
À 37 ans, Karim Benzema rouvre, ce 12 décembre 2025, la porte des Bleus : s’il est appelé, il viendra. Depuis Djeddah, l’attaquant d’Al-Ittihad se dit prêt pour 2026, tandis que Didier Deschamps ne s’est pas exprimé publiquement. En France, le débat enfle : intérêt sportif, équilibre du vestiaire, message à la nouvelle génération. Reste une question simple : quelle utilité pour l’équipe ?
Ce que dit Benzema aujourd’hui
À 37 ans, Karim Benzema rouvre un débat que l’on croyait refermé. Dans un entretien accordé à la presse sportive, l’attaquant d’Al-Ittihad laisse entendre qu’un retour en équipe de France de football n’est pas hors de portée. Il ne s’agit pas d’un effet d’annonce, plutôt d’une formule simple : si appel 2026 de la sélection, il répondra. L’ex-international, Ballon d’Or 2022, refuse le romantisme facile du dernier tour de piste : il se projette dans la compétition et parle de travail, de niveau, d’envie intacte.
En filigrane, un message : il se tient prêt. Pas de mise en scène, pas d’ultimatum. Seulement l’idée que sa carrière, encore vive, peut croiser une dernière fois le maillot bleu. Pour lui, la Coupe du monde 2026 demeure un horizon stimulant plus qu’un mythe lointain.
« Si on m’appelle pour une Coupe du monde, je ne dirai pas non », résume-t-il, sans emphase.

Deschamps, la sélection et les lignes de force
Du côté de Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, rien n’a été officialisé. Aucune prise de parole récente du sélectionneur ne confirme ni n’exclut un rappel. C’est là que s’installent commentaires et conjectures. Des consultants estiment que le sélectionneur ne reviendra pas sur une page tournée après 2022. D’autres voient dans sa gestion des statuts une porte entrouverte, si l’intérêt de l’Équipe de France l’exige.
Il faut ici rappeler le contexte : depuis l’Euro 2024, la hiérarchie offensive s’est ajustée autour de Kylian Mbappé 2026 et d’ailiers créatifs (profil Michael Olise, Ousmane Dembélé, etc.), tandis que des avant-centres 2026 de métier (Marcus Thuram, Randal Kolo Muani, Jean-Philippe Mateta) ont grappillé du temps de jeu. L’animation de l’attaque 2026 testée par les Bleus penche vers un 4-2-3-1. Dans ce schéma, la pointe et le poste de numéro 10 sont des zones déjà disputées.
Dès lors, la question n’est pas seulement sentimentale : où et comment intégrer Benzema dans l’équipe de France liste sans déséquilibrer la structure ? Le sélectionneur a souvent revendiqué la « réoxygénation » de son groupe. Rappeler un Ballon d’Or serait un geste fort, mais au service d’un intérêt collectif que lui seul arbitre.
Le débat : équilibre, statuts et message à la nouvelle génération
Le retour d’une icône interroge le vestiaire autant que la tactique. On ne convoque pas à la légère un joueur au palmarès majestueux. Quelle place ? Titulaire si l’état de forme l’impose ? Impact-player dans une rotation pensée pour les matches à élimination ? Leader discret plutôt que tête d’affiche ?
Les arguments « contre » tiennent en trois points : l’équilibre trouvé sans lui, le message envoyé à ceux qui poussent (Zaïre-Emery, Doué, Barcola, Akliouche…), et le poids du passif de 2022. Les arguments « pour » renvoient à l’expérience unique de Benzema et à sa lecture du jeu exceptionnelle. De plus, il a la capacité à bonifier les partenaires, y compris Mbappé. Enfin, la valeur d’un numéro 9 réside dans sa polyvalence : combiner, fixer, terminer.
La discussion reste ouverte : elle n’oppose pas « jeunesse » et « ancien monde », mais interroge le meilleur mix pour juillet 2026.
Portrait : un compétiteur face au temps
Benzema n’a jamais cessé de se définir par le travail. Il insiste sur des routines devenues méthode : diète, soins, répétitions, concentration. Loin des glorifications, il parle de durée : « encore deux ans » à haut niveau, dit-il, comme on se fixe une crête. En Arabie saoudite, où la Saudi Pro League s’est densifiée, il enchaîne et assume un rôle de référence pour des coéquipiers plus jeunes. Le témoignage d’un partenaire – impressionné par son influence au quotidien – va dans ce sens : le statut se lit dans l’entraînement autant que dans le match.
Le compétiteur, chez lui, n’est pas une posture. Il y a l’enfant de Bron, le joueur formé à l’Olympique lyonnais. Ensuite, l’ascension madrilène, puis le retour au Moyen-Orient dans un projet de ligue. La France n’a jamais été loin : pas comme refuge, mais comme mesure – l’exigence du très haut niveau appliquée à soi-même.

