
À Marseille, Sébastien Delogu prend la parole devant l’hôtel de ville le 2 juin 2024, après une manifestation en soutien à Gaza. L’écharpe tricolore souligne son mandat de député. Crédits : AN2303 / Wikimedia Commons.
Le député LFI Sébastien Delogu est convoqué le 13 novembre 2026 pour outrage après plus de huit heures de garde à vue à Marseille. La procédure fait suite à une altercation, le 24 août, avec trois policiers en civil venus interpeller un suspect dans son immeuble. Plaintes croisées et récits contradictoires laissent encore ouverte la question du déroulement exact des faits.
Une garde à vue suivie d’une convocation
Jeudi 27 août, Sébastien Delogu s’est présenté vers 14 heures au commissariat central de Marseille, où il pensait être entendu librement. Le parquet a annoncé son placement en garde à vue dans une enquête de flagrance pour « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ». La mesure a été levée vers 23 heures.
Son avocat, Me Yonès Taguelmint, a confirmé à l’AFP la convocation du 13 novembre. L’élu doit alors être jugé pour outrage. Cette qualification reste une accusation soumise au tribunal : elle ne vaut pas déclaration de culpabilité.

Deux versions toujours inconciliables
L’altercation remonte au lundi 24 août. Trois agents en civil cherchaient alors un homme soupçonné du vol d’une montre dans l’immeuble où réside le député. Ce suspect a ensuite été interpellé sans incident dans un appartement voisin.
Sébastien Delogu affirme avoir demandé aux agents de justifier leur qualité de policiers. Il accuse l’un d’eux de l’avoir insulté puis poussé et a déposé plainte pour violences volontaires. Un procès-verbal d’audition et un rapport d’intervention consultés par Libération livrent la version contraire des agents. Selon eux, le député aurait entravé leur entrée, proféré des insultes et averti le suspect de leur présence. Ces accusations contradictoires ne permettent pas d’établir la séquence complète.

La flagrance et l’immunité parlementaire
L’article 26 de la Constitution encadre les mesures privatives ou restrictives de liberté visant un parlementaire. Elles nécessitent en principe l’autorisation du Bureau de son assemblée. Cette autorisation n’est toutefois pas requise en cas de crime ou de délit flagrant, cadre invoqué par le parquet dans cette enquête. Cela ne signifie pas que l’immunité de Sébastien Delogu aurait été « levée ». Le texte ne tranche ni la régularité de la procédure ni le fond du dossier.
Le 26 août, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a apporté son soutien aux policiers. Il a toutefois reconnu que l’enquête devait déterminer les circonstances exactes. Les suites de la plainte du député ne sont pas encore connues publiquement.
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