
Ce dimanche 28 décembre 2025 à 21 h 10, France 3 lance Dolomites : piégés aux sommets, un thriller des Dolomites adapté de la série italienne Black Out (Rai 1 / RaiPlay). Après une avalanche, les clients d’un hôtel se retrouvent dans un huis clos montagnard, coupés du monde, tandis qu’un passé lié à la Camorra refait surface. Portée par Alessandro Preziosi et Rike Schmid, la fiction se déploie en huit épisodes. Trois sont diffusés ce soir, puis la suite arrive le 4 janvier 2026.
Ce qu’il faut savoir avant de lancer le premier épisode
La série arrive en France sous un titre explicite. Cependant, elle possède déjà une histoire de l’autre côté des Alpes. En Italie, elle s’intitule Black Out – Vite sospese et a été diffusée sur Rai 1 puis disponible sur RaiPlay. France 3 reprend aujourd’hui ce récit de montagne, conçu pour être regardé sur quelques soirées.
La programmation de fin d’année n’est pas un hasard. Durant cette période, les chaînes recherchent des fictions « d’ambiance », faciles à rejoindre. Elles doivent être suffisamment rythmées pour retenir un public qui zappe plus facilement. Ici, l’argument tient en une phrase : un hôtel isolé, une catastrophe naturelle, et un groupe de personnes obligé de cohabiter alors que la confiance disparaît.
Informations pratiques (France)
- Titre (France) : Dolomites : piégés aux sommets
- Titre original (Italie) : Black Out – Vite sospese
- Format : 8 épisodes
- Diffusion TV : France 3 — dimanche 28 décembre 2025 (épisodes 1 à 3), puis dimanche 4 janvier 2026 (suite)
- Streaming : france.tv (France) ; RaiPlay (Italie)

Un huis clos d’altitude, entre drame familial et thriller
Tout commence comme une parenthèse. Nous sommes à la veille de Noël. La vallée est pleine, les familles se croisent, les hôtels affichent complet. L’un des personnages centraux, Giovanni Lo Bianco, arrive avec ses enfants : un homme pressé, habitué à maîtriser son environnement, qui veut offrir un séjour « normal » malgré les fractures du passé.
De l’autre côté du hall, Claudia Schneider n’est pas là pour se reposer. Médecin, elle vit sous protection avec sa fille depuis des années. Elle porte une peur précise, celle d’être retrouvée après avoir été témoin d’un meurtre lié à la Camorra. Dans un hôtel, on se fond dans la foule. Jusqu’au jour où la foule n’existe plus.
Le basculement est brutal : un séisme déclenche une avalanche. Route coupée, tunnel obstrué, lignes muettes. La montagne referme sa porte. La série s’installe alors dans sa mécanique la plus efficace : l’isolement rend chaque décision plus lourde, et chaque parole plus suspecte.
Le huis clos fonctionne ici à double niveau. Il y a l’urgence matérielle — se chauffer, manger, soigner, tenir. Et il y a l’urgence morale : décider qui croire, qui suivre, qui protéger. La promiscuité révèle les tempéraments. Elle fabrique aussi des boucs émissaires, dès que la peur devient une méthode.

Une série italienne récente, importée pour les fêtes
En Italie, la première saison de Black Out a été diffusée en janvier–février 2023 sur Rai 1. Son démarrage a marqué les audiences, ce qui a suffi à installer l’idée d’une suite. L’intérêt pour France 3 est évident : proposer au public français une fiction déjà éprouvée, sans la présenter comme un « événement » artificiel.
Ce type d’importation a aussi un avantage éditorial : il élargit la carte des séries proposées en prime time, longtemps dominée par les productions françaises, anglo-saxonnes et scandinaves. L’Italie, de son côté, a consolidé une tradition de fictions populaires. Celles-ci sont souvent bâties sur un décor très identifié — une ville, une région, un paysage — et sur une intrigue accessible.
Dans Dolomites : piégés aux sommets, le décor n’est pas un simple fond d’écran. Il impose un rythme et une logique. Une avalanche n’est pas un « twist » : c’est une contrainte qui change les corps, le temps, les relations. Cette matérialité parle facilement à un public. En effet, celui-ci n’a pas besoin de connaître les codes de la télévision italienne pour entrer dans l’histoire.
Des Dolomites filmées comme un personnage
Le tournage s’est déroulé principalement dans le Trentin (province de Trente), avec des passages par San Martino di Castrozza (Trentin), Canal San Bovo (vallée du Vanoï) ou Sagron Mis (Trentin), et dans la vallée du Vanoï (Dolomites). Ce choix donne une texture particulière aux images : on sent la profondeur des vallées, la densité de la neige, la fragilité d’une route.
Certaines scènes ont aussi été filmées à Rome et Naples, nécessaires au volet criminel du récit. Cette alternance évite l’effet de confinement total. En effet, on comprend que la menace ne naît pas seulement de la montagne. Elle a des racines plus anciennes, plus urbaines et parfois plus violentes.
Au-delà de la dramaturgie, le cadre renvoie à un territoire reconnu pour sa valeur patrimoniale. Les Dolomites sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009. Cette reconnaissance rappelle l’équilibre fragile entre attractivité touristique, vie locale et protection des milieux. La série n’en fait pas un discours, mais l’arrière-plan suffit : dans un paysage aussi puissant, la question de l’empreinte humaine n’est jamais loin.

