
Avec Dracula : A Love Tale, Luc Besson réveille le vampire le plus célèbre du cinéma. Une fresque romantique et décalée, oscillant entre grand spectacle et autoparodie. Ce film Dracula suscite des cris d’admiration et des hurlements d’effroi. En effet, c’est une sortie que personne n’ignore. Cependant, tout le monde ne l’apprécie pas.
Luc Besson : retour du prince des ténèbres
Luc Besson revient hanter les salles avec un projet à la fois ambitieux et risqué : adapter à sa manière le mythe de Dracula. Présenté en avant-première à l’UGC des Halles, ce Luc Besson film signe le grand retour du réalisateur du Grand Bleu, après une longue période d’éclipse médiatique. Derrière sa bonhomie affichée, le cinéaste cache mal l’ambiguïté de ses dernières années, marquées par les polémiques.
Le réalisateur propose ainsi sa propre distribution de Bram Stoker’s Dracula, version luxe et décalée. Avec un budget colossal de 45 millions d’euros, c’est le film français le plus cher de l’année 2025. De plus, il ambitionne de s’inscrire dans la lignée des grandes adaptations, entre Murnau et Coppola, sans oublier quelques clins d’œil au kitsch assumé.
Le mythe vampirisé par l’amour
Ici, Dracula n’est pas seulement un monstre : il est surtout un amoureux éploré. Tout commence avec Vlad Dracul, prince roumain du XVe siècle, incarné par l’étrange Caleb Landry Jones. Cependant, la perte tragique d’Elisabeta le pousse à défier Dieu et à attendre quatre siècles son retour. Ainsi, la malédiction devient une histoire d’amour intemporelle, aux limites de l’absurde romantique.

Une esthétique flamboyante au risque du ridicule
La mise en scène de Besson flirte ouvertement avec le surréalisme et le baroque. Le château du prince vampire accumule dorures, costumes extravagants et décors tortueux dignes d’une fête foraine gothique. De plus, la musique excentrique de Danny Elfman achève de plonger le spectateur dans une atmosphère oscillant entre grandeur et farce.
Une galerie de personnages hauts en couleur
Le casting international mêle audaces et surprises, parfois déroutantes :
- Caleb Landry Jones (Nitram, Dogman), dandy excentrique, joue Dracula comme un prince mélancolique parfois proche du burlesque.
- Christoph Waltz (Inglourious Basterds, Django Unchained), irrésistible en prêtre débordé par le surnaturel.
- Matilda De Angelis, solaire révélation italienne de The Undoing, apporte de la fraîcheur dans le rôle de Maria.
- Zoë Bleu, fille de Rosanna Arquette (Le Grand Bleu), double les visages de l’amour perdu, Elisabeta et Mina.
- Ewens Abid, jeune espoir du cinéma français, campe un Jonathan Harker étonnamment rationnel dans ce tumulte gothique.
- Haymon Maria Buttinger donne un cardinal hautain et délicieusement irritant.
- Ivan Franěk, habitué des rôles austères (Les Rois maudits), interprète avec rigueur un capitaine dépassé par les événements.
- Guillaume de Tonquédec, comédien populaire vu dans Fais pas ci, fais pas ça, apporte une touche comique en docteur Dumont, déboussolé mais curieusement attachant.

Entre fidélité et libertés : une audace assumée
Besson respecte globalement le texte original de Bram Stoker publié en 1897, mais ose des libertés scénaristiques surprenantes. Ainsi, Dracula voyage désormais à Paris, en Inde ou en Irak, au risque de déconcerter les puristes. La bande annonce Dracula avait déjà annoncé ce parti-pris d’errances géographiques improbables.
Le vampire miroir du cinéaste
Ce Dracula Luc Besson ressemble aussi à un autoportrait détourné du réalisateur. Après les échecs et controverses, Besson revient métamorphosé, mais toujours flamboyant et provocateur. “Ce Dracula, c’est ma version”, revendique-t-il, assumant pleinement les excès et maladresses de son adaptation.

Un film qui divise, mais marque l’année
La critique oscille entre fascination et agacement. Certains dénoncent clichés et lourdeurs, notamment dans le traitement caricatural de personnages féminins ou la démesure visuelle. Pourtant, difficile de nier que ce film Dracula Bram Stoker à la sauce Besson restera un événement majeur du cinéma français en 2025.

Une troupe à succès malgré les dents longues
Avec cette relecture du mythe de Dracula, Besson mise sur un casting éclectique aux carrières déjà établies. Chacun des acteurs porte avec conviction un personnage au bord de l’excès. Le résultat est une fresque où l’humour involontaire rivalise souvent avec les scènes d’émotion sincère, laissant un souvenir impérissable, pour le meilleur et pour le pire.