
Après l’action de #NousToutes (France) le 06 décembre 2025 aux Folies Bergère, Paris 9e, une vidéo en coulisses apparaît. Ainsi, elle montre Brigitte Macron qualifiant des militantes de « sales connes ». Publiée le 08 décembre, elle déclenche une polémique nationale : l’entourage invoque une critique de la méthode, les associations dénoncent un mépris. Contexte judiciaire : Ary Abittan a obtenu un non-lieu (affaire Ary Abittan) le 03/04/2024, confirmé le 30/01/2025.
Ce que montre la vidéo et ce qui s’est vraiment passé aux Folies Bergère
Dans une courte séquence tournée en coulisses des Folies Bergère à Paris, on entend Brigitte Macron proférer une insulte de la Première dame (« sales connes ») envers des militantes qui avaient perturbé, la veille, le spectacle de l’humoriste Ary Abittan. La Première dame ajoute qu’« on va les foutre dehors » et évoque des « bandits masqués ». La vidéo de Brigitte Macron, publiée par l’hebdomadaire Public le 08 décembre 2025, s’est rapidement diffusée sur les réseaux sociaux. En conséquence, elle a déclenché une polémique nationale en quelques heures.
Samedi 06 décembre 2025, quatre militantes féministes à Paris du collectif #NousToutes (France) avaient interrompu une représentation d’Ary Abittan en scandant « Abittan violeur » et en portant des masques à son effigie avec la mention « violeur ». Le spectacle avait repris après leur évacuation. Le lendemain, 07 décembre, Brigitte Macron assiste à une autre représentation, aux côtés de sa fille Tiphaine Auzière. L’échange filmé a lieu avant le lever de rideau.

Une polémique immédiate, amplifiée en ligne
Dès la mise en ligne de la vidéo, le hashtag #SalesConnes circule massivement. Des visuels sur fond noir reprennent l’expression en slogan. L’actrice Judith Godrèche, devenue l’une des figures visibles de la lutte contre les violences sexuelles dans le cinéma, écrit : «Moi aussi je suis une sale conne.» Le collectif #NousToutes (France) partage la séquence. Il affirme que c’est un mépris envers des militantes engagées. Ces militantes luttent contre les violences faites aux femmes.
Dans l’entourage de Brigitte Macron, on soutient que la Première dame vise la méthode utilisée – une irruption masquée pour empêcher un artiste de jouer – et non la cause féministe, ni les victimes. Cette interprétation n’éteint pas la polémique : la formulation, jugée blessante, domine la discussion publique pendant quarante-huit heures.
Rappels judiciaires : où en est l’affaire Abittan ?
Le volet pénal a été clôturé : mis en examen en 2021 pour viol, Ary Abittan a bénéficié d’un non-lieu (affaire Ary Abittan) le 03 avril 2024, confirmé en appel le 30 janvier 2025. L’humoriste a donc le droit de remonter sur scène. Les slogans entendus lors de l’action aux Folies Bergère sont des citations attribuées à des militantes. Ils ne valent pas qualification juridique. Ce rappel est essentiel pour éviter toute confusion entre accusation, instruction et décision de justice.