Un casting transalpin, porté par Alessandro Preziosi
La série s’appuie sur un trio moteur. Alessandro Preziosi incarne Giovanni Lo Bianco, pivot du mystère en montagne : personnage volontairement contrasté, protecteur et opaque, capable d’élans sincères comme de décisions difficiles. Son jeu tient sur un fil, celui d’un homme qui veut reprendre le contrôle. Cependant, c’est au moment où le monde lui échappe.
Rike Schmid prête à Claudia Schneider une énergie plus intérieure. Médecin, mère, témoin protégée : son personnage cumule les responsabilités et les menaces. Dans un huis clos, ces couches deviennent explosives. La question n’est pas seulement « va-t-elle être retrouvée ? », mais « que va-t-elle révéler pour sauver sa fille ? ».
Marco Rossetti apporte une dynamique plus frontale, avec un personnage qui déstabilise les équilibres du groupe. Dans ce type de récit, la tension ne vient pas seulement du danger extérieur. Elle vient de la manière dont chacun justifie ses actes, et de la façon dont les autres les interprètent.
Autour d’eux, la distribution compose une communauté crédible : personnels de l’hôtel, habitants, touristes. C’est essentiel pour un huis clos : si le public ne croit pas au groupe, le suspense s’effondre. Ici, le mélange social et générationnel crée des frictions constantes, et donc des raisons de rester.
Une mise en scène qui privilégie la progression par révélations
La réalisation est signée Riccardo Donna, avec une mise en scène tendue et progressive : alterner scènes de groupe (où la peur circule) et scènes plus intimes (où les secrets se déposent). Le montage laisse rarement une situation se clore totalement. Une question posée en ouvre une autre.
L’écriture repose sur un principe : la catastrophe naturelle n’est pas la fin du monde, c’est le début d’un dévoilement. Dans un hôtel, on peut jouer un rôle. Quand l’hôtel devient une prison, jouer un rôle se paye. Cette logique donne à la série une tonalité de thriller, sans renoncer à un drame familial plus classique.
Le résultat est un récit qui avance sans multiplier les effets. Le décor fait déjà beaucoup. La tension se niche davantage dans les comportements : qui prend le pouvoir ? qui refuse d’obéir ? qui se tait au moment où parler sauverait les autres ? Ce sont des questions simples, mais elles sont redoutables quand la neige empêche de fuir.
Saison 2 de Black Out : déjà diffusée en Italie, pas encore annoncée en France
Le succès de la saison 1 a conduit à une saison 2, diffusée en janvier–février 2025 en Italie. Elle prolonge l’univers et élargit certains enjeux, en introduisant de nouveaux rapports de force.
En France, au moment de cette première diffusion sur France 3, aucune date n’a été officialisée pour la suite. C’est un choix courant : une chaîne évalue l’accueil du public avant d’engager une programmation supplémentaire. Pour les téléspectateurs, la bonne nouvelle est que la saison 1 se regarde comme un récit quasi complet. Cependant, elle laisse des ouvertures suffisamment nettes pour susciter l’attente.

Pourquoi ce format fonctionne en prime time
Les séries de montagne ont un atout immédiat : elles fabriquent un monde en quelques plans. Le froid, la nuit, la neige : tout devient langage. Et le huis clos, lui, offre une promesse claire : on va observer un groupe sous pression, jusqu’à ce que chacun se révèle.
En période de fêtes, cette recette a une efficacité particulière. On accepte plus volontiers d’enchaîner plusieurs épisodes. On regarde à plusieurs. On commente. La série, conçue pour être suivie « au fil », épouse ces usages.
Dolomites : piégés aux sommets s’inscrit aussi dans une circulation européenne des fictions. Le public français connaît déjà les thrillers nordiques, les drames britanniques, les polars espagnols. L’Italie ajoute une couleur différente : un sens du mélodrame contenu, et une manière d’ancrer la menace criminelle dans des histoires personnelles.
À retenir
Dolomites : piégés aux sommets propose un thriller de montagne où l’isolement agit comme un révélateur. Rendez-vous le 28 décembre 2025 à 21 h 10 sur France 3 (trois épisodes), puis le 4 janvier 2026 pour la suite. Une adaptation de Black Out mise sur un décor puissant et un suspense progressif. De plus, les personnages révèlent leurs secrets au fil des épisodes, formant ainsi la véritable ligne de crête.