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Barbara Butch et son avocate ont annoncé, jeudi 23 juillet, plusieurs plaintes à Paris et Grenoble. Elles visent La France insoumise, certains élus et représentants locaux, le média Omerta et Alain Soral. Une plainte contre X est aussi annoncée. La démarche suit l’interruption, cinq jours plus tôt, de son concert au Cabaret Frappé. Elle ouvre un second volet judiciaire, distinct de l’enquête déjà conduite à Grenoble.
Des plaintes annoncées, sans récépissé public
Dans un entretien direct accordé à franceinfo, Barbara Butch a dit vouloir « laisser la justice voir qui est responsable ». Son avocate, Audrey Msellati, a indiqué que les dépôts étaient prévus dans la journée. Dans une déclaration à l’AFP, elle a évoqué plusieurs qualifications possibles. Elle a cité la provocation publique à la haine et à la violence, ainsi que les violences aggravées. Elle a également mentionné l’entrave à la liberté de création artistique, le cyberharcèlement aggravé, la diffamation et l’injure publiques aggravées. Selon elle, tous ces chefs ne s’appliqueraient pas à chaque cible. D’après l’agence, la démarche visant Alain Soral porterait sur une injure publique aggravée liée à un commentaire publié sur X.
Aucun récépissé ni aucune confirmation des parquets de Paris ou de Grenoble n’était public au moment de rédiger. Il s’agit donc de plaintes annoncées, dont le détail par cible reste à confirmer.
Deux procédures judiciaires à distinguer
Depuis mardi 21 juillet, le parquet de Grenoble conduit une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés ». Elle a été confiée au service local de police judiciaire. Elle porte sur l’interruption du concert et ne se confond pas avec les nouvelles plaintes annoncées par l’artiste.
Le 18 juillet, la prestation avait été interrompue après une vingtaine de minutes, lors de l’arrivée d’une centaine de manifestants propalestiniens. La Ville de Grenoble a signalé des jets de bouteilles, d’autres projectiles et un sabotage électrique. La DJ affirme avoir été visée sur la scène et ses platines. Aucun élément public n’identifie encore tous les auteurs ni n’attribue juridiquement ces faits à LFI comme organisation.
Pourquoi le concert de Barbara Butch était-il boycotté ?
La section grenobloise de LFI avait soutenu un appel au boycott. Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation, en 2025, à un événement à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël. Ils visaient aussi son soutien à la proposition de loi Yadan. Ce texte contre de nouvelles formes d’antisémitisme, contesté au nom de la liberté d’expression, a été retiré en avril 2026.
Manuel Bompard a dit comprendre une protestation politique si elle reste pacifique et a condamné les insultes si elles avaient eu lieu. Mathilde Panot a qualifié le tract local de « mauvais ». Elle a condamné les insultes et les jets de projectiles. Elle a toutefois rejeté l’accusation d’antisémitisme visant son mouvement.
L’AFP indique avoir sollicité la direction nationale de LFI. Celle-ci n’avait pas commenté l’annonce des plaintes. L’agence rapporte aussi qu’Omerta a contesté sur X sa qualification de média d’extrême droite. Le média affirme n’avoir critiqué que la prestation de Barbara Butch lors des Jeux olympiques de 2024. Il dit attendre la procédure « sereinement ». Aucune réaction d’Alain Soral n’était disponible.

Des responsabilités encore à établir
Barbara Butch maintient son concert du samedi 25 juillet à Saint-Martin-du-Tertre, dans l’Yonne. L’organisateur y a annoncé un renforcement de la sécurité. D’ici là, plainte, enquête et mise en cause doivent rester nettement séparées : aucune de ces démarches ne vaut poursuite, encore moins culpabilité.