf a cédé face à une montagne qui bouge. L’anticipation a évité le drame humain. Reste à comprendre la chaîne des causes, à stabiliser la pente et à repenser l’approche. Dans ces reliefs, l’infrastructure n’est jamais un objet isolé : elle vit avec le terrain, ses eaux, ses saisons, sa mémoire. L’affaire du pont Hongqi le rappelle avec force — sans outrance, mais avec gravité.

Chine, le pont hongqi à Maerkang récemment inauguré s’est effondré le 11/11/2025. Aucune victime

Cet article a été rédigé par Christian Pierre.