Lyon en toile de fond : Aulas, la mairie et l’OL
L’actualité lyonnaise s’invite dans le récit. Jean-Michel Aulas, ancien président de l’OL, avance vers les municipales 2026 à Lyon. Benzema, lui, ne joue pas les équilibristes : il salue l’homme et juge qu’il serait « excellent » pour la ville. Le propos n’est pas un programme politique, plutôt un soutien personnel de celui qui a grandi sous l’écusson lyonnais.
Cette séquence dit deux choses. D’abord, le lien – jamais rompu – entre le joueur et sa ville formatrice. Ensuite, la façon dont une figure sportive peut se projeter dans la cité sans renier sa discrétion. Quant à un retour à l’OL en tant que joueur, il reste au conditionnel : Benzema ouvre la porte, mais ne promet rien.
Scénario sportif : où le placer, à quel rôle ?
Dans l’hypothèse d’une convocation, deux scénarios s’esquissent. Le premier : Benzema en pointe, avec Mbappé basculant sur un côté, un numéro 10 créatif en relais (profil Olise), et des ailiers intérieurs capables de jouer entre les lignes (Dembélé). Le second : Benzema en faux 9 à l’ancienne, décrochant pour aimanter et servir, Mbappé gardant la profondeur.
Reste la gestion des minutes. Un joueur de 38 ans en juin 2026 ne se pilote pas comme un U-23. En tournoi et lors des France football match décisifs, l’énergie est une ressource ; la lucidité, un avantage compétitif. Les Bleus ont déjà réussi sans lui, avec des France football matches de haut niveau – finale 2022, demi-finale Euro 2024 – et c’est précisément pour cela que son éventuel retour ne peut se penser qu’au prisme du groupe.

Contrat, horizon et hypothèse OL
Sur le plan contractuel, Benzema est lié à Al-Ittihad jusqu’en 06/2026. Il le rappelle : l’heure n’est pas à la rupture, encore moins à l’emballement. Interrogé sur l’OL, il répond avec mesure : l’idée d’un retour ne l’effraie pas, mais rien n’est acté. Il dit surtout vouloir jouer encore, gagner, transmettre. L’été 2026 concentre toutes les perspectives : la Coupe du monde au Canada–États-Unis–Mexique et, au-delà, un dernier chapitre à écrire quelque part.
Chronologie express
- 2014 : unique Coupe du monde disputée par Benzema, en Brésil.
- 2015–2020 : long éloignement de la sélection.
- Juin 2021 : retour chez les Bleus pour l’Euro 2021.
- Novembre–décembre 2022 : blessure avant le Mondial 2022, fin de l’aventure qatarie.
- 2023–2024 : installation en Arabie saoudite (Al-Ittihad), sélection remodelée.
- 11–12 décembre 2025 : propos publics ouvrant la possibilité d’un come-back.
- Été 2026 : Coupe du monde à 48 équipes.
Ce que l’on sait / Ce qui reste incertain
Ce que l’on sait :
- Benzema assume publiquement l’idée d’un retour en Bleus si appel il y a.
- Il entretient sa condition et se projette sur deux ans encore au haut niveau.
- Il apporte un soutien explicite à Jean-Michel Aulas en vue des municipales 2026 à Lyon.
- Son contrat le lie à Al-Ittihad jusqu’à juin 2026.
Ce qui reste incertain :
- La position exacte de Didier Deschamps : aucune déclaration directe récente ne ferme ni n’ouvre la porte.
- La place que lui réserverait la hiérarchie offensive (pointe, rotation, rôle d’impact).
- L’équilibre d’ensemble : quel effet sur Mbappé, sur les jeunes, sur la cohésion ?
2022, la blessure et les traces
Le Qatar demeure un point sensible de l’histoire. La blessure, l’évacuation rapide du groupe, les malentendus et les mots publiés sur les réseaux ont laissé des cicatrices. Chacun a sa version ; ce qui compte pour 2026, c’est la capacité de l’ensemble à regarder devant. Benzema, de son côté, a cessé d’entretenir le contentieux. La sélection, elle, a continué d’atteindre le très haut niveau.
Ce passé ne doit ni sanctuariser ni disqualifier l’avenir. Il rappelle seulement qu’un rappel ne serait possible qu’avec un cadre clair et des rôles établis. De plus, une communication sans ambiguïté entre staff et joueurs est essentielle.
Réactions et prudence médiatique
Les réactions publiques divergent. Certains consultants martèlent qu’un retour est improbable. D’autres estiment qu’il serait logique si la forme de Benzema restait élevée. On lit aussi la crainte d’un déséquilibre ou d’un signal ambigu envoyé à la nouvelle génération. La tonalité générale : prudence. Avec une constante : personne ne décide hors du sélectionneur.
L’éventail des issues : du simple dialogue à la convocation
Entre décembre 2025 et juin 2026, plusieurs scénarios coexistent. Le plus simple : rien ne bouge, les Bleus continuent d’avancer avec leur ossature actuelle et Benzema poursuit sa route à Djeddah. Un autre : un échange direct a lieu, clarifie attentes et rôle potentiel, sans que cela débouche nécessairement sur une liste. Le dernier, le plus visible : une convocation tardive dans la liste équipe de France, liée à un besoin précis (profil, blessure, gestion d’un match-clé), et acceptée par toutes les parties prenantes.
Dans tous les cas, l’arbitrage sera sportif. Il engagera la cohérence du projet et la vie du groupe. Les contours d’un rôle utile existent ; la nécessité demeure à démontrer.

Verdict provisoire
La probabilité d’un retour n’est pas une certitude. C’est un possible sérieux car l’intéressé en assume l’idée. Cependant, c’est fragile puisque le temps passe et la sélection a avancé sans lui. Entre nostalgie et pragmatisme, reste l’essentiel : si Deschamps–Benzema juge que la France y gagne, la porte s’ouvrira. Sinon, la carrière de Karim Benzema continuera d’écrire ailleurs cette même phrase : chercher le meilleur.