Dix pour cent : le film revient sur Netflix

Valérie Vogt dans la série Dix pour cent avec Jean Dujardin et Camille Cottin. Crédits : AgenceYdB, CC BY-SA 4.0.

Valérie Vogt dans la série Dix pour cent avec Jean Dujardin et Camille Cottin. Crédits : AgenceYdB, CC BY-SA 4.0.

Disponible sur Netflix depuis le 10 septembre 2026, Dix pour cent : le film réunit Camille Cottin, Laure Calamy et les anciens d’ASK autour du premier tournage d’Andréa Martel. Réalisé par Émilie Noblet et écrit par Fanny Herrero avec Lison Daniel, ce long-métrage de 1 h 57 transforme la mécanique chorale de la série en un récit continu, entre retrouvailles, crises professionnelles et nouvelle étape internationale.

Où regarder Dix pour cent : le film et à quelle date ?

Le film est disponible sur Netflix en France depuis ce jeudi 10 septembre. Cette mise en ligne directe permet de retrouver les personnages cinq ans après la fermeture fictive de l’agence ASK. Elle ne suffit pas, en revanche, à conclure à une disponibilité identique dans tous les pays : les catalogues de la plateforme peuvent varier selon les territoires.

Émilie Noblet réalise cette comédie française, écrite par Fanny Herrero, créatrice de la série, avec Lison Daniel. Le film dure 1 h 57. Sa distribution rassemble Camille Cottin, Laure Calamy, Thibault de Montalembert, Grégory Montel, Nicolas Maury et Liliane Rovère. Vincent Macaigne et Laetitia Casta occupent une place centrale dans l’intrigue, tandis que George Clooney et Eva Longoria apparaissent dans leur propre rôle.

Laure Calamy à la cérémonie des César 2018. Crédits : Georges Biard, CC BY-SA 4.0.
Laure Calamy à la cérémonie des César 2018. Crédits : Georges Biard, CC BY-SA 4.0.

Le synopsis officiel part d’une crise très concrète. Andréa Martel a quitté le métier d’agent pour préparer son premier long-métrage, mais perd son acteur principal à quelques jours du tournage. Pour sauver le projet, elle rappelle ses anciens collègues. Le scénario réunit ainsi le groupe sans effacer les rivalités ni les blessures laissées par la disparition d’ASK.

L’agence laisse place au plateau de tournage

La série observait le cinéma depuis les bureaux de ceux qui négociaient les contrats, protégeaient les carrières et absorbaient les caprices. Le film déplace ce poste d’observation vers un plateau. Andréa n’est plus l’intermédiaire entre une vedette et une production : elle devient la réalisatrice dont le projet menace de s’effondrer.

Ce changement fournit davantage qu’un nouveau décor. Il conserve la matière première de Dix pour cent — les rapports de pouvoir, l’urgence et le mélange du professionnel avec l’intime — tout en inversant la position de son personnage le plus emblématique. Habituée à résoudre les crises des autres, Andréa doit désormais porter la responsabilité artistique et matérielle d’un film.

Camille Cottin à la Mostra de Venise 2024. Crédits : Harald Krichel, CC BY-SA 4.0.
Camille Cottin à la Mostra de Venise 2024. Crédits : Harald Krichel, CC BY-SA 4.0.

La mise en abyme est nette : une fiction consacrée aux coulisses du cinéma raconte maintenant un tournage en péril. Ce dispositif offre un fil unique capable de relier les retours successifs des anciens agents. Il évite, sur le papier, de juxtaposer de simples nouvelles individuelles et donne à leurs retrouvailles une urgence commune.

Comment faire tenir une série chorale en 1 h 57 ?

Le principal défi ne tient pas seulement au nombre de personnages. Pendant quatre saisons, la série pouvait associer une crise d’agence, une vedette invitée et plusieurs trajectoires intimes dans un même épisode, puis redistribuer les enjeux au suivant. Un long-métrage doit faire circuler cette énergie sans donner l’impression d’aligner plusieurs épisodes raccourcis.

Dans un entretien accordé à franceinfo, Fanny Herrero explique que le point final de la série ne lui semblait pas encore mûr. Elle dit avoir voulu retrouver l’affection portée aux personnages tout en « réinventant les situations, les relations ». Son intention consiste donc à ménager deux attentes contradictoires : rendre immédiatement reconnaissable la bande d’ASK et montrer ce que cinq années de séparation ont changé.