Qui dit quoi ? Tour d’horizon des réactions
Du côté des associations, #NousToutes (France) évoque des propos profondément choquants. Elles y voient « un crachat de plus » envers les victimes et le mouvement féministe. Des responsables politiques réagissent dans la foulée. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, estime que « ces propos sont gravissimes » et qu’« une Première dame ne devrait pas dire ça ». Manon Aubry, eurodéputée LFI, associe cet épisode à la promesse du début du quinquennat. Cette promesse était de faire des droits des femmes une grande cause. Elle dénonce une contradiction et appelle au départ du couple Macron. Sarah Legrain, députée LFI, rappelle qu’« un non-lieu n’efface pas la parole et les ITT d’une femme ».
François Hollande, invité de RTL, appelle à l’apaisement. Il affirme que l’on peut critiquer la forme d’une action. Cependant, « quand il s’agit de femmes luttant contre les violences faites aux femmes, on utilise un langage approprié ». En effet, on ne prononce pas des mots de cette façon. L’ancien président souligne le risque d’escalade verbale et l’intérêt d’un retour au calme.
Un théâtre, des coulisses, des écrans : récit d’une séquence
Folies Bergère, Paris 9ᵉ. La salle historique affiche complet. Les artistes passent du trac au rire en quelques secondes. Ary Abittan confie : « J’ai peur. » En face, Brigitte Macron sourit, quelques mots de soutien, puis la phrase qui fera le tour du pays. La caméra, tenue à hauteur d’épaule, capture l’échange.
Le lendemain, la séquence est publiée en ligne. Elle entre aussitôt dans un cycle désormais familier : extraction, montage court, diffusion virale, recontextualisation par les collectifs, réactions politiques, puis débat télévisé. En quelques heures, l’épisode s’inscrit dans une bataille de récits – liberté de création contre liberté de manifester, langage ordinaire contre langage public, droit et morale.
Une question de langage public
La fonction de Première dame n’est pas définie juridiquement, mais elle est symbolique. À ce titre, ses mots pèsent lourd. Dire « sales connes » dans un espace semi-privé mais enregistré revient, dans l’ère numérique, à parler en public. Les mots débordent des coulisses, gagnent la scène, puis l’espace médiatique. Ils heurtent d’autant plus que l’exécutif a, à plusieurs reprises, mis en avant cette priorité. En effet, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est une priorité affichée.
Face caméra, l’entourage de Brigitte Macron sépare méthode et cause. Les militantes, elles, estiment que le vocabulaire employé banalise un mépris envers les associations et les victimes. Entre les deux, de nombreux citoyens reconnaissent la tension : on peut contester l’irruption dans un théâtre sans insulter ses auteurs. C’est la ligne défendue par François Hollande.
Liberté de création, liberté de contestation
Les salles de spectacle sont des lieux de création et d’échange. Le droit de manifester existe. Quand des militantes interrompent une représentation pour dénoncer une programmation, elles exercent un geste politique. Ce geste bouscule des spectateurs venus « pour rire ». Quand une personnalité publique dénigre ces militantes, elle bouscule en retour celles et ceux qui s’engagent contre les violences.
Cette collision de libertés impose un cadre : la sécurité des salles, la proportion des réponses, le choix des mots. Une évacuation ferme et mesurée vaut mieux qu’une stigmatisation brutale. Et le débat public gagne en clarté quand les positions se disent sans invective.
La place des réseaux sociaux
Le cycle médiatique n’est plus seulement l’affaire des rédactions : Instagram, Bluesky et X structurent désormais la réception des événements. Les mots-dièse #SalesConnes et #NousToutes agrègent des témoignages, des déclarations et des slogans. Le cadre graphique (fond noir, typographies blanches) facilite la reprise.
Cette dynamique accélère la polarisation : en quelques heures, les positions se durcissent. Les commentaires de soutien ou d’indignation s’empilent. Dans ce flux, le rappel des faits – dates, lieux, décisions de justice – devient plus nécessaire encore.

Une séquence éminemment politique
Les partis écologiste et insoumis voient dans l’épisode un symptôme : entre promesses d’égalité et langage utilisé, il y aurait dissonance. Du côté présidentiel, on plaide la spontanéité et l’agacement face à une méthode jugée radicale.
La ligne de crête est étroite : assumer une politique publique contre les violences, défendre la liberté des artistes, garantir la liberté de manifester, et préserver une qualité de parole à la hauteur de fonctions institutionnelles. Cette équation se rejoue à chaque polémique et pèse sur l’image du couple présidentiel.
Au-delà de l’instant : que dit cette affaire de notre débat public ?
Cette séquence rappelle la fragilité de nos rituels démocratiques. Les mots déplacent des frontières : ils peuvent blesser, rassembler ou éclairer. Quand les rôles – militantes, artistes, responsables politiques – s’entrechoquent dans l’espace d’un théâtre, la société tout entière s’y reflète.
Le contexte compte : depuis plusieurs années, le débat français sur les violences sexistes et sexuelles a gagné en visibilité grâce au travail des associations, des victimes et de personnalités publiques, dont Judith Godrèche. L’épisode des Folies Bergère n’en est qu’un chapitre ; il révèle à quel point le choix des mots et la conduite du débat restent déterminants.

Points de repère chronologiques
- Fin 2021 : accusation visant Ary Abittan.
- 03 avril 2024 : non-lieu prononcé (affaire Ary Abittan).
- 30 janvier 2025 : non-lieu confirmé en appel.
- 06 décembre 2025 : action de #NousToutes aux Folies Bergère.
- 07 décembre 2025 : vidéo tournée en coulisses où Brigitte Macron prononce les mots qui feront polémique.
- 08 décembre 2025 : publication de la séquence par Public et déferlement de réactions en ligne.
Enjeux de responsabilité et précautions d’usage
- Responsabilité des mots : une personnalité publique parle toujours potentiellement en public.
- Précision juridique : rappel systématique du non-lieu confirmé pour Ary Abittan (affaire Ary Abittan).
- Éthique du débat : distinguer critique d’une méthode et attaque ad hominem.
- Respect des personnes : éviter toute stigmatisation des victimes et des militantes.
Parole publique : une responsabilité partagée
Un mot de trop peut défaire des années de prudence publique. L’épisode des Folies Bergère n’est pas qu’un dérapage : il questionne la manière dont les institutions, les artistes et les citoyennes et citoyens se parlent. Entre droit et symboles, colère et apaisement, le choix des mots reste un acte politique. Ici, il rappelle à chacun – figures publiques comme militantes – la responsabilité de porter un débat ferme sur les violences. Cependant, ce débat doit être respectueux des personnes.