
Sur un lit, un couple consulte un ordinateur portable, image paisible d’un usage numérique ordinaire. Le contraste sert d’illustration sobre à une affaire de traces en ligne. Crédits : moanpal / PxHere.
Cent soixante-dix-huit utilisateurs de Coco ont été interpellés en France et outre-mer entre mai et juin 2026, a annoncé la gendarmerie. Ces personnes, âgées de 20 à 60 ans, sont soupçonnées de diffusion ou de partage de contenus à caractère pédocriminel. D’autres soupçons portent sur des atteintes sexuelles visant des mineurs. L’opération prolonge la fermeture judiciaire du site en juin 2024.
Une opération nationale coordonnée par l’UNCyber
Dans sa note publiée le 8 juillet 2026, Gendinfo présente cette séquence comme la deuxième phase du dossier Coco. Cette phase suit le démantèlement de la plateforme. Les enquêteurs de l’Unité nationale cyber ont alors cherché à identifier les principaux contributeurs. Cette unité est rattachée à l’Unité nationale de police judiciaire.
Selon Gendinfo, les investigations ont conduit les enquêteurs à analyser 185 853 photographies et 23 597 vidéos. La gendarmerie indique aussi que 762 militaires ont été mobilisés, avec 172 gardes à vue et six auditions de mis en cause. Ces chiffres doivent être lus comme des données d’enquête : ils ne disent rien, à eux seuls, de la culpabilité individuelle des personnes interpellées.
Les faits nouveaux repérés pendant l’information judiciaire initiale ont été dénoncés au parquet de Paris. Celui-ci a confié de nouvelles investigations à l’UNCyber. L’unité doit rendre compte aux parquets compétents selon le domicile des mis en cause.

Des suites judiciaires déjà engagées
À ce stade, la gendarmerie fait état de sept peines d’emprisonnement ferme et de deux peines avec sursis. Elle mentionne également 19 placements en détention provisoire, 19 placements sous contrôle judiciaire et 22 convocations devant la justice. Les investigations se poursuivent.
Cette ventilation impose une distinction stricte entre les situations judiciaires. Une personne interpellée peut avoir été entendue, placée en garde à vue, poursuivie, convoquée, détenue provisoirement ou déjà condamnée. L’article ne peut donc pas présenter l’ensemble des 178 personnes comme coupables, même si le communiqué officiel emploie un vocabulaire très affirmatif.
Franceinfo, TF1 Info, BFMTV, Le Parisien et Le HuffPost ont publié des récits concordants de l’opération. Ils l’attribuent à la gendarmerie ou à l’UNCyber. TF1 Info et Le Parisien détaillent aussi le total de 207 197 médias analysés. Ce chiffre additionne les volumes de photographies et de vidéos rapportés par la gendarmerie.
Coco, de la fermeture à la trace numérique
Coco, aussi connu sous les adresses Coco.fr ou Coco.gg, était présenté comme un service français de rencontre en ligne. Les autorités lui reprochent d’avoir facilité des usages criminels. Elles visent l’absence de vérification d’identité à la création des profils et une modération jugée insuffisante. Gendinfo attribue aussi cette facilité de retour aux options laissées aux utilisateurs exclus. Ceux-ci pouvaient réintégrer la plateforme en payant une « amende » ou via un système « Premium ».
Le site avait été démantelé en juin 2024. L’enquête était menée sous la direction de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée du parquet de Paris. L’UNCyber, l’Office national anti-fraude et le Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace avaient été mobilisés. Eurojust avait aussi apporté son appui, avec des opérations menées dans plusieurs pays européens.
Une information judiciaire avait ensuite été ouverte le 28 juin 2024 pour administration de plateforme en ligne permettant des transactions illicites et blanchiment. C’est dans ce cadre que les enquêteurs disent avoir remonté des profils d’utilisateurs. Les faits distincts repérés ont ensuite été transmis au parquet de Paris.
La question Cocoland reste ouverte
La fermeture de Coco n’a pas mis fin au sujet. En avril 2026, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur la réapparition d’un service présenté comme son prolongement. Ce service apparaissait sous le nom Cocoland, selon une information confirmée au HuffPost avec l’AFP. Cette enquête a aussi été confiée à l’unité cyber de la gendarmerie.
La haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry avait alerté sur cette réapparition au printemps 2026. La question dépasse donc le seul sort d’un nom de domaine. Elle porte sur la capacité des autorités à fermer une plateforme et à exploiter les traces laissées par ses utilisateurs. Elle porte aussi sur le risque de voir des espaces de prédation en ligne se reconstituer ailleurs.
L’affaire Coco entre ainsi dans une chronologie plus longue. Le démantèlement de 2024 a fermé un point d’accès connu. Les interpellations de 2026 montrent que l’exploitation judiciaire des données peut se poursuivre longtemps après. Le volet Cocoland rappelle, lui, que la protection des mineurs en ligne dépend aussi de la surveillance des réapparitions. Elle dépend également des services qui reprennent les mêmes failles.