Camille Cottin au Festival international du film de Venise 2024. Crédits : Harald Krichel, CC BY-SA 4.0.
Camille Cottin au Festival international du film de Venise 2024. Crédits : Harald Krichel, CC BY-SA 4.0.

Le passage au film resserre aussi le temps dramatique. La perte de l’acteur principal donne un compte à rebours à l’ensemble, tandis que le tournage offre un espace où les personnages peuvent se croiser sans reconstituer artificiellement l’agence disparue. Cette architecture répond à la question de la réunion. Elle ne préjuge pas, à elle seule, de l’équilibre final entre le collectif, les intrigues personnelles et les apparitions de vedettes.

Un casting familier, des invités à intégrer

Le casting du film Dix pour cent repose d’abord sur le retour du noyau historique. Camille Cottin retrouve Andréa, Laure Calamy redevient Noémie, Thibault de Montalembert incarne à nouveau Mathias, Grégory Montel reprend Gabriel, Nicolas Maury joue Hervé et Liliane Rovère revient en Arlette.

Les apparitions de George Clooney et d’Eva Longoria prolongent l’autre signature du programme : des célébrités jouent avec leur propre image. Mais une vedette ne devient pas automatiquement un personnage. Fanny Herrero raconte ainsi que George Clooney a refusé une première scène, jugée trop générique. Les scénaristes l’ont réécrite, puis l’acteur a proposé des idées liées à sa propre filmographie. L’anecdote éclaire la méthode : le caméo doit être individualisé pour dépasser le simple effet d’annonce.

Thibault de Montalembert en novembre 2025. Crédits : CÉLINE NIESZAWER, CC BY-SA 4.0.
Thibault de Montalembert en novembre 2025. Crédits : CÉLINE NIESZAWER, CC BY-SA 4.0.

La présence de Vincent Macaigne et Laetitia Casta sert, elle, le moteur du récit annoncé : le premier interprète l’acteur autour duquel le projet d’Andréa se grippe, la seconde participe à cette intrigue de tournage. Le film doit donc articuler trois niveaux sans se disperser : les anciens d’ASK, les comédiens qui jouent des personnages et les stars qui apparaissent sous leur propre nom.

De France 2 à une sortie directement sur Netflix

Diffusée sur France 2 de 2015 à 2020, Dix pour cent a ensuite trouvé un public international sur Netflix sous le titre Call My Agent ! La plateforme n’a pas seulement élargi la circulation de la série : elle accueille désormais sa suite, conçue comme un film autonome plutôt que comme une cinquième saison.

Ce déplacement résume l’évolution du projet. Une fiction française née pour une chaîne nationale revient sous la forme d’un événement de plateforme, accessible d’un seul bloc. Le choix modifie aussi le rapport au temps : il n’y a plus de rendez-vous hebdomadaire ni de saison à installer progressivement. L’histoire doit relancer les personnages, exposer leur nouvelle situation et refermer son arc en moins de deux heures.

La bande-annonce diffusée par Netflix France met logiquement en avant les retrouvailles et les invités. Le véritable enjeu narratif se situe pourtant ailleurs : faire du tournage d’Andréa autre chose qu’un prétexte à reformer le groupe, et donner aux cinq années écoulées un poids réel dans leurs relations.

Des premiers avis, mais pas encore de verdict durable

Le jour de la sortie, les premières critiques ne constituent pas encore une réception consolidée. Aucune donnée d’audience durable et territorialisée ne permet non plus de qualifier le film de succès. Le classement de Netflix, s’il évolue dans les prochains jours, devra être daté et distingué de la longévité réelle du titre.

Un avis sur Dix pour cent : le film devra surtout mesurer ce que le nouveau format fait au collectif : la continuité du récit absorbe-t-elle les nombreux personnages ou les réduit-elle à des passages attendus ? Les vedettes enrichissent-elles l’intrigue ou interrompent-elles son mouvement ? Ce sont ces équilibres, davantage que la seule réunion du casting, qui diront si le film prolonge la série ou se contente d’en célébrer le souvenir.

Cet article a été rédigé par Émilie Schwartz.