
Vladimir Poutine dans son portrait officiel de mai 2012, visage d’un pouvoir que Paris désigne derrière une campagne cyber en Europe. Crédits : Kremlin.ru / Russian Presidential Press and Information Office, CC BY 4.0.
Dans les prochains jours, la France convoquera l’ambassadeur de Russie à Paris. Elle soutient aussi de nouvelles sanctions contre la Russie au niveau européen. Les autorités françaises attribuent la campagne de cyberattaques russes au FSB.
Jean-Noël Barrot a annoncé cette réponse lundi 13 juillet 2026. Elle vise des opérations d’espionnage et de sabotage dans une dizaine de pays européens, dont la France. Les incidents précis restent encore inconnus.
Une convocation et treize sanctions européennes
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a déclaré sur BFMTV-RMC que l’ambassadeur serait convoqué « dans les prochains jours ». Il a présenté cette convocation comme une réponse à la campagne cyber attribuée par Paris à la Russie. En parallèle, l’Union européenne a adopté des mesures restrictives contre neuf personnes et quatre entités. Ce cadre européen précise la portée des treize sanctions évoquées par Jean-Noël Barrot. Les sources officielles consultées n’établissent pas l’existence d’une liste française distincte.
Le ministre n’a pas donné la date exacte de la convocation ni détaillé le message qui sera remis à l’ambassadeur. Il n’a pas non plus identifié à l’antenne les victimes françaises. Les dommages éventuellement causés par ces opérations n’ont pas davantage été détaillés.

Le 16e Centre du FSB directement mis en cause
Le Quai d’Orsay a publié un communiqué le 13 juillet. Il affirme que la France est visée depuis plusieurs années par des activités d’espionnage numérique du 16e Centre du FSB. Il désigne plus précisément l’unité 61240, qu’il présente comme chargée du ciblage de la France.
L’Union européenne relie ce centre à plusieurs groupes de cybermenace, dont Turla. Cette attribution publique renforce l’accusation formulée par le gouvernement français. Les documents consultés ne détaillent ni les preuves techniques de chaque incident ni la liste complète des cibles françaises.
Jean-Noël Barrot a évoqué des ministères, des entreprises et des opérateurs dans les pays touchés. Selon lui, les intrusions cherchaient à recueillir des informations ou à perturber des infrastructures. Il a cité le cas d’installations ferroviaires en Pologne, sans présenter cet exemple comme une attaque menée en France.

Des réponses coordonnées, mais des périmètres distincts
Les mesures européennes visent notamment des officiers du renseignement militaire russe, des cybercriminels et des groupes se présentant comme hacktivistes. Elles concernent aussi des entreprises privées liées à des opérations cyber. Le gouvernement britannique a, de son côté, sanctionné 24 personnes et entités. Ces deux listes relèvent de régimes juridiques différents et leurs totaux ne doivent pas être additionnés.
En France, Jean-Noël Barrot a mis en avant l’Anssi, chargée de la sécurité des systèmes d’information. Il a aussi cité Viginum, qui détecte les ingérences numériques étrangères dans le débat public. Leur rôle ne vaut toutefois pas publication d’un bilan détaillé de cette campagne. Les sources examinées ne nomment aucune victime française et ne donnent aucune chronologie des intrusions. Elles ne chiffrent aucun dommage.
À la mi-journée du 13 juillet, aucune réaction publique russe n’avait été identifiée. Ni l’ambassade de Russie ni le Kremlin n’avaient réagi à cette nouvelle attribution. La convocation annoncée, sa date et une éventuelle réponse russe constitueront les prochaines étapes de cette séquence diplomatique.