
Crédits : Gil Zetbase / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.
Du 12 au 23 mai 2026, la 79e édition du Festival de Cannes se tiendra sur la Croisette. Le jury sera présidé par Park Chan-wook, avec une sélection officielle déjà dévoilée. De plus, plusieurs noms de vedettes sont avancés par les médias. À quelques jours de l’ouverture, l’enjeu est d’identifier les présences confirmées. Par ailleurs, il faut distinguer les venues plausibles liées aux films. Enfin, les attentes alimentent à elles seules la dramaturgie cannoise.
Les noms qui ouvrent déjà la conversation
Chaque printemps, Cannes commence avant l’ouverture. Les annonces officielles fixent le cadre. Les médias, eux, ajoutent la couche des visages attendus. C’est dans cet écart que naît une partie de la fièvre cannoise.
Cette année, BFM TV cite notamment Scarlett Johansson, Cate Blanchett et Gilles Lellouche parmi les personnalités les plus attendues sur la Croisette. Mais cette liste doit être maniée avec prudence. À ce stade, ces noms relèvent d’une attente médiatique, pas d’une confirmation publique du Festival pour chacun d’eux. À Cannes, la nuance est essentielle, car une vedette peut être liée à un film spécifique. Par ailleurs, elle peut être associée à une rumeur de présence ou à une opération de promotion. De plus, il existe des cas où une vedette est simplement un effet d’emballement.
Les éléments institutionnels, eux, sont établis. Le Festival se tiendra du 12 au 23 mai 2026. Le jury des longs métrages sera présidé par le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook. Parmi les jurés annoncés figurent notamment Demi Moore, Chloé Zhao, Ruth Negga et Stellan Skarsgård. Eye Haïdara conduira les cérémonies. Et l’ouverture se fera avec « La Vénus électrique » de Pierre Salvadori, présentée hors compétition.
Ces données dessinent déjà une édition très lisible. Un président de jury à forte signature cinéphile. Des jurés capables d’attirer l’attention bien au-delà du seul monde du cinéma d’auteur. Une ouverture française. Et, autour de ce socle, une conversation médiatique dominée par les vedettes dont la venue reste, pour certaines, à confirmer.
Un Festival qui tient ensemble prestige et programmation
La sélection officielle 2026 donne la mesure de cette édition. Elle réunit des cinéastes aussi installés que Pedro Almodóvar, Asghar Farhadi, James Gray, Ryusuke Hamaguchi, Koreeda Hirokazu, Cristian Mungiu, Rodrigo Sorogoyen ou Andreï Zviaguintsev. Cette densité explique aussi l’attention portée aux acteurs et aux actrices. À Cannes, une présence ne vaut jamais seulement pour elle-même. Elle renvoie à un film, à un producteur, à un distributeur, à un marché international.
Le jury en offre déjà un aperçu concret. Demi Moore apporte un poids hollywoodien immédiatement identifiable. Chloé Zhao incarne une circulation plus souple entre cinéma indépendant et grandes productions. Stellan Skarsgård, lui, relie depuis longtemps prestige critique et notoriété plus large. Ce ne sont pas des noms décoratifs. Leur présence contribue à définir la tonalité d’une édition.
Cannes fonctionne ainsi depuis toujours. Le Festival montre des films, mais il organise aussi leur visibilité. Il ne suffit pas qu’une œuvre soit sélectionnée. Encore faut-il qu’elle existe dans la conversation mondiale pendant ces quelques jours. En effet, la Croisette devient un centre de gravité pour la critique, le marché et les diffuseurs.
C’est dans ce cadre qu’il faut situer les noms de Scarlett Johansson ou de Cate Blanchett. Leur force d’appel est évidente. Elles confèrent immédiatement une portée internationale à l’édition, qu’elles soient officiellement annoncées ou attendues autour d’un film. De plus, elles peuvent être simplement associées à l’événement par anticipation médiatique. À Cannes, un nom célèbre agit comme un accélérateur de récit.
Entre présence confirmée et simple attente, la frontière reste décisive
C’est là que l’article culturel doit résister au réflexe de la simple galerie de portraits. Le Festival annonce des films, des jurys et des événements. Le reste procède souvent d’une lecture du programme, des parcours des artistes et des habitudes de la Croisette.
Dans le cas de Scarlett Johansson, de Cate Blanchett ou de Gilles Lellouche, la formulation doit donc rester exacte. À ce stade, il est plus juste de dire que ces noms circulent avec insistance dans les articles d’avant-festival. En effet, il est prématuré d’affirmer leur présence comme acquise. Cette prudence n’affaiblit pas le papier. Elle lui donne au contraire sa solidité.
Le Festival, de son côté, fournit déjà assez de matière concrète. Peter Jackson doit recevoir une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture et participer à une conversation publique. Eye Haïdara mènera les cérémonies. Le calendrier des projections et des sections dessine peu à peu le rythme de la quinzaine. Ce sont ces éléments-là qui permettent de mesurer l’édition, bien plus que la seule circulation des visages.
Reste que la hiérarchie des noms n’est jamais neutre. Gilles Lellouche attire l’attention parce qu’il occupe une place très identifiée dans le cinéma français, entre popularité, crédibilité et exposition médiatique. Cate Blanchett, elle, renvoie immédiatement à une idée du prestige festivalier. Scarlett Johansson, de son côté, concentre une forme de puissance hollywoodienne qui déborde largement le seul public cinéphile. Chacun de ces noms raconte donc un rapport différent à Cannes.
Le vrai sujet reste pourtant la place des films
Il serait réducteur d’en rester au seul éclat des vedettes. Si Cannes conserve une telle autorité, c’est parce que le prestige visuel s’appuie sur une programmation qui continue de structurer le débat cinématographique. La compétition 2026 rassemble des auteurs confirmés, des œuvres françaises très visibles et plusieurs propositions venues d’horizons esthétiques éloignés.
Dans les autres sections de la sélection officielle, on retrouve aussi Judith Godrèche, Jane Schoenbrun, Daniel Auteuil, Christophe Honoré, Géraldine Nakache, Quentin Dupieux ou Steven Soderbergh. Cet éventail montre ce que Cannes sait encore faire mieux que d’autres festivals généralistes. Faire coexister des auteurs consacrés, des cinéastes plus exposés au grand public et des œuvres appelées à vivre ensuite dans des circuits très différents.
La France y tient une place importante. « La Vénus électrique » de Pierre Salvadori ouvre le Festival hors compétition. D’autres films signés Jeanne Herry, Léa Mysius, Agnès Jaoui, Guillaume Canet ou Daniel Auteuil apparaissent dans diverses sections. Derrière les marches et les photographes, Cannes reste aussi une scène où le cinéma français se présente à lui-même, se compare, se hiérarchise et cherche sa place dans le paysage international.
À quelques jours de l’ouverture, il faut donc lire la Croisette avec méthode. Les noms circulent vite, parfois plus vite que les confirmations. Les médias cherchent des visages. Le Festival, lui, installe patiemment son architecture. Cannes 2026 semble ainsi tenir sur une ligne claire. En effet, un jury très exposé et une sélection internationale dense caractérisent l’événement. De plus, une présence française forte est notable, tandis qu’une machine médiatique toujours aussi efficace transforme l’attente en événement.
Le vrai enjeu de cette édition apparaît déjà. Savoir distinguer ce qui relève du cinéma, ce qui relève de la communication et ce qui naît de leur rencontre. C’est précisément dans cet entre-deux que Cannes demeure sans équivalent. Un lieu où les films comptent encore assez pour que les stars y aient du sens.
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